‹ Contribution à l'étude de l'aphasie hystériqueChapitre 4 sur 26 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

La réaction modérée que toute émotion produit chez un sujet normal dégénère chez l'hystérique en «appareil intense », en crises plus où moins prolongées.

Parmiles manifestations de la grande névrose, l'aphasie peut être considérée comme unedes plus rares :el Si Nous ajoutons qu'elle est fugitive, lransitoire, qu'elle ne peut durer que quelques heures, nous comprendrons la raison pour laquelle son étude clinique estde date plutôt récente.

Cependant, même dans l'antiquité. Faphasie n'élait pas inconnue ; nous lisons dans Fippocrate (l

« La femme de Polémarque avant une affection

arthritique épreuva une douleur subite de la hanche, les

(1) Livre V des Epidémies, 91.

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règles n'étant pas venues. Ayant bu de l'eau de bettes elle fut sans voix loute la nuit jusqu'au milieu du jour : elle entendait, comprenait, indiquait avec la main que la douleur était à la hanche.» Hippocrate dit encore (1) : « Dans les spasmes, la perte de la parole durant longtemps est fâchéuse, elle annonce une paralysie de la langue, du bras, aux parties situées à droite, elle se résout par des urines abondantes et tout à la fois. » Ne serait-ce pas une indicalion de l'aphasie hvstérique ?

Hérodote cite dans son Histoire le cas du fils du roi Crésus qui, tout en étant d'un natureltrès vif et doué d’une bonne intelligence,était atteint d'aphasie, Il vit un ennemi se jeter sur son père pour le Luer, et aussitôt: «ne tue pas mon père »; l'enfant avait subitement recouvré la parole. Cartaz, élève de Charcot, dit que le fils du roi, d'après FTérodote, paraissait atteint d'aphasie hystérique.

Primerose, médecin qui vivait en 1630, dit en parlant des hystériques : « Quædam non vident, eliam apertis oculis, alé non audient, alie loqui non possunt : sie varia suntaccidentia, quibasdam plura, quibusdam pauciora. »

En 1771, Telinge D. M., médecin stipendié de la ville et de PHôtel-Dieu de RethelMazarin, rapporte une observaion d'aphasie très convaincante, dans le Journal de Médecine, de Chirurgie et de Pharmacie de Vandermunde, tome XXXVI, page 151.

En 1846, Landouzy, dans son traité classique de l’hystérie, ile une observalion rapportée par le D' Watson dans: Philosoph. Transact.,volume XIV. Transact. méd., tome VIT, page 51.

La question de laphasie est seulement effleurée dans les livres de Brachet, de Briquet.

(1) Prénolions coaques, ?° section, S 18.

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