INTRODUCTION
L’asphyxie est un état de mort apparente ou réelle consécutif à un obstacle survenu dans les échanges gazeux du poumon ou dans la ventilation pulmonaire. Suivant le mécanisme qui amène la mort, on distin-
gue plusieurs variétés d’asphyxie. On peut les grouper
d’une façon très simple en trois catégories : les’asphyxies traumatiques, toxiques et pathologiques.
Nous laisserons de côté cette dernière variété d’asphyxie pour nous occuper exclusivement des asphyxies traumatiques et toxiques qui entrent seules dans le domaine de l’expérimentation.
Le but de ce travail, entrepris sous l’inspiration de M. le Professeur Etienne MARTIN et poursuivi sous sa direction a été de rechercher quelles modifications pouvait présenter le sang des animaux asphyxiés au point de vue du nombre des éléments figurés et de la formule leucocytaire ; de déterminer le caractère de
AU
ces variations ; de tâcher d’en expliquer le mécanisme.
Nous n’avons pas la prétention de soulever une question inédite. Un certain nombre de nos expériences ont déjà été réalisées ; le sang des noyés, en particulier, a fait l’objet d’études complètes au Laboratoire de Médecine légale de Lyon. Cependant, nous croyons apporter un complément intéressant à ces études en donnant ici le résultat de numérations globulaires pratiquées aux différentes phases de l’asphyxie et en étudiant le mouvement leucocytaire après des asphyxies interrompues.
C’est le cobaye qui a constamment servi de sujet à nos expériences.
Dans ce court travail, nous donnerons d’abord un compte-rendu sommaire de nos principales expériences, portant sur la suffocation, la strangulation, l’asphyxie par le gaz d’éclairage et par le séjour dans un espace confiné. Nous en indiquerons les résultats en les comparant à ceux, tout différents, obtenus dans la submersion dans laquelle entre un phénomène tout particulier : labsoption de liquide avec la dilution du sang qu’elle entraîne.
Un autre chapitre sera consacré à interpréter ces résultats d’après les données connues de la physiologie de l’asphyxie.
Enfin, frappé de la constance et du caractère sensiblement analogue de ces deux faits; à savoir : la leucopénie passagère dans les crises anaphylactiques ou hémoclasiques et l’'hyperleucocytose également temporaire dans une asphyxtie ratée, nous essaierons de rap-