‹ Contribution à l'étude de l'arthritismeChapitre 7 sur 25 · DR DE · texte numérisé non relu

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» Par conséquent, les réactions nerveuses, en troublant le »jeu des grands appareils, peuvent modifier la composition »des plasmas, et exercer indirectement une influence patho- » génique sur la nutrition des cellules.»

Dans le courant de juin 1881, M. le D’ Guibout, médecin de l'hôpital Saint-Louis, souleva la question de la diathèse herpétique et se rangea du côté des défenseurs de cette maladie.

«La diathèse herpétique a-t-elle, pour s'imposer, des ca- »ractères spéciaux ? Ses manifestations ont-elles une manière »d’être particulière ? A cela, nous pouvons répondre affirma- »tivement. Les lésions de la peau ou des muqueuses, de »nature herpétique, car l’herpétis peut envahir aussi les mu- »queuses, soit en même temps que la peau, soit séparément, les herpétides cutanées, donc, se font remarquer d’abord »par leur ténacité, — elles ne cèdent qu’à un traitement long- »temps soutenu,— puis par leur tendance à la généralisation. » Une affection purement locale reste limitée aux régions sou- » mises à la cause irritante ; maïs, si c’est une cause, un vice interne qui préside au développement de cette affection, valors presque toutes les régions du corps peuvent être »venvahies successivement ou simultanément. Notons encore »la symétrie, cette remarquable disposition dont je vous ai »montré de si beaux exemples ; l’hérédité et la transmissibilité »et enfin la douleur sous toutes ses formes, dont la plus fré- »quente est le prurit ou la démangeaison.

»Refuserez-vous maintenant le titre de diathèse à une affection quise montrera toujours avec ces mêmes caractères? » Ceux-ci sont tellement nets, tellement tranchés, que nous » pouvons donner une définition précise et complète de la dia- »thèse herpétique. Nous dirons: l’herpétis ou herpétisme est vune maladie générale affectant la constitution tout entière »caractérisée par les lésions, dont le siège le plus habituel

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»est la peau et les muqueuses, lésions remarquables par les »douleurs qu’elles occasionnent, par leur tendance à la géné- »ralisation, par leur longue durée, par la diversité des formes »sous lesquelles elles se présentent, lésions transmissibles » par hérédité, mais n'étant jamais inoculables ni contagieuses.

Un an plus tard, en mai 1883, M. Lancereaux définit l’herpétisme comme il suit:« Une maladie constitutionnelle à longues » périodes, essentiellement héréditaire, non contagieuse, ca- »ractérisée par des désordres dynamiques des trois grandes »fonctions nerveuses et des lésions trophiques des téguments, »des systèmes locomoteur etsanguin.»

M. Lancereaux étudie l’herpétisme dans son ensemble. Pour cela, il suppose un malade atteint d’herpétisme et le suit dans tout le cours de son existence. Enfant, il ne diffère pas sensiblement des autres; il n’a encore que des aptitudes morbides spéciales qui se révèleront à propos du plus léger accident. Un refroidissement, uneindigestion seront l’occasion d’affections spasmodiques diverses, accès de fanx croup, convulsions passagères, etc. Ce seront, un peu plus tard, les incontinences d’urines, de l'agitation durant le sommeil; puis, à l’époque de la puberté, des pertes séminales involontaires, une pâleur habituelle faisant place par instants à des congestions de la face; des épistaxis fréquentes et presque toujours un certain degré de chlorose ou de chloro-anémie; parfois des troubles dyspeptiques, sous l'influence de fatigues, de travail ou d’excès. Puis viennent, vers vingt ans, les accidents névralgiques, de deux ordres différents, suivant que le grand sympathique ou les nerfs sensitifs sont en cause (migraine, névralgie, viscéralgie) et ayant presque toujours le caractère intermittent.

Parallèlement se manifestent également, dès les premiers

temps de la vie, des éruptions diverses qui donnent à ces phénomènes morbides leur signification, et comme leur

RATES marque, ce sont: l’Urticaire, l’une des plus communes parmi ces éruptions, l’eczéma, le lichen, le psoriasis, coexistant presque toujours avec des désordres de la sensibilité, prurit, cuisson ou douleurs. Puis, plus tard, ce sont les angines, les varices, enfin, les hémorrhoïdes qui remplacent les épistaxis et les hémoptysies.

La physionomie générale qui, pendant la première jeunesse de l’herpétique, est peu distincte de celle des autres enfants, prend, à mesure qu’il avance dans la vie, des caractères plus accusés. [Il est ordinairement sec, nerveux, actif. Des signes de déchéance se manifestent presque aussitôt après l’achèvement de la croissance, tels que le pityriasis du cuir chevelu, qui amène promptement la calvitie.

Les lésions matérielles se montrent vers l’âge de 40 à 50 ans, alors que commence la période de déchéance organique. Lésions articulaires à marche lente et chronique, par exemple, des hyperostoses des extrémités osseuses au pourtour des surfaces articulaires par l’usure des cartilages, en un mot, l’ensemble généralement désigné sons le nom de rhumatisme chrouique, rhumatisme noueux, arthrite sèche, déformante, etc.

Les artères assez généralement affectées de battements dans le jeune âge, deviennent flexueuses, rigides, pendant leur élasticité et s’élargissent avec les années; d’où une hypertrophie cardiaque plus ou moins accentuée.

Pendant l’année 1884, on ne constate aucun travail particulier sur cette matière; mais en juillet 1885, M. le docteur Guibout, revenant sur ce qu’il a affirmé en juin 1881, proclame, encore une fois, l'existence de cette diathèse, aussi certaine, aussi indéniable que la diathèse syphilitique ou que la diathèse scrofuleuse.

M. le Docteur Guibout examine et décrit les caractères

pathognomoniques que présentent les lésions par lesquelles cette diathèse se manifeste sur notre tégument externe. Les principaux caractères de ces lésions sont les suivants:

1° La Ténacité. — Les lésions de l’herpétisme sont toujours longues dans leur durée, lentes dans leur évolution, parce qu’elles sont la révélation extérieure d’une cause interne générale et persistante; elles sont remarquables par la résistance qu’elles opposent au traitement le plus rationnel; un eczéma de cause externe ou locale guérit en huit jours; un eczéma de cause herpétique persiste pendant six, huit mois et quelquefois davantage.

20 La Récidivité. — Les lésions herpétiques, quand elles ont enfin disparu, reparaissent au bout d’un temps plus ou moins long et principalement au printemps; plus la diathèse est interne et ancienne, plus les récidives sont fréquentes ; un eczéma de cause locale, une fois guéri, ne reparaît pas; un eczéma de cause herpétique reparaît toujours.

3 La Douleur.— Contrairement aux lésions cutanées de la syphilis et de la scrofule, qui ne sont pas douloureuses même quand elles sont les plus graves et les plus profondes, les lésions de l’herpétisme sont toujours donloureuses. La douleur dont elles sont toujours le siège varie de modalité: tantôt c’est une cuisson, une sensation de chaleur, de brûlure et de tension comme dans l’eczéma à sa première et à sa deuxième période; tantôt ce sont des picotements comme dans le lichen; tantôt ce sont des démangeaisons, un prurit, comme dans l’eczéma à sa quatrième période.

4 La Généralisation. — A l'encontre des syphilides qui sont d'autant plus généralisées qu’elles sont plus précoces et

HR OPA qu’elles appartiennent à une syphilis de date plus récente, les herpétides se généralisent d’antant plus que la diathèse est plus ancienne. Et l’on peut apprécier l'ancienneté et la gravité de la diathèse herpétique à l'étendue de ses lésions et à leur plus ou moins grande diffusion sur la peau. La généralisation des herpétides présente donc un double caractère pathognomonique: elle est progressive et symétrique.

5° Les Métastases.— Ce qui prouve que les herpétides sont bien réellement des lésions diathésiques, c’est que leur disparition brusque, accidentelle est suivie de troubles fonctionnels, de lésions viscérales; il y a eu rétrocession d’un principe morbide qui, de la peau, s’est transporté aux organes profonds.

6° Les Crises salutaires. — Et, d'autre part, des troubles généraux des désordres organiques, réfractaires à tous les traitements, se terminant brusquement et d'eux-mêmes à l'apparition, sur la peau, de lésions présentant les caractères qui distinguent les herpétides.

T° L'unité, la fixité de lésion. — Tandis que la syphilis, aux différentes époques de son évolution, se révèle par des lésions différentes, l’herpétisme conserve toujours la même lésion, et cette lésion est toujours seule. Ainsi quand l’hérpétisme s’est manifesté par un psoriasis une première fois, ce sera toujours par un psoriasis et rien que par un psoriasis, qu’elle se manifestera de nouveau dans toutes ses efflorescences ultérieures.

8° L'intermittence et la continuité. — Les lésions de l’herpétisme sont d’abord intermittentes ; après une évolution toujours longue, elles disparaissent pour se reproduire après

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