‹ Contribution à l'étude de L'Anorexie Nerveuse du NourrissonChapitre 15 sur 20 · CROZET-GRIFFITH · texte numérisé non relu

CROZET-GRIFFITH

LT = Garçon bien portant jusqu'à 9 mois.

Iéo colite pendant un mois.

Il prend le sein et du pain ; refuse l'alimentation à la cuiller.

On le sèvre de force à 20 mois. Il refuse tout. Après 4 semaines, on le gave 3 fois par jour avec du lait peptonisé: il prend lui-même du pain. Cela dure 6 mois ; on gave avec du Jait peptonisé, œuf cru, jus de bœuf. L'anorexie disparaït à 24 mois.

Dans les Archives de 1912, p. 938 :

Docteur Corner (d'après les Annales de l'Institut de Puéri-

culture de Bruxelles, juillet et septembre 1912).

IV. — FKillette née en août 1911, à 7 mois, pesant 1.460 ; parents nerveux; Consanguinité.

Le 1* cetobre, changement de nourrice ; l'enfant manifeste peu d'appétit, elle est distraite.

Le 17 février 1912, poids, 4550 ; on présente un biberon, il est refusé.

Le 13 avril on essaie le sevrage : on est obligé de rendre le sein.

Le 21 avril, on tente à nouveau le sevrage : refus du lail et des bouillies.

Le 22 mai, on essaie encore, sans succès ; l'enfant tetle lentement, insuffisamment.

Si l'état s'aggrave, il faudra recourir à la sonde.

NV. — HALLÉ rapporte à la Société Médicale, le 26 janvier 1912, l'observation d'un enfant d’un an à peine, élevé au sein, qu'on essaya de sevrer. Il refusa tout, et l'isolement n'y fit rien.

On le gava pendant un mois, et ensuite l'infirmière arriva peu à peu à l’alimenter.

A ces observations nous ajoulerions un grand nombre «le cas analogues. Il s'agit, presque toujours, d'enfants au moment du sevrage el nourris exclusivement au ‘ein jusque là.

Les observations ci-dessus manquent de détails au jour le jour, sur la façon dont on à essayé de faire le sevrage. On ne dit pas que l'enfant soit resté à jeun entre la dernière tétée au sein et le premier gavage. Il a refusé tout : laït, bouillie, elc., mais probablement après y avoir goûté et constaté que ces aliments étaient moins agréables à son palais et plus encombrants pour son estomac que ce lait de sein dont il pouvait abuser sans en être incommodé. |

Le nourrisson se montre bien moins susceptible quani

il n’a pas été nourri exclusivement au sein Jusqu'à un an et plus, parce que Son estomac à déjà commencé à s'adapter à un autre lait ou à la bouillie, ou au bouillon de légumes.

Aussi, chez ces derniers, si l'appétit n'est pas féroce à f: suite du sevrage, on voit quand même les choses s'arranger avec de la patience, du savoir-faire, l'aide du polichinelle qu'on fait danser à chaque cuillerée de bouillie, el ce qui est mieux encore, avec le changement d'air.

Uhez les autres, d'après les observations précédentes, 1 à fallu recourir au gavaze.

Forchheimer à gavé avec du lait et de l’equ de gruau; Crozel-Griffith avec du lait peptonisé, des œufs, du jus de bœuf. |

Dans l'observation du Docteur Cordier, linappétence commence au bout de quelques semaines, à l’oceasion d'u changement de nourrice. À ce moment, l'enfant ne parait pas capable de faire de l’anorexie mentale ; ce sont se: réflexes qui parlent. Le lait de la deuxième nourrice pouvait convenir moins bien que celui de la première ; ceei n'a rien qui doive nous étonner,

L'expérience a montré Souvent qu'un nourrisson stationnaire avec telle et telle nourrice se met à prospérer avec une autre, et cela en tenant compte, bien entendu, de nourrices donnant toute satisfaction quant à la quantité et à la composition chimique de leur lait.

Le fait est encore plus curieux lorsqu'il s'agit d'un enfant nourri par sa mère et qui ne commence à augmenter normalement que lorsqu'on à supprimé le sein maternel pour ie remplacer par celui d'une nourrice mercenaire,

La chimie physiologique de l'estomac du nourisson ecomporte des éléments qui échappent complètement à l'analyse.

Pourquoi l'enfant va-t-il mieux avec le lail d'une nour-

mi dense

rice qu'avec celui de sa mère, qui doit, semble-t-il, être exactement approprié à son âge et à ses besoins ?

On pourrait répondre. que la nourrice mercenaire, le plus souvent, se laisse vivre sans souci, oCCupée uniquement &2 ses fonctions, et que son lait peut avoir une compositinii toujours égale, tandis que la mère peut avoir des préocciipations, de la fatigue intellectuelle, du surmenage moral qui font varier la composilion du lait et même le renden! toxique.

.Mais comment expliquer qu'entre plusieurs nourrice: dans des conditions identiques, l’une donne un résultat beaucoup plus satisfaisant ?

Beaucoup d'enfants digérant mal le lait de vache ordi haire vont très bien dès qu'on les met au lait Lepelletier; ils ne vomissent plus, digerent bien, ont de belles selles.

Ayant mis au lait Lepelletier un nouveau-né de quinze jours dont la mère avait à peine de lait, on me dit qu'après chaque télée de l'après-midi l'enfant pleurait pendant uns heure et demie environ. J’eus l’occasion de le constater moimême, et avant aussitôt démailloté l'enfant, je vis l’estomas ballonné, très soncre à la percussion. Le citrate de soude, l'eau de Vichy avant la tétée ne firent rien. Les parents, {rouvant ce lait coùûleux, le remplacèrent par du lait bouilli, pris chez la crémière, et l’enfant cessa de souffrir (enfant H. B., né en avril 1920).

Quelques mois après, je conseillai aüssi le lait Lepelletier pour une enfant qui venait de naître, pesant 2.800 enviren.

Au bout de 3 à 4 semaines, on me signala le même phéroméne que précédemment : à partir de 3 heures de l'aprèsmidi, chaque télée élait suivie d’une séance de cris d'au moins une heure, très inquiétante pour l'entourage, parce que le bébé paraissait vraiment souffrir. Là encore l'estomac, au moment de la crise, élait dilaté par des gaz. On

remplaça le lait Lepellelier par du lait ordinaire bouilli, ei aussitôt les digestions se firent sans cris ni souffrances (enfant S. N., née en décembre 1920).

Dans ces deux cas, le lait Lepelletier occasionnait des troubles digestifs, alors que d'habitude en l'emploie pour les faire cesser.

Chez une autre enfant, H. L., née en janvier 1921, les résultats étaient tout à fait défectueux avec le sein maternel ; l'enfant tétait trop ou trop peu, et dans l’un ou J’autre cas les selles étaient diarrhéïques ou mal digérées, et le poids restait stationnaire ou ,diminuait. Le lait bouilli ne fit pas mieux. En dernier ressort et poussés par quelque amie, les parents voulurent essayer le lait condensé sucré. L'enfant va bien et progresse normalement depuis.

Une autre enfant, C M. allaitée par sa mère, subit à l'äge de 4 mois et demi une coqueluche grave qui retarda beaucoup son évolution, À 14 mois, elle ne pesait guère plus de 7 kilos.

Eile présenta à plusieurs reprises des troubles digestifs, la mère ayant dû la sevrer à un an, lui donnait du lait bouilli, de la farine lactée, des bouillies au bouillon de légumes, elec. Tout en faisant le traitement qu'on lui conseillait, la mère remplaça le Jait ordinaire par du lait condensé sucré, et depuis l'enfant n'a plus eu de troubles digestits et elle n’a pas cessé de reprendre du poids.

Je me souviens aussi d'un nourrisson de 7 à 8 MOIS,

hospitalisé à Bretonneau parce qu'il avait des troubles

digestifs et ne voulait plus rien prendre. On finit par lui

faire un biberon avec du lait sec, il s'en trouva fort bien el

reprit en quelques jours son appétit et son poids. L'estomac de l'enfant parait donc très capricieux, presque

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dès la naissance. Gomme il n'a pas le libre choix du lait

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