ÉTUDE MACROSCOPIQUE
L'aspect des lésions est frappant et absolument caractéristique.
L’utérus présente sur une de ses faces, ou sur les deux, de larges ecchymoses. Certaines apparaissent d’un rouge sombre, cuivré, d’autres ont une teinte bleu foncé, indigo ou noire et tous les intermédiaires existent entre ces colorations extrêmes, à
L'utérus bigarré rappelle l'aspect qu’on a l’habitude de rencontrer dans les tumeurs ovariennes ou utérines à pédicule
tordu (Couvelaire, Shannon, Essen-Mäüller, Williams).
Dans certains cas (Kynoch, Heidenhain, Ley), ces taches ecchymotiques, au contour incertain, paraissent siéger au niveau de la zone d'insertion placentaire qui est quelquefois assez apparente sous la forme d’une tache arrondie plus foncée que les autres. Mais, et ceci est essentiel, l’infiltration peut dépasser de beaucoup la zone d'insertion placentaire, s'étendant même souvent à la face utérine opposée.
Le segment inférieur, par contre, esb habituellement respecté.
En réalité, l’apoplexie utéro-placentaire n'est, en aucune façon, systématisée. D'une façon à peu près générale, l’infiltration sanguine est souvent superficielle, sous-séreuse, comme dans l'observation IIT de M. Couvelaire, où elle n’atteignait en profondeur que le premier tiers du myomètre.
Les lésions macroscopiques, telles que nous venons de les décrire, répondent à un type d'intensité moyenne. Dans bien des cas, tel celui de M. Le Lorier, elles sont infiniment moins nettes, se résumant en quelques taches ecchymotiques très petites, punctiformes parfois, localisées à la zone d'insertion placentaire, immédiatement au-dessous du péritoine qu'elles menacent. :
Dans les cas, au contraire, où les lésions utérines sont très étendues, il est exceptionnel qu'elles se limitent à l'utérus.
Des lésions analogues à celles décrites sur l'utérus se rencontrent alors dans les ligaments larges dont le bord utérin et la base apparaissent gonflés et infiltrés de sang, dans les ligaments ronds et dans les trompes, ecchymotiques comme
Cire
l'utérus dans leur segment interne ; dans les ovaires enfin, qui, plus fréquemment atteints que les trompes, présentent un type spécial d’apoplexie ; on y voit une multitude de petites hémorragies punct'formes criblant leurs deux faces et le mésovarium.
Enfin, dans quelques cas exceptionnels, les lésions sont plus étendues encore. En avant, les ecchymoses peuvent atteindre le péritoine vésical. Latéralement, elles peuvent déborder sous forme de larges suffusions hémorragiques dans la fosse iliaque interne, derrière le cœcum, au delà du meso-sigmoïde. Elles peuvent atteindre même les régions lombaires.
Le placenta est totalement (71,5 %) ou partiellement (28,5 %) décollé et dans le cas, jusqu'à présent unique de Brouha, l’hémorragie infiltrait la partie profonde du muscle utérin dans la région placentaire, sans provoquer de dehiscence notable du placenta.
On peut voir, comme dans l’hémorragie rétro-placentaire classique, un ou plusieurs caillots plus ou moins anciens. En général, un gros caillot récent déprime le placenta et lui donne la forme d’une cupule, au niveau de laquelle, le tissu placentaire paraît tassé et compact. À ce niveau, le placenta peut n'avoir que quelques millimètres d'épaisseur.
Il est essentiel d'observer, qu’en dehors de ces lésions, le placenta est souvent macroscopiquement normal. On peut y rencontrer, de facon très inconstante, quelques noyaux hémorragiques (4 fois), mais dans l’ensemble, on est frappé par l’opposition qui existe entre l'importance des lésions utérines et annexielles et la relative intégrité du placenta. Cette notion se trouvera confirmée par l'examen histologique,
Hémorragie intra-abdominale et Fissuration du péritoine utérin A l'ouverture de l'abdomen des femmes atteintes d'apoplexie utéro-placentaire, on constate parfois la présence d'un épanchement intra-abdominal.
Cet épanchement est des plus variable comme aspect et comme abondance. Parfois, il s’agit d’un liquide séreux, parfois d'un liquide séro-sanglant, parfois de sang pur. Dans ce dernier cas, l’hémorragie peut varier de quelques grammes de sang, à une véritable inondation (720 gr., Mac Nair). |
. Quand il s’agit d’un liquide sanglant ou surtout de sang pur, on trouve, là où les lésions d’apoplexie sont à leur maximum, en général sur la zone d'insertion placentaire (Fraipont), rarement sur les ligaments larges, des fissures péritonéales.
Leur fréquence, au cours de l’apoplexie uféro-placentaire, est relativement grande (15 %).
Leurs caractéristiques anatomiques sont les suivantes :
Elles ont l'aspect de fissures irrégulières, mâchurées, parfois parallèles au grand axe de l'utérus, parfois transversales.
Elles sont en général nombreuses et il est des cas où on en a compté jusqu’à 40 à 60.
Elles sont courtes, ne dépassant guère 3 à 4 cm. de long, certaines sont ponctiformes.
Elies sont superficielles et n’intéressent dans la profondeur que les premiers millimètres de la musculeuse,