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INTRODUCTION ET HISTORIQUE

L'aponévrite plantaire est, comme son nom l'indique, l'inffammation de l'aponévrose de la plante des pieds. Le nom et la chose sont également nouveaux dans la httérature médicale. Un certain nombre d'auteurs s'en sont bien occupé implicitement en étudiant la rétraction de l'aponévrose plantaire, dont elle n'est assez souvent que la première élape, le premier stade, mais aucun ny a consacré encore une étude d'ensemble.

Quels sont donc les traits essentiels de l’aponévrite plantaire ?

Anatomiquement, elle est caractérisée par un épaississement, une Induration de l'aponévrose plantaire, dans la région du bord interne du pied, où se forment parfois un où plusieurs nodules aponévrotiques très nets: ces nodules exercent pendant la marche une pression douloureuse sur les tissus environnants, et ce sont ces douleurs qui constituent à peu près toute la symptomatologie de l'affection. Assez souvent, les choses en restent là, l'induration de l'aponévrose augmente progressivement, des cordelettes aponévrotiques se tendent, se rétractent et se dirigent de la tête des métatarsiens vers le calca-

LENS néum, exagérant la concavité plantaire; les phalanges se fléchissent à leur tour et gênent mécaniquement la marche, déjà rendue difficile par la souffrance; le pied se dévie souvent en varus; la rétraction de l’aponévrose plantaire est constituée.

Par ce rapide aperçu, nous voyons que l’aponévrite pure doit être distinguée de la rétraction plantaire qui la complique parfois, et cette distinction sera facile à établir par l'étude de nombreuses observations où l'aponévrite nodulaire s'est montrée seule et sans avoir abouti à la rétraction. Malgré, tout, l'histoire de ces deux lésions se confond et ceci nous amène, pour l'historique de l’aponévrite, encore mal imdividualisée, à rappeler les travaux des auteurs qui se sont occupés de la rétraction de l’aponévrose plantaire.

C'est Gerdy le premier qui signala, en 1844, dans une communication à l'Académie de médecine, la rétraction de l’aponévrose plantaire. « Nous avons vu, dit-1l, les orteils fléchis sous le pied par une rétraction qui portait certainement sur de tissu cellulaire sous-cutané, sur les handelettes digitales de l’aponévrose plantaire et peultêtre même sur les tendons des muscles fléchisseurs. » Le redressement des orteils fut obtenu en six semaines au moyen d'un petit appareil d'extension (palette, coussin, bandage), mais, après la sortie du malade, le mal reparaissat faute de soins suffisamment prolongés.

En 1867, Jaccoud note, comme complications d'un rhumatisme chronique, la rétraction des aponévroses palmaire et plantaire.

En 1879, M. Delorme, dans un article du Diclionnaire Jaccoud, signale la rétraction de l'aponévrose plantaire.

tt — C'est, pour lui, l'homologue exact de la maladie de Dupuytren.

En 1884, un article de Noble Smith, dans The Lancet, rapproche également ces deux variétés de rétractions.

En 1886, Madeling d'une part, Sonza-Leite d'autre part, arrivent aux mêmes conclusions.

Jusqu'ici, comme on le voit, l'étude des différents observateurs s'est portée surtout sur l'élément rélraclion, en faisant ressortir ses caractères d’analogie avec ce qu'on observe dans la région palmaire.

En 1895, avec le mémoire de Franke, s'ouvre une nouvelle période, plus intéressante pour nous, puisque désormais les différents observateurs ne se borneront pas à décrire la rétraction plantaire, l'attitude du pied et des orteils, mais ils nous montreront les phénomènes subjectifs qui, cliniquement, ont précédé l'établissement de cette déformation: ils nous montreront, par l'étude anatomopathologique, les processus d'inflammation qui sont à sa base, en un mot ils décriront l'aponévrite.

Dans son intéressant mémoire, en effet, Franke rapporte 5 à 6 observations d'inflammation subaiguë (douleur, gonflement, fièvre) des aponévroses plantaires. Franke les rapporte à la grippe, qui les a précédées. Il a vu qu'il se formait des noyaux douloureux dans l'épaisseur du plan aponévrotique. Après quelque durée ou quelques récidives, ces nodules se résorbèrent généralement. L'un d'eux, pourtant, ayant persisté, fut enlevé au histouri; 11 était composé de tissu fibreux.

En 1897, paraît l'important travail de Ledderhose, de Strasbourg. Ledderhose dit avoir observé dans une cinquantaine de cas l'inflammation du fascia plantaire: la

ue fascuüle, comme il dit. Ce sont là des documents extrêmement intéressants et originaux. Le premier il décrit les diverses lésions observées: 1l passe en revue les causes qui les produisent et il essaye d'en établir la pathogénie.

En 1898, Hoffa publie un cas remarquable de rétracuon bilatérale très douloureuse datant de cinq ans et ayant nécessité l'extirpation. A l'intérieur du fragment excisé, on trouva histologiquement des néoformations cartilagineuses et en un point un véritable petit os inclus dans le tissu aponévrotique.

Plus près de nous, citons les observations de De Bovis, de Féré, et la thèse de Bérard qui résume l’ensemble de nos connaissances actuelles sur le sujet, les articles de Auvray et de Mauclaire (in Le Dentu et Delbet).

Enfin, dans l’important mémoire paru en mars 1907 dans la Revue d'orthopédie et dans la thèse de Solle qu'il a inspirée, À. Chalier reprend si complètement la ques- Hüon, qu'on peut dire qu'il la fait sienne. Plusieurs observalions personnelles lui permettent de préciser les conditions d'apparition de l'affection, de décrire et de séparer les divers stades de son évolution et d'établir le traitement qui convient aux différents cas. Tout récemment, dans un nouveau travail, actuellement sous presse, 1} étudie, à l'occasion de six cas personnels, dont certains ont été suivis pendant plusieurs années, les aponévrites planftaires au cours des fractures de jambe. C'est après avoir mis largement à contribution cette étude que nous offrons à la bienveillance de nos juges le présent travail.

LA

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