‹ Contribution à l'étude de l'arthritismeChapitre 21 sur 25 · SATIN ES · texte numérisé non relu

SATIN ES

sules par jour. Les douleurs lombaires diminuèrent d’intensité. L’affection ayant pris une forme intermittente, j'employai le sulfate de quinine et celui-ci eut un plein succès.

21 avril. Le malade est allé 10 fois à la selle dans les 24 heures. Les déjections ressemblent an frai de grenouille. Borborygmes, ténesme et sueurs profuses. Je donne l’ipéca à la mode brésilienne. Température 38°. Pouls 100. Inappétence, soif vive, immodérée. Tremblement dans les extrémités.

28 avril. Les matières vomies sont jaunâtres; 4 selles aqueuses légèrement rougeâtres. Température 38°. Pouls 100. Le malade ne-peut supporter le régime lacté. La douleur de l'anus est intolérable, les sueurs sont toujours très abondantes. Je prescris dix cachets de bromhydrate de quinine, de 20 centigr. chacun. Limonade sulfurique avec sirop de ratanhia. À

29 avril. Cinq selles aqueuses dans la journée. La température est à 39°. Le pouls est petit, misérable, fréquent. Les sueurs sont moins abondantes, mais elles sont devenues froides. Je frictionne le malade avec le vinaigre chaud aromatique, et je prescris la décoction de quinquina. Un lavement avec 15 gouttes de laudanum sera donné matin etsoir.

30 avril. Trois selles sanguinolentes, muqueuses, flottentsur l’eau; elles sont très fétides. Je joins à la décoction du quinquina 2 capsules d’iodoforme du doteur Clertan. Frictions avec le baume de Fioraventi. Recouvrir le ventre de coton en rame. Bouillotte d’eau chaude aux extrémités. Une cuillerée à bouche toutes les demi-heures d’eau de seltz et de vin blanc. Température 39°5. Pouls 115.

1% mai. Nuit très mauvaise. Délire. Pas deselle. Le ventre est ballonné. Gargouillement dans le colon transverse. Je prescris 3 doses de sulfate de soude, une de 25, la deuxième

ARR de 15 et la troisième de 10, à prendre dans les 24 heures. Température 39° matin. Soir 40°. Pouls 120.

2 mai. Le malade a été six fois du ventre. Les matières sont jaunâtres, peu d’odeur, pas de sang. La nuit a été meilleure, et le malade a reposé deux heures.

Température 387. Pouls 100. La soif n’est pas si forte et les sueurs moins profuses.

Décoction de quinquina et salicylate de bismuth. Lait coupé avec un blanc d'œuf, battu et sucré.

3 mai. Nuit bonne; peu de sueurs, pas de selle.

Température 38°. Pouls 90. Même traitement que la veille. Lait et un œuf battu. Vin blanc coupé avec eau du Boulou.

4 mai. Etat général satisfaisant. Le malade se plaint de douleurs au médius droit. Il y a, en effet, du gonflement. Frictions avec teinture d’iode laudanisée. Recouvrir de coton en rame. J’augmente la dose de lait d’un demi-litre, ce qui porte à deux litres la quantité journalière, trois œufs blanc et jaune. Vin blanc et eau du Boulou.

5 mai. La douleur du médius s’est propagée jusqu’au poignet, dans le bras et l’épaule gauche. Je prescris des bains chauds avec 80 grammes de monosulfure de potassium. Frictions douces et continues dans le bain. Diète absolument lactée. Décoction de quinquina. |

6 mai. La douleur du membre supérieur est tolérable. Le gonflement du poignet a bien diminué. Deux selles seulement dans les vingt-quatre heures. Pas de sang. Urine normale, claire, pas de sédiment. |

Température 37°6 matin, et 38°%4 le soir.

Du 7 mai au 15 mai. Le malade prend chaque matin un bain chaud sulfureux. L’appétit augmente. Pas de fièvre ni le matin, ni le soir. Un peu de faiblesse dans la région lombaire.

[6 mai. Des plaques érythémateuses siégent à la région

dorsale, sur la face antérieure des cuisses et la partie interne des deux bras. Quelques vésicules apparaissent sur le thorax. Pas de fièvre.

Je suspends les bains sulfureux.

17 mai. De nombreuses pustales apparaissent sur tout le thorax, le dos et les mollets ; le malade me dit qu'il ressent un grand bien-être depuis l'issue de ces boutons.

L’appétit devient insatiable. Je donne des viandes blanches, des œufs et des légumes verts. Ie malade supporte bien ce régime. Une seule selle le matin.

28 mai. Le malade est complètement rétabli. Je lui donne l’avis d’aller passer une saison à Vernet-les-Bains.

OBseRvATION XI.

Méningite rhumatismale. — Succède à l’arthrite déformante. — Mort.

5 Mai. État de l'atmosphère :

Thermomètre à 5 h. + 14°, à 12 EL 16°, à 7 h. EL 15°.

Baromètre TOM, TG INR Le 1,77 0m

Temps moyen. Pluie. Vent marin.

Marie F..., âgée de 64 ans. Père, mort d’hémorrhagie

cérébrale à l’âge de 70 ans. Mère, morte ataxique à l’âge de 68 ans.

Mariée à 24 ans, elle a eu sept enfants, dont quatre sont morts; le premier à 8 ans, d’une méningite aiguë, le deuxième à 14 ans, d'un abcès abdominal, le troisième à 18 ans, d’une pleurésie, et le quatrième à 22 ans, de la fièvre typhoïde, pendant sa captivité en Allemagne.

D'un tempérament essentiellement nerveux, Marie F..., fut atteinte à l’âge de 30 ans de métrite interne, à la suite de

PU couches très laborieuses. À 40 ans, une hémorrhagie interne faillit l'emporter.

Cinq ans plus tard, elle ressentit de violentes douleurs dans les grandes articulations de l'épaule gauche, du genou droit et de la malléole gauche interne.

A la ménopause, survenue à 48 ans, elle eut pendant plusieurs mois des épistaxis répétéeæ qui mirent ses jours en danger.

A partir de cette époque, les digestions devinrent difficiles, et après chaque repas, Marie F.... était forcée de s'endormir.

Peu à peu, les petites articulations des doigts furent atteintes, et les deux mains devinrent complètement déformées. Cependant elle travaillait sans cesse, elle souffrait beaucoup pour commencer; mais au bout de quelques instants, la chaleur revenait, et la malade accomplissait sa tâche comme au temps de sa jeunesse.

Malheureusement, tout a une fin, et la pauvre femme devait succomber à la peine.

Le 14 avril, son mari rentra des champs, se plaignant d’une grande douleur au côté, et deux jours plus tard, je dus le soigner pour une pneumonie lobaire.

Elle s'installa à son chevet, et pendant quinze jours, elle ne consentit à prendre le moindre repos.

4 Mai. Marie F... ressent une grande douleur à la tête, bientôt suivie de vomissements bilieux.

5 Mai. Je suis appelé à la première heure. La malade est couchée sur le dos ; la face est pâle ; la physionomie exprime la douleur ; les mâchoires sont serrées. Le ventre est creusé en bateau ; il est affaissé. Les vomissements sont incoercibles; elle n’a pas eu de selle depuis 48 heures.

La malade est très agitée et prononce des mots sans suite.

La température axillaire est de 40°. Pouls petit, dépressi-

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