‹ Contribution à l'étude de l'appendicite aiguë: Compliquant l'état puerpéralChapitre 9 sur 25 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Nous venons de voir que l’appendicite se révélant chez la femme enceinte par des symptômes souvent peu nets et trompeurs. Il sera donc facile de méconnaître une crise au début ou de la confondre avec une autre affection. Quels sont donc les signes qui permettront au praticien de diagnosti- quer la crise d’appendicite et de la différencier des maladies pouvant la simuler ?

Le diagnostic se fera sur une symptomatologie assez pauvre, cependant quelques signes tels que la douleur, la contracture utérine, la dissociation du pouls et de la température, enfin les antécédents devront faire penser à l’appendicite,

Le diagnostic différentiel est souvent très dificile. En effet nombreuses sont les affections pouvant compliquer la grossesse qui présentent des symptômes analogues à ceux de l'appendicite.

La douleur, tout d’abord, doit être distinguée de toutes les autres crises douloureuses pouvant faire leur apparition au niveau de l'abdomen.

Il faudra éliminer avant tout les coliques hépatiques et néphrétiques. Celles-ci ont en général des

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caractères assez nets pour être rapidement éliminées.

Dans la première moitié de la grossesse on devra penser à deux affections surtout : la rupture de grossesse extra-utérine et la salpingite. La première donne une douleur très vive avec arrêt des matières et des gaz. Mais la femme est très pâle, de plus il y a eu des écoulements sanguins par le vagin, parfois

uné caduque a été expulsée et il y a une douleur

localisée dans le cul-de-sac de Douglas dans lequel on sent parfois au toucher la masse annexielle. Enfin au palper abdominal on sent un utérus dont l'augmentation de volume n’est pas proportionnée à l’âge de la grossesse. :

La salpingite droite s'accompagne d’un état général moins grave que dans l’appendicite. Il y a en général un passé génital chargé. Enfn au toucher on réveille une douleur dans un cul-de-sac vaginal et on peut sentir à ce niveau une masse annexielle.

Dans la deuxième moitié de la grossesse on peut confondre l’appendicite avec l’urétéro-pyélite. Dans cette affection la réaction péritonéale et la douleur sont moins marquées que dans l’appendicite. De plus cette douleur est localisée à tout le trajet de l’arbre urinaire. Le rein est souvent perceptible et douloureux. Enfin les urines sont troubles et contiennent du pus et des microbes. Mais l'appendicite et l’urétéro-pyélite peuvent coexister puisque le colibacille, qui est l'agent le plus fréquent de ces

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affections, a sa virulence exaltée chez la femme enceinte.

La constipation opiniâtre qui accompagne la crise d’appendicite peut devenir une cause d'erreur et faire prendre cette dernière pour une occlusion intestinale aiguë. Demelin et Devraigne citent deux cas dans lesquels cette erreur fut faite. Dans l’un il y avait arrêt presque complet des matières on porta le diagnostic d’occlusion et l'intervention montra qu’il s'agissait d’une appendicite. Dans l'autre, il y avait peu de fièvre, un pouls très fréquent, arrêt des matières, des vomissements verts, une douleur plus marquée à droite. On porta le diagnostic d’appendicite mais à l'intervention on tomba sur un appendice absolument sain.

La contracture de l’utérus peut être confondue si elle est très marquée avec une hémorragie rétro-placentaire. Mais celle-ci surtout dans sa forme d’apoplexie utéro-placentaire s’accompagne d'un état général immédiatement grave quoique l’hémorragie externe soit nulle ou minime, La tension artérielle peut être élevée, le pouls est lent et les urines sont albumineuses. |

Les vomissements peuvent faire penser aux vomissements incoercibles de la grossesse, mais ceux-ci ne s accompagnent pas de fièvre ni de douleur abdominale, enfin ils sont « trop incoercibles » dans l’appendicite et surviennent en général brusquement chez une femme qui jusqu’à ce jour n’avait jamais vomi.

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