‹ Contribution à l'Étude de l'Apoplexie Utéro-PlacentaireChapitre 21 sur 28 · I. — AU POINT DE VUE CLINIQUE · texte numérisé non relu

I. — AU POINT DE VUE CLINIQUE

Lorsqu'on examine les observations publiées d’apoplexie utéro-placentaire et d’hématome rétro-placentaire et les réflexions et les opinions des auteurs, on est frappé par les dissemblances entre les faits observés et leur interprétation.

On est frappé surtout par les différences considérables de gravité des cas cliniques et par la variété des

moyens thérapeutiques mis en œuvre.

Le disparate est tel dans certains cas, qu’il semble que l’on n’ait pas à faire à la même maladie.

Nous-même, dans les observations que nous avons rapportées, nous nous trouvons également devant des cas très différents, et c’est précisément cette différence

que nous voudrions tout d’abord souligner.

CLINIQUEMENT. — Certains: us sont si bénins, qu'ils se bornent à de simple découvertes de particula-

rités du placenta. Le placenta est expulsé en même

temps qu'un caillot plus ou moins volumineux qui a marqué sur la face maternelle, une ou plusieurs dépressions en cupule. Dans ce cas, on trouve parfois rétrospectivement un peu d’albumine, une tension artérielle un peu forte, quelques signes discrets de la série pré-éclamptique. Dans certaines observations, tout se borne à un peu d’œdème.

À côté de ces cas si bénins, existent d’autres cas

moyens, pourrait-on dire, dans lesquels le syndrome

-est déjà plus intense. C’est une femme, qui‘a nettement

présenté de l’albuminurie, une tension artérielle, avec élévation surtout de la pression minima, quelques ædèmes, et chez laquelle, au terme approximatif de la grossesse, se déclenche un travail d’allure, particu-

lièrement douloureuse.

L’utérus est tendu en permanence, les contractions cessent à peine, la femme perd du sang noirâtre, mais peu abondant, qui s’écoule en bavant par la vulve. Son col reste tendu, ayant de la peine à se dilater ; les bruits du cœur sont parfois modifiés, et chez cette femme, grâce en général à un traitement médical approprié (emploi de médicaments spasmolytiques), on obtient une dilatation complète de l’utérus. Le placenta présente ici de vastes cupules, et derrière lui a été expulsée une masse importante (500-800 grammes) de

caillots noirs.

Cette malade a les urines très albumineuses, la

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tension artérielle est élevée et elle a parfois des œdèmes. Ce terrain clinique de pré-éclampsie, sur lequel se développe l’apoplexie utéro-placentaire dans sa forme modérée, ne manque jamais. La constance de ce syndrome préalable ne signifie pas qu’il soit complet.

D’autre part, on peut considérer de telles malades comme se trouvant avant la survenue de l’apoplexie utéro-placentaire, à la bifurcation des chemins qui mènent l’un à l’éclampsie convulsive confirmée, l’au-

tre à l’éclampsie hémorragique.

Dans cette forme moyenne, qui ne nécessite pas l'intervention chirurgicale, on n’a pas la possibilité de constater s’il existe ou non des suffusion hémorragiques étendues aux parois utérines, à la sphère génitale

ou même au delà.

Enfin, les cas graves et très graves, qui imposent une action immédiate et qui se manifestent cliniquement par la brutalité et l’intensité extrême des symptômes, mériteraient seuls le nom d’apoplexie utéroplacentaire, si on veut interpréter au pied de la lettre ce terme synonyme de coup de sang, de congestion in-

tense et active avec suffusions hémorragiques.

En réalité, il convient avec COUVELAIRE après avoir démembré ces syndromes si disparates en ap-

parence, de les remembrer sous l’appellation généri-

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