‹ Contribution à l'étude de l'artériotomieChapitre 15 sur 29 · MANUEL OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

MANUEL OPÉRATOIRE

Les incisions, pratiquées par les différents chirurgiens qui ont fait des arthrotomies, peuvent se réduire à trois principales : lPincision convexe en haut, faite par Trendelenburg; les deux incisions latérales verticales, placées aux deux extrémités du diamètre transversal, où plus rapprochées en arrière, près des bords de lolécrâne : l’incision en baïonnette et lincision en V ne sont que des modifications de cette incision bilatérale permettant un plus grand jour; et enfin lincision en T renversé ou incision de Doven.

Mavdl cite encore l’ineision longitudinale postérieure qui exige la section de l’olécrâne ou du tendon tricipital et Pincision transversale de lPépitrochlée à l’épicondyle; mais celle-ci nest que la simplification de l’incision convexe en haut, ou plutôt cette dernière en est un perfectionnement.

D'après Mavydi, l’incision longitudinale serait suffisante pour permettre l’exploration de l’article, mais insuffisante pour faire l'arthrotomie. L’incision transversale postérieure donne un accès plus facile à l’article, mais compromet les résultats des mouvements et la cicatrisation, par son écartement obligé dans les mouvements de flexion. Ge danger n’est pas très à craindre parce que la peau du coude à la région postérieure est mince, lâche, souple et peu rétractile après section.

L'incision bilatérale aux deux extrémités du diamètre transverse

empêche lécartement suffisant des deux segments de membre pour

17) de la réduction et ne donne pas non plus assez de jour pour l’exploration de Particle.

Il donne la préférence à l’incision bilatérale postérieure, pratiquée le long des bords de lolécräne, qui fournit suffisamment de jour et permet un écartement assez considérable des os pour que la réduction soit possible.

Après l’incision de la peau, on coupe les parties molles directement jusqu’au périoste exclusivement et on libère les os, sans serrer le périoste de trop près, pour ne pas nuire à sa nutrition, On passe le couteau entre les surfaces osseuses et articulaires en coupant les brides fibreuses; on enlève, autant que possible, les couches de fibro-cartilage qui se sont accumulées dans les cavités ou sur les surfaces trochléaires, en évitant d'attaquer les cartilages eux-mêmes. Puis on fait la flexion progressive qui permet de voir successivement se tendre tout ce qui résiste encore et on réduit.

Ne pas oublier en travaillant dans l’incision interne de rechercher le nerf cubital, et de le mettre à l'abri, pour être sûr de ne pas le blesser. Car il est souvent renfermé dans des productions osseuses, et quelquefois comprimé par elles.

Il faut avoir soin de suturer les tendons et ligaments qu’on aura été obligé de sectionner où qu'on aura trouvés rompus. (Doyen sutura les ligaments latéraux, après les avoir coupés) pour ne pas priver larticulation de ses moyens de fixité.

L'opération terminée, Maydl préférait laisser Ia plaie sans réunion, pour éviter, disait-il, l'accumulation d’exsudations de la synovite qui se produit généralement à la suite de l'intervention.

Les autres chirurgiens ont toujours suturé la plaie, mais en prenant la précaution de mettre des drains. Nicoladoni en mit deux du côté de la flexion, et un à travers le tendon du triceps. Doyen se servit de drains en os décalcifié résorbable.

Pansement antiseptique, et immobilisation dans une gouttière

plätrée de préférence.

La guérison s'obtient assez rapidement en général, quand la plaie est bien aseptisée. Ainsi dans le cas de Doven, la piaie était guérie au bout de seize jours.

On commencera à pratiquer des mouvements passifs après guérison de Lx pluie opératoire, c'est-à-dire au bout de trois ou quatre semaines environ. Les mouvements devront être faits avec persévérance Jusqu'à ce qu'on ait obtenu tout ce qu'il est possible d'obtenir.

Je ne veux pas terminer sans rapporter une tentative de quelques chirurgiens allemands. Dans le cas de luxations du coude compliquées de fractures par arrachement de lépicondyle ou de l’épitrochlée, on est obligé, dans le cours de larthrotomie, d’extirper ces fragments, et par suite du manque de soutien, la luxation se reproduit souvent. Alors quelques-uns ont eu l’idée d’enfoncer un elou à grosse tête ronde et dorée dans la trochlée à l'extrémité du diamètre transverse. La tête de ce clou supplée à la saillie osseuse absente. Ce procédé pourrait être imité à l’occasion, car le clou bien aseptisé doit être

facilement supporté sans réaction.

Page 1