‹ Contribution à l'étude de l'anorexie mentaleChapitre 12 sur 22 · PU · texte numérisé non relu

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marquer qu'il ne s'agissait pas vraiment d’anorexie mentale, mais surtout de syndromes endocriniens polyglandulaires avec probabilité d’un certain degré d’insuffisance hypophysaire, mais sans que celle-ci fut prédominante. Les troubles nerveux si habituels dans les syndromes endocriniens prenaient dans ces cas, comme il arrive souvent la forme d’anorexie mentale, mais celle-ci était légère et a disparu facilement à la suite

de la réalimentation.

STÉVENIN conclut alors que dans des cas semblables il paraît difficile de parler de maladie de SIm- MONDSs fruste, comme sont enclins à le faire beaucoup d'auteurs; et qu’il serait aussi juste de donner ce nom d’une manière générale à tous les cas d'insuffisance hypophysaire que démontre l’existence d’une réaction d’Aron dénommée, en particulier les cas, assez fréquents, où l'insuffisance hypophysaire accompagne

l’aménorrhée et probablement la détermine.

L'évolution de cette anorexie mentale abandonnée à elle-même ou mal soignée se fait comme dans la maladie de SIMMONDS vers la cachexie progressive et la mort; certaines infections intercurrentes dues à la diminution de la résistance, souvent la tuberculose,

pouvant hâter l’acheminement fatal.

Dans la malade de Simmonps, si la médication

hypophysaire donne des résultats heureux, parfois elle

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ne répond pas à l’espoir que l’on pouvait fonder sur elle.

Dans l’anorexie mentale on peut guérir sans médication hypophysaire; d'autre part dans les formes prises pour des cas frustes d’hypofonctionnement hypophysaire, et guéries par la médication hypophysaire. La plupart du temps est entré en jeu la cure : l’isolement et la réalimentation progressive, médications

extrêmement importantes de l’anorexie mentale.

Insistons sur le fait que l’opothérapie hypophysaire seule n’a pas d’action sur l’anorexie; si l’opothérapie hypophysaire suffit à guérir la cachexie hypophysaire, elle ne connaît que des échecs dans les cas de maigreurs par anorexie mentale. Ceci est un argument de plus pour ne pas accepter d’emblée sous le titre « maigreur hypophysaire » la maigreur de l’anorexie

mentale.

Le traitement de l’anorexie mentale ainsi envisa-

gée devra comporter différents éléments.

Les 3 facteurs fondamentaux seront :

— l'isolement;

— ]a réalimentation;

— la psychothérapie.

L’isolement est la première chose à savoir exiger de la famille. C’est une méthode classique depuis 1887

où CHARCOT dans une de ses leçons rapporte le cas

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d’une jeune fille agonisante que l’on parvint à réalimenter, après de multiples essais, le jour seulement où il fut possible de l’isoler. Il faut donc ordonner l'éloignement du milieu familial. Le traitement sera contrôlée rigoureusement et constamment par le médecin:

La réalimentation doit être aussitôt tentée. Elle sera progressive et surveillée. On donnera d’abord du lait par cuillères à café toutes les cinq ou dix minu-

tes.

Puis on augmentera rapidement les rations pour atteindre 4 à 5 litres en une dizaine de jours. A ce

moment on reprendra alors une alimentation normale.

La psychothérapie est le point le plus délicat du traitement. Il faudra se montrer ferme, éviter de se laisser duper et d’entrer en conflit avec l’anorexique. Comme dit CHARCOT la malade doit sentir que le méde-

cin est devenu « le maître ».

Cette psychothérapie revêtra des formes diverses

suivant les cas.

Dialectique vis-à-vis des malades conscients ou irresponsables elle leur montrera l'utilité des remèdes. Selon R. Dugois on doit « ajouter à la persuasion et à la parole entraînante une douce contrainte morale ». Il s'agira de représenter l’état contraire comme agréa-

ble, possible et prochain. Il faudra faire appel aux

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