‹ Contribution à l'étude de l'aphasie hystériqueChapitre 22 sur 26 · Î A0 EE · texte numérisé non relu

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rente, elle ne parle plus, on ne peut par aucun moyen lui arracher une parole, elle ne cherche pas davantage à se l'aire comprendre par signes : elle ne s'inquiète d'exprimer aucune idée, ni aucun désir.

13 février. — Ce matin, elle s'est fâchée sans raison et a retrouvé à celte occasion l'usage de la parole. Elle se plaint de la tête, et dit que, quand elle s'agite et s'inquiète, elle sent une boule lui monter à la gorge et l'étouffer ; la pression ovarienne provoque aussi cette même sensalion ; mais il n'y a aujourd'hui aucun autre trouble de la sensibilité.

10 mars. — L'état général est excellent au point de vue physique ; mais la malade présente de la débilité mentale ; elle parle peu, son regard est égaré ; elle n'a aucune mémoire ni aucune volonté ; elle reste des journées entières sur son fauteuil sans manifester aucun désir.

26 avril. — Depuis quelques jours la malade ne dit plus une parole. Elle comprend cependant fort bien ce qu'on lui dit, mais son visage demeure peu expressif, aucun trouble physique.

28 avril. — La malade parle un peu, mais rarement et seulement lorsque l'on insiste beaucoup ; son intelligence semble maintenant à peu près normale.

18 mai. — Cet état demeurant stationnaire, la malade voit M. le professeur Grasset qui conclut : « Hystérie postéberthienne avec psychisme absorbé et sans spontanéité, persistance du psychisme automatique réduit ; parle sur stimulation pressante, actuelle et pas trop prolongée ; amnésie, aprosexie », et conseille l'isolement.

5 juin. — Depuis hier la malade parle et se conduit tout à fait normalement. Elle se rappelle à peu près toutes les différentes phases de sa maladie ; il y a cependant quelques lacunes dans sa mémoire ; elle se souvient mal des crises d'agitation qu'elle à eues en février. Elle dit que, si elle ne parlait pas dans ces derniers temps, c'est simplement parce qu'elle n'en avait aucune envie, «rien ne lui disait de parler. »

Octobre 1907. — Aucune manifestalion anormale.

M. le docteur Bousquet, qui a eu lamabilité de nous communiquer cette intéressante observation, à bien voulu l'accompagner des quelques lignes suivantes :

« En résumé, cette malade me paraît avoir présenté, au

cours d'une fièvre typhoïde, des manifestations hystéri-

ques qui eurent pour point de départ et vinrent aggraver

des accidents congestifs encéphaliques (maux de tête,.

rougeur des conjonctives...). La névrose semble bien être

apparue pour la première fois pendant la typhoïde, car, au dire de l'entourage, la jeune fille n'avait jusque-là

jamais montré de symptômes de névrose. À cette hystérie intra-infectieuse succède le mutisme, qui semble avoir disparu, grâce à l'impression que produisirent sur l'esprit de la jeune fille les sérieux préparatifs que l'on fit pour l'éloigner dans une maison de santé. »

Dans l'observation citée au chapitre IT, avec quelques abréviations cependant, le malade D... de MM. Raviart et

Dubar a présenté du mutisme parmi toute la série de.

troubles de la parole.

Nous disons en effet :

5 avril. — D... est muet, il est incapable de pousser le moindre

cri, d'émettre le moindre son, de chuchoter.

8 avril. — Il est toujours muet, cependant la nuit dernière ila parlé à trois reprises, tandis qu'il rêvait.

12 avril. — Parle un peu plus haut, mais incapable de crier.

13 avril. — Ne sait pas encore crier : montrant le creux sus-sternal ; On dirait qu'il y a un bouchon là, dit:il.

Ajoutons à cela que si nous introduisons dans le cadre de l’aphasie hystérique le mutisme hystérique, cette aphasie changerait d'aspect; dans. laphasie organique, l’aphasie motrice pure était relativement rare ; il n’en

serait pas de même dans l’aphasie hystérique et les cas :

d'aphasie motrice pure seraient iei de beaucoup plus nombreux que les cas d’aphasie avec agraphie, cécité

et surdité verbale ; la similitude des deux aphasies orga-

niques et hystériques ne seraient plus aussi parfaite.

it time tete cut ich ei its.

D'ailleurs, M. Saupiquet a bien compris qu'il existait entre l’aphasie et le mutisme hvstérique une différence clinique, puisque, après avoir confondu dans une même dénomination l'aphasie et le mutisme, il sent la nécessité d'admettre des mutismes dépressifs; etil cite à l'appui de sa thèse un cas très intéressant, typique, de mutisme hystérique.

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