OBSERVATION I
Lemeland, ir L’appendicite au cours de la puerpéralité :
La Médecine internationale, mai 1929.
Femme enceinte de 3 mois. Pas de troubles de la gestation. La température quotidienne oscille de 3608 à 3709,
Un soir, le mari, médecin, constatant 3707 avec une légère sensibilité dans la fosse iliaque droite, nous appelle avec un de nos maîtres, chirurgien. Rien ne permet de faire un diagnostic sauf la contracture utérine. Mise en observation, la malade présente le lendemain un état normal. La température est à 36°8, le pouls à 80, légèrement accéléré sur l'habitude (70), et la même contracture utérine. Ceci décide à pratiquer l'opération. On trouve un appendice surdistendu par le pus. La paroi est réduite à l’état de pelure d’oignon, et, enlevé avec précaution il se rompt quand on le met sur le plateau ; il contenait un verre à liqueur de pus. Guérison
et la grossesse va à terme.
On remarque dans ce cas la pauvreté de la symp-
Les
tomatologie comparée à la gravité de la lésion. Le symptôme unique a été ici la contracture utérine
dont nous avons signalé plus haut l’importance.
OBSERVATION II (résumée)
Bohler, in Bulletin de la Société d'obstétrique et de gynécologie de Strasbourg, séance du 14 juin 1930.
Appendicite déclarée au 9° mois d’une grossesse qui avait jusque-là évolué normalement. Le 1°7 symptôme date de 72 heures. Peu intenses pendant les premières 24 heures, les sensations douloureuses, localisées à l’épigastre, s’accen: tuent brusquement le 2€ jour Comme à ce moment les douleurs occupent également la région lombaire, le médecin hésite entre une pyélite et une affection pleurale ; quelques frottements pleuraux, qu'il entend à la base pulmonaire droite, semblent confirmer la dernière hypothèse à la fin du 2e jour et l’autoriser à garder une attitude expectative.
Cependani les douleurs deviennent de plus en plus intenses et se communiquent à tout l'abdomen, qui se ballonne de façon inquiétante ; dans la 2€ nuit, la femme qui se plaignait déjà de nausées persistantes, commence à vomir. Les selles sont arrêtées depuis 2 jours, les gaz continuent à passer. |
Transport à l'hôpital. État général très mauvais. Abdomen fortement ballonné, immobile pendant la respiration. Palpation de toute la paroi douloureuse avec maximum de
sensibilité dans la région para-ombilicale droite. Aucune
2e AU ET défense musculaire. Utérus fortement contracturé, dévié à gauche, correspondant à une grossesse de 8 mois. Mouvements de l'enfant douloureux. Température 390. Pouls 120, mou et dépressible. Urines troubles. Légère quantité d’albumine.
Diagnostic : Appendicite aiguë avec participation du grand péritoine.
Intervention : incision très externe et plus haute que d’habitude. Pus. Appendice adhérent à la dernière anse de l'iléon, et à la trompe droite. Intervention typique. Pas de péritonite diffuse. Suture partielle de la paroi en un plan.
L'appendice enlevé a une longueur de 12 cm. Moitié distale gangrénée. Moitié proximale renfermant un calcul siercoral du volume d’une noisette ; 3 perforations miliaires.
Suites : d’abord excellentes. Le péristaltisme fonctionne après 36 heures. Ventre plat et souple.
Le 3e jour arrêt définitif des gaz. Aucun signe de péritonite ; le6e jour début du travail. Accouchement 3 heures après d’un prématuré de 2.350 gr. bien portant et qui vit. Délivrance artificielle. |
Après l’accouchement la femme entre en convalescence. Les gaz fonctionnent normalement dès le lendemain. Sortie
du service le 34€ jour, retenue pour une cicatrisation lente
de la plaie opératoire.
Chez cette malade le diagnostic avait été indécis pendant 72 heures par suite d’une localisation anor-
male de la douleur ainsi qu’il arrive fréquemment.