‹ Contribution à l'étude de l'appendicite parasitaireChapitre 3 sur 8 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Malgré les très nombreuses recherches qu'a suscitées l'étiologie de l’appendicite, malgré les discussions auxquelles elle a donné lieu, son histoire est loin d’être achevée. On ne sait pas encore d’une façon certaine quel mécanisme préside au développement de l'infection. Les théories sont nombreuses et contradictoires. Cependant elles peuvent être réunies en deux groupes suivant qu’elles invoquent une infection locale de l’appendice ou bien la détermination appendiculaire d'une infection générale.

La première idée qui vient à l'esprit est d'admettre que les innombrables microbes, normalement inoffensifs du gros intestin peuvent profiter de la moindre cause occasionnelle pour provoquer l'inflammation de l’appendice. Un corps étranger, une masse stercorale, un obstacle quelconque amenant l'oblitération permanente ou passagère de la cavité appendiculaire, une exagération des putréfactions intestinales, la pénétration des microbes à la faveur d'une éraillure de la muqueuse, une inoculation par des parasites, voilà les causes les plus fréquemment in-

voquées. Et parmi ces dernières causes, la plus généralement admise est assurément la présence d'helminthes dans la cavité de l’'appendice. Personne, en

effet, ne songe plus à nier cette présence des vers intestinaux à ce niveau du tube digestif. Mais, où les opinions divergent, c'est au sujet du rôle qu'il faut faire jouer à ces parasites et aux déductions thérapeutiques qui en découlent.

« On peut proclamer cet aphorisme : Pas d'infec tion intestinale sans helminthes pour frayer la voie aux microbes infectieux », disait le Professeur R. Blanchard, à Berne, en 1904, et pour lui et son école le traitement anthelminthique doit toujours être lenté et donne souvent des résultats. D'autre part, Dieulafoy admettant exclusivement la théorie de la cavité close conclut : « Il n’y a pas de traitement médical de l’appendicite, le seul traitement rationnel est le traitement chirurgical ». Devant ces deux théories si nettement opposées, de nombreux savants se sont consacrés à l'étude de ce problème et c’est leurs dernières recherches que nous voudrions résumer dans ce modeste travail.

bistorique

Bien avant qu'il ne soit question de l’appendicite, avant que celle affection n'ait été individualisée, l'on connaissait les vers intestinaux et des trouvailles d’autopsie avaient signalé leur présence dans l’appendice. $Santorini considérait même cet organe comme un réceptacle à vers intestinaux.

En 1650, plus d'un siècle avant que Mestivier ne rapporte dans le Journal de Médecine, Chirurgie el Pharmacie le premier cas d’appendicite, Guy-Patin signale dans une de ses lettres la présence de huit vers dans « l’appendice du boyau cæcum » et le cas d'une femme qui mourut d’une infection intestinale après avoir .expulsé « {rois grans vers en trois jours différens qu’elle avait pris un purgatif » (1).

Vers 1740, Fischer et Morgan: découvrent, l’un des ascaris, l’autre des trichocéphales, dans le cæcum et l’appendice.

En 1808, parmi les quatre cas que l’appendicite

(4) Guy-Patin. Lettres choisies, Paris, 1692, in-12, T. TJ, p. 113.

compte à son actif, un relève de la présence d'ascaris dans l'intestin et l’appendice. (Cas de Jadelot).

De 1808 à 1899, la littérature médicale, tant en France qu’à l'étranger, fournit un certain nombre de cas où, à la suite d'opérations et d’autopsies, des ascaris, des trichocéphales et des oxyures sont signalés dans la cavité appendiculaire.

Mais c’est en 1899 que pour la première fois des travaux sont faits, par Still en Angleterre, spécialement dans le but de rechercher les parasites dans l’appendice et de voir quelles relations de cause à effet existent entre les helminthes et l’appendicite. À partir de ce moment les publications concernant cette question se font de plus en plus nombreuses et nous voulons citer les cas classiques de Natale, Mme Arboré-Rally, Brun, Guinard, Schwankaus, Guégan et Girard.

Le 12 mars 19071, nouvelle étape fondamentale, le Professeur Metchnikoff apporte à la tribune de l’Académie de Médecine une « note helminthologique sur l’appendicite » dans laquelle il rappelle les cas précédents, plus trois observations personnelles qui mon: trent l’action manifeste des nématodes dans r’étiologie de l’appendicite. Malgré le peu d'enthousiasme qui accueïllit ses idées nouvelles, l'importance de cetle communication fit naître de nombreuses discussions et mit en lumière Îles travaux que M. le Professeur Guiart poursuivait depuis deux ans déjà et donna une grande importance à la thèse qu'il défendait sur le rôle des vers intestinaux comme agents inoculateurs des maladies intestinales. Depuis cette

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