RE ACTES
OBSERVATION III (résumée)
Andérodias et Villar,in: Bulletin de la Société d'obstétrique et de gynécologie de Bordeaux, séance du 12 no-
vembre 1929.
Mme X.. Primipare à terme. Grossesse normale, Début des douleurs le 23 juillet. Dilatation complète dans la nuit du 27 au 28. Membranes rompues 48 heures auparavant. Tête très élevée au-dessus du D. S. Douleurs irrégulières et peu fortes, impuissantes à l’engager. Plusieurs applications de Forceps avec fortes tractions. Le médecin est obligé de désarticuler pour ne pas déraper.
Examen de la malade : Utérus gravide disparaît derrière des anses intestinales anormalement développées. Palper douloureux. Pouls rapide. Facies mauvais.
Toucher : Vagin dilacéré. Tête très élevée et débordante. Os crépitant sous le doigt. Bruits du cœur non perçus.
Diagnostic de péritonite probable au début, due sans doute à une lésion de la paroi utérine sans doute au niveau du segment inférieur car il s’écoule un peu de sang noir.
Basitripsie. Extraction facile de la tête. Difficultés pour les épaules (enfant volumineux). Délivrance artificielle. Vérification utérine. Sur le segment inférieur, en regard du promontoire, brèche de 3 à 4 cm. de large, irrégulière, conduisant dans le Douglas.
Intervention : Laparotomie. Sang dans le péritoine. Dans
le Douglas : sang et caillots. Sur la face postérieure du seg-
ment inférieur, brèche irrégulière correspondant à celle que trouvait le doigt vaginal,
Hystérectomie. Drainage vaginal.Mickulicz. Mais quelques anses intestinales sont dépolies et il y a quelques fausses membranes. On recherche alors l’appendice qui est gros, irrégulier, congestionné, avec quelques fausses membranes à son extrémité, Ablation. A l'ouverture on le trouve rempli de pus épais, jaune, crémeux. Fermeture en un plan.
Mort par défaillance cardiaque en 48 heures.
En interrogeant la malade et son entourage on se rend compte que la crise appendiculaire a débuté le mardi 23 juillet par des douleurs assez violentes. La malade était à terme et primipare, donc sans notion antérieure des douleurs de l’accouchement, elle avait pris ces douleurs pour un début de travail et n’avait pas attiré sur elles l'attention de son médecin. C’est sans doute la crise appendiculaire qui
a déclanché le travail.
Chez cette malade les symptômes avaient été assez peu marqués pour ne pas attirer l'attention bien que les lésions aient été assez considérables
pour provoquer la formation d’une péritonite grave.