‹ Contribution à l'Étude de l'Apoplexie Utéro-PlacentaireChapitre 13 sur 45 · PAL >. NET · texte numérisé non relu

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Enfin, si sur un utérus qui présente ces modifications si particulières de forme et de consistance, vous constatez subitement une augmentation de volume, le doute n’est plus permis, le diagnostic s'impose. »

Il convient de reprendre point par point, cette description de l'hémorragie rétro-placentaire pour voir si les lésions de l'apoplexie ne lui impriment pas un aspect parbiculier.

La douleur est de type variable.

La douleur, vive, brutale, constituant souvent le premier symptôme, a été notée spécialement dans 22 de nos observations. Il est certain qu’elle est inconstante, contrairement à ce que pense Willson, car dans certains cas très complètement décrits, 1l n’en est pas question.

Parfois, elle est susceptible d’exacerbations momentanées, pouvant traduire une recrudescence de l'hémorragie.

L'état douloureux permanent de l’utérus paraît au contraire habituel. Il peut être tel que l'utérus véritablement hyperesthésié se laisse difficilement palper.

: Cette douleur continue est liée pour Engstrôm à la surdistension utérine, car dans un cas il la vit s'atiénuer : après la rupture des membranes.

Il est juste d'ajouter qu'il ne semble y avoir aucun parallé-

lisme entre le type ou l'intensité de la douleur et les lésions d’apoplexie utéro-placentaire.

L’hémorragie peut rester absolument occulte, et ne se révéler qu'après l’accouchement, lorsque l'hématome rétro-placentaire s'évacue. En général, il s'agit d’une hémorragie mixte se traduisant à l'extérieur par un écoulement de sang, à la vérité

peu important en général, mais qui dans quelques cas (Couvelaire, observation 11) peut être très abondant.

Sur 68 cas où le type de l'hémorragie fut relaté, on noie :

47 hémorragies mixtes, soit 69 % ;

21 hémorragies occultes, soit 31 %.

Ces hémorragies tiennent évidemment sous leur dépendance les signes habituels d’anémie; vertiges, bourdonnements d'oreille, refroidissement des extrémités et des muqueuses.

La majorité des auteurs font observer qu'il n’y a aucune relation entre l'état général de la femme et l'importance des hémorragies. Il y à des femmes qui perdent peu, qui ont une hémorragie interne minime et qui présentent cependant un état de shock d’une gravité excessive avec pouls filani incomptable et à peine perceptible. Il en est d’autres, au contraire, chez lesquelles l’hémorragie est abondante et qui conservent. un état général relativement respecté, leur pouls, en particulier, est ample et bien frappé. Ceci démontre, qu'au syndrome hémorragique se superpose un état de shock qui peut être prédominant, et qui rappelle cliniquement ce qu'on voyait au cours de la guerre chez certains blessés présentant d'énormes délabrements. Peut-être ce shock, peut-il être considéré, comme chez ces blessés, comme étant d'origine toxique.

L'état de l’utérus est habituellement caractéristique.

Son volume est souvent plus grand que ne le comporte l’âge de la gestation. On assiste parfois à son augmentation progressive, ceci est capital et traduit une recrudescence de l’hémor-

ragie intra-utérine ; cette constatation fut particulièrement nette dans l'observation de M. Couvelaire.

HAE du

La « consistance ligneuse », comme l’a montré M. le Professeur Pinard, est d'une grande signification diagnostique. Elle est perceptible, non seulement au niveau du corps utérin, mais encore au niveau du segment inférieur qui, au toucher, semble s’enfoncer comme une « sébille de bois » dans l’excavation. Elle entraîne de ce fait, une perte de souplesse du col qui, comme nous le verrons plus loin, s'ajoute aux lésions destructives du muscle pour favoriser la rupture dès qu’on cherche à dilater.

Cette consistance spéciale 4 l’ utérus n’est pas spécifiée dans toutes nos observations. Nous la considérons cependant comme fréquente, car elle existait dans presque toutes les observations détaillées. Cependant, dans l'observation II de M. Couvelaire et dans l'observation de Cleisz, il y avait, non pas dureté ligneuse, mais tension permanente, comme s'il ALES d’un hydramnios.

La contractilité utérine, dans beaucoup de cas, est absolument nuile et on ne note aucune alternative de. relâchement et de contraction ; dans ce cas, dit Williams, le diagnostic de décollement placentaire est assuré.

Dans certains cas, on assiste après la rupture des membranes, à une reprise des contractions pouvant aboutir à l'accouchement spontané, mais ceci n’est pas constant, et il est possible que les infiltrations sanguines ne la paroi utérine en soient la cause.

L'utérus, d'autre part, peut être irrégulier et quelques auteurs, en particulier Essen-Môller, ont noté au niveau du fond, une zone, répondant à l'insertion placentaire, au niveau de laquelle l'utérus tétanisé partout ailleurs est resté mou. Cette zone est parfois fluctuante.

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