‹ Contribution à l'Étude de l'Apoplexie Utéro-PlacentaireChapitre 27 sur 45 · CONSÉQUENCES ANATOMIQUES DES LÉSIONS D'APOPLEXIE · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES ANATOMIQUES DES LÉSIONS D'APOPLEXIE

Friabilité du muscle utérin. -— L'apoplexie utéro-placentaire entraîne une friabilité de l'utérus tout à fait particulière.

M. Couvelaire l’a mise en évidence dans l'obs. II :

« On extériorise rapidement l'utérus, qui est si friable, qu’au cours de cette extériorisation se produit une déchirure superficielle au niveau de la corne droite... »

AE UA mel

Et plus loin :

« On incise l'utérus sur la ligne médiane, en faisant une

petite boutonnière à l'union du segment inférieur et du corps utérin. L'incision ainsi faite est agrandie par déchirure au doigt jusqu’au fond de l'utérus avec une remarquable facilité, étant donnée la friabilité de la paroi utérine. »

Oldfeld et Hahn notent « une friabtiité extraordinaire du muscle, le rendant inapte à être suturé ».

Couinaud, insiste sur « ia friabilité particulière de l’utérus qui se déchira malgré la dilatation suffisante (petite paume) donnée par les incisions du col pour pratiquer la basiotripsie ».

Rigidité du muscle utérin. — La rigidité du muscle utérin se manifeste au niveau du Corps par sa, « consistance ligneuse » sur laquelle insistait M. le Professeur Pinard.

Cette rigidité peut s'étendre au segment inférieur, en sorte qu’au toucher, on arrive sur un segment inférieur dur et tendu qui s’enfonce comme une « sébille de bois » dans l’excavation. Le col, dans ces cas, est particulièrement inapte à se dilater.

La friabilité et la rigidité exposent le muscle utérin à la rupture, car dans les 17 cas de notre statistique où l'évacuation chirurgicale n’a pas été pratiquée (3 cas d’accouchements spontanés et 14 cas d’accouchements avec manœuvres obstétricales), la rupture se produisit 3 fois :

1 fois à la suite d’une version :

1 fois à la suite d’une basiotripsie consécutive à une dilatation par ballon ;

D feet

4 fois à la suite d’une application de forceps après dilatation manuelle du col.

Donc, au cours de l’apoplexie utéro-placentaire :

1° Il ne semble pas que la friabilité du muscle utérin soit telie qu'il y ait fréquemment rupture spontanée ;

2° La rigidité du col est cependant suffisamment marquée pour entrainer une mortalité par rupture provoquée de 17 %.

Page 1