‹ Contribution à l'étude de l'arthritismeChapitre 23 sur 25 · CONCLUSION ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

CONCLUSION ET TRAITEMENT

Si on lit avec attention les douze observations qui précèdent, on ne peut s'empêcher de remarquer:

1° L'air de famille, qui relie entre elles les lésions cutanées et les troubles organiques;

2° L'influence de l’hérédité et des maladies ancestrales sur la production de l’érythème, de l’eczéma, de l’ecthyma, du pityriasis et de l’herpès dans le jeune âge, et de l’arthritisme dans l’âge mûr ; |

3° La prédominance de ces désordres vers un ou plusieurs organes. Telle famille, par exemple, se fera remarquer par des localisations cutanées et articulaires ; telle autre, par des

- lésions rénales, hépatiques et cérébrales.

Ainsi, chez la femme qui fait l’objet de l'observation XI, l’hérédité et les maladies ancestrales ne poursuivent-elles pas de leur germe meurtrier les générations suivantes ?

Le grand-père meurt d’hémorrhagie. La grand'mère succombe à l’adynamie. La mère meurt de méningite rhumatismale.

Des sept enfants issus de cette dernière:

Le premier succombe à la méningite;

Le deuxième, à l'infection paiulente ;

Le troisième, à une maladie inflammatoire;

LPO

Le quatrième, à une maladie infectieuse ;

Et des trois qui sont encore en vie:

Le premier est atteint de rhumatisme ;

Le deuxième, de diarrhée chronique ;

Le troisième, d'asthme.

À mon avis, ce sont autant de rejetons d'une même souche, qu’il est impossible de séparer en nosographie. Que cette souche soit désignée par certains auteurs sous le nom d'herpétisme, et par d'autres, sous celui d’arthritisme, je répondrai que ce dernier répond mieux à l’ensemble des désordres pathologiques que j'ai relatés ci-dessus, se rapportant au climat du Midi. Il est possible que le climat du Nord prédispose spécialement à l’herpétisme.

Uné autre considération qui doit frapper l’esprit de tout praticien essentiellement observateur, c'est-à-dire exempt de tout parti pris, c’est l’enchaînement manifeste des causes extrinsèques: mauvaises conditions hygiéniques, alimentation insuffisante, excès alcooliques, surmenage, chagrins de toute nature, causes complexes qui convergent vers un but unique: l’adynamie.

En quoi consiste la médication de l’adynamie ?

Mais d’abord, qu'est-ce qu’une médication ?

M. le Professeur Georges Hayem, dans ses «Leçons de thérapeutique» qu'il vient de faire paraître, la formule dans les termes suivants :

«La médication exprime non pas une action médicamen- »teuse, mais l’action exercée par le médecin, pour satisfaire »à une indication déterminée. Il est évident que c’est l’action »médicamenteuse qui est seule en cause, mais le caractère »de la médication est ici bien indiqué, c’est-à-dire l’adapta- »tion de cette action à un but particulier.

» J'ai cherché à préciser ce but, dit-il, en subordonnant la »notion de médication à celle d’élément morbide.

» Les anciens pensaient qu’il existe, dans la constitution

Page 1