‹ Contribution à l'Étude de l'Apoplexie Utéro-PlacentaireChapitre 43 sur 45 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

L'apoplexie utéro-placentaire est caractérisée essentiellement par l’infiltration sanguine du muscle utérin (apoplexie utérine), associée au décollement en général total du placenta (apoplexie inter utéro-placentaire).

Dans sa forme typique, cette infiltration n’est pas systématisée, elle peut frapper tous les points du corps utérin et déborder largement dans les deux ligaments larges, les trompes et les ovaires.

Le placenta ne présente des foyers hémorragiques qu’exceptionnellement. ‘

Quinze fois sur cent, on rencontre sur les parois utérines, en général au niveau de la zone d'insertion placentaire, des FISSURES multiples du péritoine, pouvant s'accompagner d'une hémorragie intra-abdominale importante.

En dehors de la sphère génitale, existent souvent des hémorragies multiples. L'organe le plus souvent infiliré de sang esi le foie (6 cas), maïs on peut en rencontrer dans le diaphragme (2 fois), dans le péricarde (1 fois), dans l’'endocarde (1 fois), dans les méninges cérébrales (1 fois), dans la muqueuse gastrique (2 fois), dans les surrénales (1 fois).

En dehors des hémorragies, on a pu constater l'existence de lésions hépatiques et rénales, analogues à celles qui ont été étudiées dans les cas d’éclampsie.

Le tissu hépatique est frappé de dégénérescence centrolobaire avec dislocation des travées, mais parfois les lésions sont si considérables qu'on ne trouve plus de tissu sain.

Le tissu rénal présente en général des lésions de néphrite aiguë, rarement des lésions de néphrite chronique.

Le fœtus peut présenter des lésions hémorragiques disséminées du même ordre que celles de la mère.

L'apoplexie utéro-placentaire se rencontre surtout chez des multipares (72,4 %). Elle apparaît dans les derniers mois de la gestation.

Le tableau clinique habituel est celui de l’hémorragie rétroplacentaire grave.

Sa caractéristique essentielle est l'association aux Signes locaux d'un syndrome toxhémique très marqué (90 % des cas). Ce syndrome se caractérise par :

4° Une albuminurie massive qu'on rencontre 88,5 fois sur 100 ;

2° Un état de shok qui paraît être sans rapport avec l’importance de l’hémorragie ;

3° Des signes habituels de toxhémie, céphalée, œdèmes, ictère, amaurose, etc. ;

4 Par une hypertension qui peut disparaître dans la période de shock ;

5° Par un certain degré de rétention azotée ;

6° Par des hémorragies diverses, hématuries, épistaxis, hématémèses, etc…., qui impriment à l'affection un caractère nettement hémorragipare ;

7° Par la coexistence de convulsions dans 8,3 % des cas.

Il est impossible, actuellement, en présence du tableau clinique de l’hémorragie rétro-placentaire, d'affirmer l'existence de lésions apoplectiques de la paroi utérine. On ne peut que les soupçonner lorsque l’état de la malade est grave et surtout lorsqu'on voit apparaître après la délivrance une hémorragie sérieuse du post-partum.

Le pronostic maternel est grave. Mortalité de 56 %. La mortalité fœtale atteint 90 w.

dete

Le traitement de l’apoplexie utéro-placentaire est uniquement chirurgical, parce que toute manœuvre obstétricale expose à la

rupture utérine ou à des hémorragies incoercibles du post-par- |

tum habituellement mortelles.

La voie abdominale est la voie de choix, parce que, seule, elle permet l'examen direct de l'utérus et la constatation de l’impor-

tance de l’infiltration hémorragique.

La césarienne abdominale sera suivie d'hystérectomie lorsque

les lésions hémorragiques sont importantes ; la conservation de

l'utérus exposant d'ailleurs, dans ces cas, à des hémorragies secondaires graves.

Le pronostic opératoire dépend, en grande partie, de l'intensité de la toxhémie et.des lésions organiques qu’elle peuk avoir déterminé, en particulier, au niveau du foie.

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