DIAGNOSTIC
En présence d’une femme présentant le tableau clinique de l'hémorragie rétro-placentaire, peut-on affirmer que l’utérus de cette femme présente ou non des lésions d’apoplexie utérine ? Cela n'est pas possible actuellement, car il n’y à aucun signe, nous l’avons vu, qui soit spécial à l’apoplexie utérine.
Mais pratiquement, dans tous les cas GRAVES de décollement prématuré du placenta, avec signes de toxhémie marqués, état de shok prononcé, tétanisation accusée de l'utérus; bref,
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dans tous les cas où on est conduit à intervenir d'urgence, il y a souvent apoplexie utéro-placentaire.
En eftet, lorsqu'on se propose d'établir la fréquence des lésiens d'apoplexie utérine au cours des hémorragies rétro-placentaires, on rencontre les plus grandes difficultés, car la plupart des femmes atteintes d’hémorragies rétro-placentaires guérissent et on ne juge anatomiquement que celles qui meurent ou sur lesquelles on intervient.
Le seul argument que nous puissions apporter est le suivant : Aux 73 observations d’apoplexie utéro-placentaire sur lesquelles ce travail est basé, nous ne pouvons opposer que fort peu d'observations d'hémorragies rétro-placentaires dans lesquelles l'in. tervention ou l’autopsie n’a révélé aucune lésion d’apoplexie.
En France, nous n'avons retrouvé, parmi ces cas négatifs, que les cas de Maygrier, Ribemont-Denaigres, Lequeux. Dans
les observations étrangères, l’apoplexie n’est pas signalée dans
un cas de Malcom Storer, dans un cas de Targett, dans un cas de Savage, dans deux cas de Shaw. Il est spécifié qu’elle n'existait pas macroscopiquement dans un cas d'Éngstrôm et dans un cas de Phillips.
Encore faut-il observer qu'aucun examen histologique n'ayant été pratiqué dans ces cas, on peut toujours penser qu'il y avait un certain degré d’apoplexie non apparent macroscopiquement.
Ainsi se trouve vérifiée l'opinion de M. Bar :
« Je pense qu'à considérer les seuls faits où l’hémorragie rétro-placentaire se produit chez une femme albuminurique, avec mort rapide de l'enfant, on peut estimer qu'un état d'éclampsisme marqué avec étal général grave, grande hypertension et tendance au subictère, qu’une tétanisation accentuée de l'utérus doivent faire craindre une véritable apoplexie utéro-
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placentaire. Mais j'ajoute que ces signes n’ont qu'une valeur relative. » |
Nous verrons que le signe qui a peut-être le plus de valeur est l’apparition d'une hémorragie sérieuse de la délivrance. Encore n'a-t-il pas une valeur absolue.