HISTORIQUE
Le nom d’astasie-abasie a été donné à cette maladie par Blocq (1) en 18388, inspiré peut-être dans ce néologisme par M. Girard, de l’Académie Française.
Mais bien avant lui différents auteurs avaient observé des cas analogues, et ce syndrome décrit par Blocq en 1888 avaitété vu en 1864 par le professeur Jaccoud (2), qui en parle comme d’une ataxie par défaut de coordination automatique. Selon la des: cription de cet auteur, le malade étant couché ou étant assis peut exécuter avec force et régularité tous les mouvements avec ses membres inférieurs, mais dès qu’il essaie de se lever et de marcher, les mouvements deviennent ataxiques,ainsi chaque fois que la plante du pied touche le plancher, on observe des contractions qui rompent l'équilibre et détruisent l'harmonie de l’acte de mouvement.
Le même symptôme morbide a été également
1. P. Blocq. « Sur une affection caractérisée par de l’asta- -sie-abasie ». Archives de Neurologie. Paris, 1888, n°43 et 44, p. 24 et 187.
2. Jaccoud. Paraplégies et ataxie de mouvement. Paris, 1864, p. 653.
observé et décrit par Lebreton (1) en 1868 dans sa thèse consacrée à la paralysie hystérique.
En décrivant l’état d’une malade Lebreton dit: «IL arrive souvent que la malade étant couchée peut imprimer des mouvements étendus à ses membres inférieurs, on croirait alors quil y a paresse ou simulation chez elle,mais sion tente de lui faire faire quelques pas, tout d’abord la progression quoique lente s'effectue assez bien, mais bientôt les jambes commençent à faiblir,elles plient sous le poids du corps, on dirait qu'à un moment donné l’influx nerveux dont on a fait provision est épuisé. »
Les études entreprises ultérieurement sur l’astasie-abasie proviennent pour la por de Charcot et de ses élèves.
Cependant ces études ne sont pas les seules et dès que Blocq eut autonomisé en quelque sorte le syndrome en le différénciant sous le nom d'astasie-abasie, qu’il lui donne, on voit paraître dans la littérature médicale toute une série d’études et de communications où cette dénomination est acceptée.
Ce sont en France les mémoires de Charcot (2) et de ses élèves, de Pitres (3), de Grasset (4).
1. Lebreton. Des différentes variétés de la paralysie hystérique. Thèse de Paris, 1868.
2. Charcot. Lecons du mardi à la Salpêtrière. Paris, 1890. — Journal de médecine de Paris, 1888.
3. Pitres. Lecons cliniques sur l'hystérie, 1891. 4. Grasset. Maladies de l'orientation et de l'équilibre,
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En Italie, les travaux de Miliotti et Serafino Romei (1) ;
En Angleterre ceux de Weir Mitchell (2), Hammond (3), Knapp (4);
En Allemagne, ceux d’Erlenneyer (5) et d’Henoch (6).
Mais dans plusieurs de ces ouvrages, comme dans celui de Weir Mitchell, qui l’appelle « ataxie motrice hystérique », on désigne ce syndrome sous un autre nom.
Depuis ces travaux, il a été donné à tous les auteurs de voir des cas d’astasie-abasie, d'importantes études ont été faites à ce sujet et de nombreuses observations publiées.
Mais toutes ces observations n’ont pas ressemblé à celles de Blocq et de Charcot; lorsqu'on étudie les faits publiés sous le nom d'astasic-abasie, on est frappé par leur caractère disparate, et en effet, comme nous le vecrons dans le cours de ce travail, comme nous l’avons déjà énoncé dans la définition, r’astasie-abasie n’est pas une entité morbide, mais un syndrome clinique variaile dans sa forme, son évo-
lution clinique, ses associations morbides et ses causes pathogéniques.
1. Serafino Romei. « Paraplegia infantile vel solo atto ambulaziore. » Gazetta degli ospitali, n° 96,p.605 della.
2. Weir Mitchell. Lect. of diseases of the nervous system espezall in women. Philadelphia, 1885.
3. Hammond. « Astasia and abasia vith the presentation of case.» Medical Record, 1891, 28 février.
4. Knapp. « Astasia-abasia. » The journal of nervous and mental, novembre 1897.
5. Erlenneyer. Uber statiche reflexkramp. Leipsich, 1885. & 6. Henoch. Vorlesangen über Kinder Krankheiten.