‹ Contribution à l'étude de l'aphasie hystériqueChapitre 5 sur 26 · FA · texte numérisé non relu

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En 1871, dans la Gazette des hôpitaux, Bazin rapporte une observation concluante d’aphasie.

Trousseau, dans le cours de la discussion à l'Académie el dans ses cliniques, mentionne bien parmi les causes de l’aphasie, l'épilepsie, l'hystérie, certaines affections nerveuses el cite à ce propos le cas de la religieuse de Frank, mais ne ditrien de plus. M. Gallard affirme qu'on peut voir la perte de la parole survenir accidentellement sous l'influence d'un trouble nerveux... sans parler de ces aphasies tout à fail passagères dues à de simples conditions morales. On en à observé de plus persistantes dont la nature hystérique ne saurait être mise en doute.

Jacecoud en 1877, dans ses consultations cliniques de Lariboisière, rappelle Le fait suivant relaté par Panthel : « A la suite d’une impression morale vive, un garçon de 12 ans perd subitement la parole. Cependant les mouvements de la langue et des lèvres étaient réguliers, la déglution et la respiration étaient normales ; mais, chaque fois que ce garçon s’apprêtait à parier,tous les muscles innervés par l’hypoglosse étaient pris de contracture et le mutisme était absolu: d’un autre côté, lorsqu'on exerçait une pression un peu forte sur la région sus-larvngienne,c'est-àdire sur les muscles contracturés, la crampe cessait et le malade pouvait parler. Jaccoud ajoute que Vallin observa chez un enfant un désordre semblable de la parole. « [lex a lieu, ajoute le savant professeur de Lariboisière, d'opposer à laphasie de cause naturelle où organique, Laggisie par trouble fonctionnel... Celle forme a été viré Jusqu'ici à la suite d'émolions morales vives, notamment de la frayeur, dans l'hystérie et les névroses convulsives. »

En 1875, Legroux l’admet aussi dans sa thèse d'agré-

galion ; il signale au chapitre I des aphasies Lransiloires

qui peuvent ne durer que quelques heures ou quelques jours et ne laisser aucune trace : «les malades recouvrent alors la faculté du langage aussi soudainement qu'ils l'avaient perdue » ; Legroux complète et précise sa pensée au chapitre IV (Névroses el troubles fonctionnels) (P) : «une émolion vive, une fraveur, l’hystérie peuvent engendrer l'aphasie à des degrés divers»; et il ajoute : «ilne faudrait pas confondre cependant laphaste avec lemutisme plus où moins obstiné de certains hystériques ou avec ces désordres de la pensée et de la parole qui révèlent bien plus un trouble intellectuel qu'une perversion de l'adaptation des signes aux idées, »

Falret, dans le Dictionnaire encyclopédique de décembre 1876, à l'article aphasie, parle de l'aphasie temporaire el rappelle de nombreux cas déjà cités. |

C'està SL-IL. Serre, professeur agrégé de Montpellier, qu'est dà le premier travail d'ensemble sur Faphasie hvs- Lérique ; il parut dans la (razelle hebdomadaire des sciences médicales de Montpellier, en ISS0 ; plusieurs observations très concluantes sont rapportées, l'historique de la question est fait avec soin.

La même année, Heidenheim et Grützner publiatent en Allemagne un mémoire sur la question ; en [S83, parut celui de Lüwenfeld. En ISS2, David dans sa thèse maugurale réunit tous les cas d'observations connus, au nombre de onze, el fait une étude clinique de laphasie avec diagnostic différentiel.

En FS8Ss et ISS6, Charcot dans ses lecons sur les maladies du système nerveux, el ses élèves, Cartaz en partieuher, relèvent toute une série d'observations et admettent seule lexistenee du mulisme hystérique.

(1) Legroux. — Thèse fl'agrégalion, 1879.

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