INTRODUCTION
Les rapports qui existent entre lés infections de l'appendice et la tuberculose sont très complexes et ont fait l’objet de nombreuses discussions. Ce qui rend leur étude particulièrement difficile, c'est la confusion qui existe dans les termes employés : appendicite tuberculeuse, tuberculose de l’appendice, appendicite chez les tuberculeux répondent, en effet, à des faits bien différents.
A l'heure actuelle les différents aspects de la ques-
tion peuvent se ramener à plusieurs types :
1° L’appendicite simulant la tuberculose.
C’est une forme d’appendicite chronique ou subaiguë avec une atteinte profonde et persistante de l’état général (température, sueurs nocturnes, amaigrissement) qui peut égarer plus ou moins longtemps le diagnostic et simuler le début de tuberculose pulmonaire. L’ablation de l’appendice en rendant la santé
= (Que
immédiatement au malade montre qu'il n’a jamais
été un tuberculeux.
20 Appendicite banale des tuberculeux.
Certains tuberculeux font un jour une crise subite d'appendicite à propos de laquelle aucune hésitation n’est possible et qu'il faut opérer d'urgence. A l'examen de l’appendice on ne trouve aucun caractère bacillaire des lésions. On peut en rapprocher les appendicites d’origine vraisemblablement toxi-tuberculeuse correspondant aux formes de tuberculose
inflammatoire de Poncet et Leriche.
3° Appendicite tuberculeuse primitive.
Dans certains cas le bacille tuberculeux pourrait atteindre primitivement l’appendice et de là gagner secondairement les poumons.
Malgré quelques observations intéressantes (Toubol)
à ce sujet, la question reste encore à l'étude.
4 Appendicite tuberculeuse apparaissant comme complication d’une tuberculose pulmonaire.
C'est celte forme que nous étudierons tout particulièrement dans ce travail et tâcherons d'en déduire
des considérations cliniques et thérapeutiques nouvelles.
AN
Dans ces dernières années (Bonnamour) on a beaucoup insisté sur la nécessité de distinguer l’appendicite tuberculeuse de la tuberculose de l’appendice.
Pour Bonnamour, la tuberculose appendiculaire est la localisation sur l’appendice d’une lésion généralisée à une plus ou moins grande partie du tube digestif, l’appendicite tuberculeuse étant au contraire une lésion localisée, tout au moins en apparence, à l’appendice et se manifestant pour son propre compte.
C'est faute d’avoir fait cette distinction que l’on a pu voir se manifester des opinions aussi opposées que celle de Dieulafoy déclarant l’appendicite tuberculeuse exceptionnellement rare et celle de Letulle et Weinberg établissant par l'anatomie pathologique que « l’appendicite tuberculeuse est une variété excessivement commune » (Bonnamour).
Pour Heitz, la véritable appendicite tuberculeuse est celle que présentent les tuberculeux avérés avec des lésions anatomiques de l’appendice certaines, d’ailleurs associées souvent à d’autres lésions de même nature du segment iléo-cæcal.
Si la conception de Bonnamour est exacte théoriquement, il nous semble qu’en pratique il est difficile de l’admettre dans toute sa rigueur. Nous croyons logique de garder le terme d'appendicite tuberculeuse à tous les cas où les lésions bacillaires de l’appendice ont pu être vérifiées. Nous verrons dans la suite que les lésions intestinales semblent être secondaires à celles de l’appendice et notre but est précisément d'attirer l'attention sur la nécessité de diagnostic pré-
m1 ne
coce (souvént non sans difficulté) au stade d’appendicite tubéreuleuse pour éviter l'extension intestinale et la possibilité d'une greffe d'infection aiguë banale sur l’'appendice tuberculeux. Ce stadé nous paraît éminement chirurgical et curable.
Nous voulons, enfin, attirer l’attention sur la possibilité d'amélioration et même de guérison d'une tubérculosé pulmonaire du fait de débarrasser l’organisme d’un foyer tuberculeux extrapulmonaire. Cette constatation n’est pas nouvelle (P. Jacob, E. Bernard) et les observations qué nous publions ne font que la corroborer et contribuent à l’étendre à l’appendicite tubercüleuse.
Nous entreprenons ce iravail, qui est le couronnement dé nos études médicales, sur l'inspiration de notre Maître, Mlle le D' Dreyfus-Sée, à qui nous exprimons ici notre plus vive reconnaissance pour son enseignement luminéux dont elle nous a donné l’occasion de profiter et pour ses précieux conseils qui nous ont aidé pendant l'élaboration de cette thèse.
Nous adressons à notré Maître M. le Dr P. Jacob, après l’année d’eéxtérnat passée dans son sérvice, l’expression de notre profonde gratitude pour la bienveillante attention qu'il a toujours portée à notre égard.