‹ Contribution à l'étude de l'anorexie mentaleChapitre 13 sur 22 · PI ROUES · texte numérisé non relu

PI ROUES

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arguments d'expérience et de raison, communiquer son optimisme comme une certitude tout en parta-

geant la disgrâce actuelle avec émotion.

Quand l’anorexie est plus ou moins volontaire, qu'elle s’accompagne de mythomanie, il faudra refuser de croire à la feinte, il faudra éluder le piège et en supprimer les moyens, ce qui sera d’ailleurs facilité par l'isolement préalable. Dès la capitulation du myfhomane il faudra feindre soi-même d'attribuer la guérison à un moyen quelconque employé pour les besoins de la cause, et voiler le succès thérapeutique sous une confiance aussi utile au malade qu’au médecin. A la faveur de cette méthode, ultérieurement, l’aveu de mensonge devra être obtenu sous peine de récidive.

Dans le cas extrême de désordre mental, la psychothérapie s’imposera sans discussion ou subconscient. On peut réfuter directement les idées de persécution, d’indignité ou de suicide.

La contrainte physique, avec alimentation à la sonde est une ultima radio à laquelle on ne recourra qu’en cas d'urgence absolue (BENON) 2 fois par 24 heures chez les nourrissons sevrés. Chez l’adulte on peut y suppléer par des lavements au sérum glucosé. Si l’on recourt au gavage per os, il y a lieu d'introduire

parfois la sonde jusqu’au duodénum.

En plus de l'isolement et de la réalimentation, le

trait psychique sera complété par :

— l’apothérapie qui devra être associée, étant donné la constance de l’aménorrhée dans les symptômes de l’anorexie mentale.

— les apéritifs avant les repas consisteront suivant les cas, en médications amères, teintude de Colomb, de noix vomique, infusion de petite centaurée, etc... ou acide chlorhydrique officinal 3 ou 5 gouttes diluées dans un julep ou opothérapique (suc gastrique, dyspeptine).

— les alcalins (MATHIEU) et les eupeptiques peuvent être préconisés après les repas : citrate de soude en cas de régime lacté (CARNOT) à la dose d’une demicuillerée à café par tasse; pepsine en paillettes 0 gr. 50

en cachets; pancréatokinase.

— s'il y a lieu d’amender des spasmes ou de calmer un éréthisme nerveux généralisé on recourra à la belladone (1 centigramme d’extrait ou de poudre pour une dose, 1 à 2 fois par 24 heures), ou à l’opium (laudanum de Syndenham 4 à 5 gouttes par dose, ou extrait thébaïque associé à la glycérine (RoniET) ou morphine (DuBois DE SAUJON) ou codéïne (G. Dumas). La pilocarpine a rendu des services chez les sympa-

thicotoniques (Dumas).

L'hydrothérapie consistera en bains chauds et

dende <,4 RER

courts chez les anxieux (HouBiNovircH) en douches courtes fraîches (SOLLIER) ou tièdes (BALLET) suivant que les sutures sont atones ou surexcités. L’hydrologie varie suivant les états : cures arsenicales (LA BourRBOULE), salines (Salis de Béarn, Brides les Bains)

ferrugineuses, radio-actives (Néris).

Ainsi conçu le traitement donne généralement de bons résultats. Le poids augmente rapidement, parallèlement à l’importance des aliments ingérés. Les modifications de l’état mental, le désir de guérir, le retour - des règles, sont d’excellents éléments de pronostic. Le traitement doit être appliqué assez longtemps : au bout de 2 à 3 mois on peut considérer la malade comme guérie. Si bien que le pronostic immédiat de l’anorexie mentale est bon si une thérapeutique avisée est précocement mise en œuvre. Cependant si l’intervention médicale est trop tardive, l’évolution peut-être mortelle dans 13 (% des cas, dit-on. On admet en général qu’une diminution de poids de 50 % impli-

que un pronostic fatal.

Quel sera l’avenir de tels malades ?

La guérison définitive est fréquente. C'était l’opinion de LASÈGUE qui tenait les rechutes pour exceptionnelles. DEJERINE au contraire, soutenait la fréquence de la réapparition du syndrome. SEGLAS pen-

sait qu’il était prudent de formuler de grosses réserves

= got

pour l’avenir « après l’anorexie, disait-il, reste l’état mental qui en a été l’origine » et on est en droit de se demander si dans certains cas cet état mental ne serait pas susceptible d’évoluer pour se caractériser sous des formes vésaniques quelconques dont l’anorexie n’aurait été qu’un prodrome. Et parmi ces formes qu'y

aurait-il d'étonnant à rencontrer la démence précoce ;

L'évolution vers la démense précoce a été en effet rapportée dans quelques observations dont une de Robert DuBois présentée en 1913 à la Médico-Psychologique.

L'apparition ultérieure d’un délire chronique ou d’une cyclothymie caractérisée, également possible, indique combien il est nécessaire d’étudier soigneusement non seulement les manifestations cliniques de l’anorexie mentale mais aussi le terrain qui a permis

son éclosion.

Nous joignons à cet exposé quelques observations que nous empruntons à STÉVENIN et R. Gaug. Les deux premières montrent les symptômes que l’on constate dans une maladie qui révèle un hypofonctionnement de l’hypophyse, mais qui n’est pas l’anorexie

mentale.

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