‹ Contribution à l'étude de l'arthritismeChapitre 20 sur 25 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Psoriasis suivi d'accidents inflammatoires des muqueuses et des séreuses.

25 avril. État de l’atmosphère :

Thermomètre à 6h. + 12°, à 12 h. + 16°, à6 h. + 14°.

Baromètre AE EN TT DEN AE SR,

Temps moyen. Beau temps. Soleil très chaud.

Léon P., âgé de 40 ans. Mère, morte d’arthrite déformante généralisée, 64 ans. Père bien portant, âgé de 70 ans. Troubles digestifs.

Le malade se plaint de douleurs dans les articulations, de diarrhée, avec selles sanguinolentes. Fourmillements dans les jambes, variqueux. Les artères sous-cutanées de la face sont très dilatées. Sueurs profuses.

Il a été atteint à l’âge de 4 ans d’une angine grave, à 6 ans d’amygdalite qui à duré jusqu’à 16 ans.

Très nerveux, il se mettait facilement en colère. D'une nature timorée, il n’osait se lever la nuit et urinait dans son lit. Ce vice n’a disparu que lorsque, placé dans une institution, il couchait dans un dortoir habité par une trentaine de camarades.

D'une imagination très vive, il se livraitau travail intellectuel, tantôt avec acharnement, tantôt avec dégoût, selon que son maître le traitait avec douceur ou avec sévérité.

Sa famille l’ayant contre-carré dans ses goûts pour l’état militaire, il ne voulut plus continuer ses études et fut placé dans le commerce.

Cette carrière ne lui plaisant pas, il fit en si peu de temps

OR La tant de changements de maisons, que son père se décida à lui donner son autorisation pour son engagement dans l’armée française.

Agé de 18 ans, il arriva vite aux galons de sergent-major; ne possédant aucune protection, il fut affecté de voir que des collègues moins capables que lui parvenaient à l’épaulette, et un beau jour ilnégligea tellement ses fonctions, qu’il s’attira l'inimitié de son capitaine. Il demanda un congé et rentra dans ses foyers.

Quatre mois plus tard, la guerre se déclara, il fut rappelé prisonnier à Sedan, il fut envoyé en captivité à Spandau, où le froid et la misère le forcèrent à rentrer à l’ambulance pour un rhumatisme aigu. Mal soigné, il sortit de celle-ci sans être guéri.

Aù mois de juin 1871, il rentre en France et on l'envoie à l'hôpital de Lunéville. Il y resta 3 mois.

De retour dans son village, il futinitié par son père aux travaux de la vigne et prit la direction du bien.

En 1876, il se maria et il perdit successivement, en 1878, 1881 et 1885, trois enfants. Le premier de méningite, le deuxième de paralysie enfantile, et le troisième que j'ai soigné, d’entérite aiguë.

Léon P... fut tellement affecté de ces deuils précipités, qu’il fut atteint d’arthrite des poignets, des genoux et des malléoles en décembre 1886. Le salicylate de soude du docteur Clin, les frictions de baume tranquille, et surtout le régime lacté joint à un repos bien observé, le tirèrent d’affaire au bout de deux mois de traitement.

En mars 1887, il eut une rechute. Les malléoles du pied droit furent tuméfiées. Il resta au lit trois semaines; j’employai le salicylate de soude, qui, cette fois, ne put être supporté. Ayant entendu vanter les résultats de la terpine, je Yemployai à la dose d’abord de 4, puis de 10, enfin de 12 cap-

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