‹ Contribution à l'étude de l'angle de déclinaison de l'humérusChapitre 7 sur 11 · DENT: DE · texte numérisé non relu

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plémentaire se rapproche de 0° dans l'âge mür etla vieillesse, s'il se rapproche au contraire de la quantité maximum dans l'enfance, je trouve à côté de nombreuses exceptions.

La quatrième assertion de Broca est relative au sexe : ce savant admet que la torsion est plus prononcée chez la femme. J'ai trouvé, pour ma part, comme je l’ai dit plus haut, des angles à peu près égaux, en prenant la moyenne générale, 7013 pour l’homme, 755 pour la femme. Mais j'ai trouvé des résultats différents en prenant les moyennes par côté et par sexe. Si, en effet, l'humérus gauche est plus tordu chez la femme que chez l’homme, l’humérus droit, au contraire, est moins tordu chez la femme, 8°, que chez l'homme, 4015.

Dans le Lyon médical du ? octobre 1892, M. le professeur agrégé Jaboulay à publié un mémoire sur l’angle de déclinaison de l’humérus.

« En projetant l'extrémité supérieure d’un humérus sur son extrémité inférieure, on constate que la première passe en arrière de la seconde. Cet angle peut être appelé angle de déclinaison de l’humérus ; il est postérieur au lieu d’être antérieur, comme celui du fémur. »

Il suffit de considérer le tableau des mensurations pour constater que sur 41 os examinés, l’angle est postérieur dans 18 os, mais qu'il est antérieur dans 18, nombre égal au premier, et nul dans 5. Je trouve donc que, contrairement aux conclusions ci-dessus posées, l’angle est aussi souvent postérieur qu'antérieur.

Si on examine le tableau, relativement au sexe, on

trouve que l'angle est postérieur chez 10 femmes et chez 8 hommes. L’angle est nul chez 4 femmes et chez 1 homme. L’angle est antérieur chez 4 femmes et chez 14 hommes. À ce point de vue, on peut dire que l'angle est postérieur aussi souvent chez la femme que chez l'homme, mais qu’il est bien moins souvent antérieur chez la femme que chez l’homme, dans la proportion de 4 à 14, c'est-à-dire moins du tiers.

Aucune remarque précise ne peut être faite relative ; au côté. Je trouve, en effet, que sur 18 os présentant un angle postérieur, 10 sont gauches et 8 sont droits. Sur 18 os présentant un angle antérienr, 9 sont gauches et 9 sont droits.

« Les variations tenant à l’âge sont les suivantes : On peut constater que cet angle est d'autant plus grand que l’on à affaire à des humérus plus jeunes. Cet angle diminue donc avec l’âge. »

Ce point a déjà été examiné, et en discutant le tableau, et en examinant les conclusions de Broca. J'ai été amené à admettre que, si cette assertion peut être considérée comme exacte, dans une certaine mesure, on trouve de très nombreuses et très importantes exceptions, à côté d'exemples confirmant cette règle.

Je ne voudrais pas ici aborder une haute étude d'anthropologie et d'anatomie philosophique, mais je suis obligé de dire quelques mots d’une question qui s'est posée depuis le mémoire de Broca : la torsion de l’humérus existe-t-elle ?

Si on considère un humérus normal, provenant d’un sujet adulte, il faut une certaine bonne volonté pour trouver en lui un os tordu. On n'y trouve, en

effet, comme trace de torsion, que ce qu'on appejle la gouttière de torsion, où se trouve logés le nerf radial et l’artère huinérale profonde. Le bord externe, fort bien accusé dans les parties supérieure et inférieure de los, n'est effacé que dans la partie moyenne, pour faire place à cette gouttière de torsion. Le bord interne se continue sans interruption d’un bout à l’autre. Le bord antérieur est rectiligne en haut comme en bas. On ne peut donc pas dire que l'humérus soit un os tordu, comme le péroné, pour ne citer que cet exemple dans l'anatomie humaine, os tordu dans le sens propre du mot, suivant ses faces et suivant ses bords.

Si l’anatomie macroscopique tend à faire considérer l’'humérus comme un os non tordu, l'anatomie de structure démontre qu’il ne possède pas de fibres tordues. Si on met à contribution l’embryologie, on remarque que les deux membres inférieur et supérieur sont, chez l'embryon, des palettes parallèles au plan antéro-postérieur du corps. Par la suite, ces palettes s’allongent et s'adaptent aux fonctions qui leur sont dévolues. Mais, tandis que le pied tend à se porter en dehors, la main tend de son côté à se porter en dedans; la rotation s’effectue donc en sens inverse, et, si ces considérations, récentes, il est vrai, avaient été connues de Martins, ce savant n'aurait pas dit que l’humérus est un fémur tordu de 180°, mais aurait dit qu'humérus et fémur, dérivant tous deux des palettes primitives de l'embryon, subissent chacun une rotation de 90°, mais en sens opposé, ce qui amène bien une différence totale de 180°.

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On ne voit pas bien, du reste, comment l'humérus. aurait pu se tordre dans une aussi forte proportion sans entrainer avec lui dans sa torsion les nombreux organes annexes qui l'entourent. De tous les nerfs du bras, seul le nerf radial contourne l'os ; les nerfs médian et cubital et l’artère humérale n’ont pas suivi le prétendu mouvement de torsion de l’os. On est à peu près d'accord aujourd’hui pour admettre que la torsion du corps de l'os doit être rejetée. Mais on doit admettre, au contraire, que si cette torsion ne s’est pas passée dans le corps, elle s’est effectuée dans l’une des épiphyses. L’épiphyse inférieure est absolument fixe, et, puisqu'on admet que l'humérus s’est tordu en dedans de 90°, cette torsion aurait amené l'axe de l'articulation du coude dans un plan parallèle au plan antéro-postérieur du corps. C’est donc dans l’épiphyse supérieure que se passe cette torsion, et les auteurs admettent aujourd’hui que ce phénomène a lieu au niveau du col chirurgical.

Puisqu’en somme, il est aujourd’hui acquis à la science que l’humérus ne se tord pas, n’est pas un os tordu, pourquoi conserve-t-on cette expression d’angle de torsion? Cette dénomination avait été donnée à cet angle à une époque où la question était encore dans l'enfance, mais n'est-il pas rationnel de supprimer aujourd’hui cette expression qui consacre une erreur manifeste ? C’est ce que depuis longtemps déjà avait remarqué M. le professeur agrégé Jaboulay, qui propose maintenant d'appeler cet angle angle de déclinaison. L'expression est fort heureuse, en ce sens qu'elle ne dérive pas d'une idée théorique, et

.. —#— qu’elle établit une certaine homologie avec ce qu'on a appelé l'angle d'inclinaison. Donc, dorénavant, l’angle d’inclinaison de l'humérus sera l’angle que forment l'axe de la tête et l'axe du corps, et l'angle de déclinaison de l'humérus sera l’angle que forment la projection, sur un plan horizontal, de l’axe de l’extrémité supérieure, tel que je l’ai décrit, avec. la projection, sur un plan horizontal, de l’axe de l'extrémité inférieure, tel qu'il a été énoncé. J'emploierai : uniquement désormais l’expression d'angle de déclinaison.

Je vais maintenant passer à la description des pièces que j'ai pu recueillir. J'ai expliqué plus haut comment il se faisait que la pénurie en füt si grande.

Sur les six pièces que je vais présenter, les deux premières sont atteintes de lésions inflammatoires, les quatre dernières de lésions traumatiques.

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