HISTORIQUE
I L'existence autour des acini mammaires d’une membrane amorphe d'apparence hyaline avait été notée dès les premières recherches histologiques.
En 1851, LAUGER distingue en parlant des acini de la glande chez une jeune fille pubère une couronne formée par une couche de tissu conjonctif, à apparence hyaline, qui se développe beaucoup et que des cellules fusiformes séparent du stroma. Il donna à cette couche le nom de « halo ».
Selon FÜRSTENBERG, KÔLLIKBER, FREY, les cellules épithéliales reposeraient directement sur la face interne de cette membrane, quand en 1868 on démontra lPexistence de cellules étoilées ou en panier entre l’épithélium et la membrane propre.
Ces cellules étaient pour les uns, des épaississements de la membrane faisant saillie à sa face interne, à la façon des nervures sur le limbe de la feuille; pour les autres, ces cellules étaient des éléments endothéliaux tapissant la face interne de la membrane propre.
En 1884, CoRrNiz et RANVIER écrivent : « De même que les plus petits canaux, ces petits culs-de-sac terminaux, qui sont piriformes ou sphériques, sont com-
posés d’une membrane propre, homogène revêtue à
2nPANT
sa face interne d’une couche incomplète de cellules endothéliales et d’une couche de cellules cubiques de 12 u de diamètre en moyenne ». Tel n’était pas l’avis de W. KRAUSE et V. EBNER.
En 1876, KRAUSE avait découvert des cellules en panier (KORBZELLEN) à la périphérie des acini glandulaires; ii les considéra comme des cellules épithéliales. D'abord, regardées comme constituant, la membrane propre, BoLL et d’autres crurent que ces cellules en panier n’étant que des épaississements en forme de côtes de la membrane propre. Les cellules en panier tapissent en réalité, la face interne de la membrane propre. Dès 1873, V. EBNER se rangea à cet avis.
En 1881, UNNA compara les cellules en panier à la couche de cellules musculaires lisses situées en dedans de la membrane propre des glandes sudoripares.
En 1894, LacRoIX arrive plus tard aux mêmes résultats : les celluies endothéliales qui doublent la membrane propre des culs-de-sac des glandes mammaires sont situées à la face interne de cette dernière et non en dehors d’elle. Ce seraient des éléments d’origine épithéliale et de nature contractile (cellule myo-épithéliale). En 1897, RENAUT admet que les paniers de BoLL ou cellules myo-épithéliales persistent dans la glande en lactation et assurent par leur contraction l’écoulement du lait. Dans la mamelle en lactation, la membrane propre est mince et
ne se traduit sur les coupes que par un trait. À sa
de se
To
face interne sont disposées les cellules épithéliales glandulaires, mais de distance en distance entre les pieds des cellules glandulaires, on voit un noyau engagé et faisant relief. C’est le noyau d’une cellule en panier de BoLz ».
Pour RENAUT, la membrane qui sépare l’épithélium du tissu conjonctif est formée d’une substance amorphe et vitrée, de là le nom de vitrée qu’il lui donne. Le carmin aluné la laisse incolore, le picrocarmin la teint en jaune orangé, l’hématoxyline en bleu de lin très pâle. Elle se plisse et s’enroule quand on l’a dégagée. Conservée dans la glycémie hémotoxylique, elle montre, au bout de quelques semaines des granulations résultant d’une altération vacuolaire de la substance homogène. C’est donc là une formation amorphe et vitrée.
En 1902, CREIGHTON admet l’existence de cellules fusiformes périphériques dans les conduits excréteurs, mais il ne pense pas que les acini possèdent une membrane propre.
Selon NAGEL, la glande mammaire au repos serait pourvue d’une membrane basale, sur laquelle repose une double rangée de cellules épithéliales, la rangée externe comprend des cellules aplaties, l’interne des cellules cylindriques.
En 1893, BENDA dit KLIWANSKY n’a pas vu autre chose que LANGHANS, malgré une technique plus perfectionnée pour lui. les cellules fusiformes de la glande mammaire seraient des fibres musculaires lisses, d’origine épithéliale. BENDA avait étudié la
re
glande mammaire à l’état embryonnaire, chez l'adulte, au repos et pendant la lactation.
Au 8° mois, les assises externes ont un contour peu net. À la fin de la vie fœtale : l’assise externe perd les caractères d’une couche germinative car les noyaux s’appauvrissent en chromatine.
Sur le fœtus de veau, les cellules des couches externe et interne se divisent par voie mitotique. Il en est de même dans l’espèce humaine : chez une jeune fille de 12 ans les noyaux de la couche épithéliale externe forment une série continue mais sont plus pauvres en chromatine que ceux de la couche interne.
La mamelle adulte et au repos se compose de conduits ramifiés et possédant un épithélium disposé en deux couches. BENDA par comparaison avec les glandes sudoripares attribue à la couche externe la nature de cellules musculaires.
En 1905, BrouHA, chez le fœtus humain a décrit une membrane propre autour des cylindres épithéliaux des branches de ramification des conduits excréteurs. L’assise externe chez le fœtus de 8 mois est formée de cellules plus ou moins régulièrement cubiques à corps protoplasmique très pâle, à noyau arrondi et peu chromophile; cette assise se distingue donc assez mal du tissu conjonctif voisin. Dans les mamelles adultes, de murin, de lapine, de chatte, au repos, on voit deux assises de cellules.
Pendant la grossesse la couche épithéliale externe s'accroît et recouvre les tubuli, seul signe manifeste