‹ Contribution à l'étude de l'arthritismeChapitre 24 sur 25 · SUCRE · texte numérisé non relu

SUCRE

»des maladies, des éléments primitifs et simples, qu'ils com- »paraient à ceux qui composent les divers corps de la mavtière. L'hypothèse de ces archétypes morbides a été le »point de départ de nombreuses idées doctrinales, qui ont »exercé une influence considérable sur la pratique aux di- »verses époques de la médecine; mais il a fallu arriver à »Barthez et surtout à C.-L. Duinas, pour entrer en posses- »sion de bases bien arrêtées, relativement à la détermination »des éléments morbides. Ce même sujet a: été traité depuis »par un grand nombre de pathologistes, parmi lesquels je »vous citerai F. Bérard, Jaumes, Forget. Mais il serait trop »long de vous rappeler les principales divisions que ces au- »teurs ont adoptées dans la classification des éléments mor- »bides. Il nous suffira d'appliquer le principe de la détermi- »nation de ces éléments à la solution des questions théra- »peutiques. Ce principe ou, si vous le voulez, cette doctrine, »consiste essentiellement en une décomposition analytique, »physiologique: en quelque sorte, de la maladie en ses élé- »ments constitutifs. Nous ne pouvons plus croire, avec les an- »ciens, à l’existence de maladies simples, primaires, qui, par leurs combinaisons diverses, réaliseraient des maladies plus »complexes. La notion d'espèce a prévalu en pathologie »générale, et doit dominer la thérapeutique.

»La maladie, quelque complexe qu’elle puisse être dans »son expression organique et symptomatique, est #ne, même »lorsqu’elle n’est pas individualisée à la façon de la maladie »spécifique. Mais cettelmaladie est caractérisée par des dé- »sordres matériels ou tout au moins par des états dynami- »ques, se révélant par des phénomènes objectifs ou subjectifs »qui en sont les expressions, lesquels en se succédant dans un »certain ordre, constituent l’évolution de la maladie.

» Tous ces faits et phénomènes d'ordre pathologique (états »morbides ou processus, actes, syndrômes ou symptômes},

»lorsqu'ils sont bien caractérisés et définis, sont les éléments »constitutifs de la maladie. Aussi la fièvre, l'adynamie, la douleur sont autant d'éléments morbides. Ils ont pour ainsi »dire leur physiologie propre ef, pratiquement, chacun d'eux »est la source d'indications thérapeutiques.

» Voilà précisément pour quelle raison l'analyse de la ma- »ladie à une grande utilité pratique.

»Les pathologistes qui se sont occupés de donner une >classification des éléments morbides ont tiré ceux-ci de di- »verses sources. De sorte, qu’on peut distinguer des éléments »morbides d’origine nosologique ou mieux nosographique, »d’autres, d’origine pathologique ou étiologique.

» Le premier caractère d’un élément morbide est, évidem- »ment, qu'il fasse partie de la maladie, qu’il en soit partie élémentaire et constitutive. Il est doncimpossible d'admettre »les éléments âge, sexe, ete. Nous en dirons autant des élé- » ments représentant les causes spécifiques, tels que l'élément »virus, l'élément venin, etc. L'étiologie est donc en quelque sorte en dehors du sujet, en ce sens qu'elle ne peut être considérée comme une source d'éléments proprement dits. » Cependant les éléments morbides ont, avec les causes des »maladies, des rapports que nous allons chercher à définir. »Ces causes produisent des états morbides qu’on s'accorde ,à mettre au nombre des éléments, et qu’on s’est efforcé de »caractériser de façon à ce qu’on puisse aller, pour ainsi dire, »d’eux à la cause, quand bien même celle-ci serait de nature »inconnue. On a ainsi introduit dans toutes les classifications »des éléments spéciaux ou spécifiques, tels que l'élément »goutteux, l'élément rhumatismal, l’élément syphilitique.

» Mais, ainsi spécifiés, ces éléments représentent en réalité »la maladie elle-même. Si l’on en tire des indications thé- »rapeutiques, on mettra en œuvre le traitement de ces ma- »ladies et non la médication correspondante à leurs éléments

+ SA VU Te 211 dd AN « d' DSC" CR ee

»Constitutifs. Ces derniers, que nous appelons les éléments »morbides communs, sont tirés exclusivement des expres- »sions de la maladie, sans qu’on fasse intervenir la notion »pathogénique. Exemple :

» Voici un malade atteint de prosopalgie. L'élément mor- »bide dominant est la douleur, contre laquelle nous pouvons »agir à l’aide des nombreux moyens de la médication anti- »névralgique. Mais supposons que l’observation du malade »nous fasse reconnaître l’origine syphilitique de cette pro- »sopalgie. L'élément douleur qualifié ou spécifié par l’ori- »gine est syphilitique. Comme nous avons la bonne fortune »de connaître empiriquement, depuis longtemps, le traite- »ment spécifique de la syphilis, nous constituons un traite- »ment en conséquence. La douleur disparaît bientôt, comme saurait pu le faire toute autre manifestation de la syphilis.

»En nous adressant à l’élément ainsi spécifié, nous ne »faisons pas une médication, mais bien un traitement.

»Chez un autre malade, la prosopalgie pourra avoir une »origine paludéenne. Dans ce cas particulier, si nous utilisons »la quinine pour la combattre, nous ferons encore du traite- »ment.

» Mais. dans tout autre cas, soit par ignorance de la cause »de la prosopalgie, soit par suite de l’impossibilité de rem- »plir une autre indication, si nous combattons la douleur, en »tant que douleur, nous restons sur le terrain de la médica- »tion.

» Bien souvent, ce sera la seule ressource qui nous per- »mettra de soulager, parfois même de guérir nos malades.

» Maintenant, ajoute M. le professeur Hayem, maintenant »qu’il est bien entendu que la médication correspond à la »connaissance de l’élément morbide nosologique commun, »ilne faudrait pas croire que la notion de cause morbide »reste complètement étrangère à notre sujet. Lorsqu'un élé-

»ment morbide est bien déterminé, le thérapeutiste doit faire »l’étude de sa physiologie pathologique et rechercher les »conditions dans lesquelles il prend naissance. La médica- »tion doit tendre à remplis toutes les indications fournies »par cette étude, et il n’y en a pas de plus utiles à satisfaire »que celles qui découlent de la connaissance des causes.

» Malheureusement, celles-ci nous échappent souvent, ou » bien, lorsque nous les saisissons, nous sommes réduits à »nous en prendre exclusivement à leurs effets. »

M. le Professeur de thérapeutique de la Faculté de Paris conclue de la manière suivante:

«Nous sommes en ce moment dans une période de tran- »sition entre la vieille et la nouvelle médecine. Nous voyons »clairement que l'édifice des vérités traditionnelles est chan- »celant, nous avons accumulé, pour le reconstruire, des ma- »tériaux nouveaux, mais nous ne sommes pas encore à une »époque où l’on puisse tenter cette réédification.

»Il ne s’agit donc pas, pour le moment, d’asseoir la thé- »rapeutique sur des bases nouvelles qui ne pourraient être »que celles d’une pathologie générale, complètement renou- »velée. Nous devons cependant la faire rentrer résolument » dans cette voie du progrès, où les pathologistes sont actuel- »lement engagés et qui les conduira à refaire, à des points »de vue nouveaux, l’étude de la médication tout entière.

»La doctrine des éléments morbides, et par suite des »médications corrélatives constamment révisables et perfec- »tibles, se prête à merveille à ces nécessités du moment. » Elle seule peut nous permettre, en attendant la découverte »de moyens spécifiques correspondant à celle des causes »spécifiques, de faire découler nos médications d’une étude »approfondie de la physiologie morbide. »

Quelle est maintenant la médication de l’adynamie? Je citerai encore l'ouvrage excellentde M. le professeur Georges

AN ONE PR NT U tou ONCE L' ES af Rain. 2 OS ee".

A Hayem, et voici quelles sont les indications qui résultent de l'étude pathogénique de l’adynamie :

«1° Il y a certainement, dans tous les cas d'infection, une valtération grave de la nutrition des éléments anatomiques »(désassimilation exagérée, dégénérescence). L’indication la » plus générale est donc de faire pénétrer dans l'organisme »des matières alibiles on capables de modérer la dénutri- “tion des matières albuminoïdes.

»2° Les phénomènes morbides indiquent une dépression »de l’activité cellulaire. Il faut donc réveiller, exciter cette »activité, autrement dit faire fonctionner ce qui reste d'irri- »table et de sain dans la cellule altérée.

»3° L'existence de poisons morbides (ptomaïnes) parais- »sant démontrée, faciliter et activer les sécrétions, ou plutôt les excrétions par lesquelles sont éliminés ces principes »nuisibles. »

Jes indications sont remplies à l’aide:

1° De la diététique ; 2° Des agents médicamenteux ; 3° Des procédés de révulsion.

Diététique. — Lait. Thé de bœuf. Poudres de viande.

Agents médicamenteux. — Alcool. Opium. Ammoniaque. Éther. Noix vomique. Amers. Quinquinas.

. Procédés de révulsion. — Lotions froides. Enveloppement dans le drap mouillé, suivi defrictions énergiques. Ventouses sèches sur le thorax.

Entrant dans les différentes formes de l’adynamie traitées par la médication sthénique, M. le Professeur de thérapeutique de la Faculté de Paris combat:

rés) 0 GÉME-R

No

1° L'adynamie cardiaque. — À l'extérieur, par l'enveloppement dans le maillot humide, les sinapismes ; à l’intérieur, par la digitale, le citrate de caféine.

2 L’adynamie cérébrale. — À l'extérieur, par la révulsion hydrothérapique; à l’éntérieur, par le muse, l’opium, le bromure de potassium, le chloral et l’alcool.

Page 1