DESCRIPTION CLINIQUE
La description clinique de l’astasie-abasie s’est bien compliquée depuis Blocq, par suite des formes assez nombreuses qui en ont été décrites ; cependant la définition qu’en donne cet auteur reste toujours comme type.
- & Nous désignons ainsi, dit-il, un état morbide dans lequel l'impossibilité de la station verticale et . de la marche normale contraste avec l'intégrité de la sensibilité, de la force musculaire et de la coordination des autres mouvements des membres inférieurs » (P. Blocq.)
Cette maladie peut se développer chez des personnes de tout âge et de toute condition. Pitres nous donne dans ses leçons cliniques sur l’hystérie des observations d’astasie-abasie chez des enfants de huit à quatorze ans, les observations d'adultes sont très nombreuses, et dans ses leçons du mardi à la Salpêtrière, Charcot nous montre un astasique-aba- - sique de soixante-quinze ans.
Cette maladie débute en général à la suite d’une émotion morale ou d’un léger traumatisme. Elle s’établit d'emblée ou progressivement. Elle est essentiellement caractérisée par la perte des synergies
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musculaires qui assurent l'équilibre dans la station verticale et dans la marche.
La plupart du temps, on se trouve en présence de personnes fortes, bien constituées, bien musclées, ayant un facies excellent et un. très bon appétit et chez qui rien ne pourrait faire supposer que l’on se trouve en présence de malades.
Lorsqu’on observe ces sujets soit assis soit couchés, on ne constate aucun trouble dans la motilité de leurs membres inférieurs, la puissance dynamométrique est conservée, la conscience musculaire intacte, le réflexe rotulien normal, il ny a pas de clonus du pied et les malades exécutent avec force et précision tous les mouvements qu’on leur commande. Lorsqu'ils essaient de se lever et de marcher, l’impotence se manifeste : les jambes fléchissent sous eux, ils sont incapables de se tenir debout et à plus forte raison de progresser ou bien leurs membres inférieurs sont pris de tremblement ou bien encore leurs jambes exécutent des mouvements incoordonñés ressemblant à ceux des ataxiques, ou encore des sautillements.
Au fond la caractéristique commune à toutes les variétés d’astasie-abasie, c’est l'intégrité des actes musculaires dans le décubitus horizontal et l’impossibilité de leur appropriation à la conservation de l'équilibre et à la marche, dans la position verticale. Le reste est accessoire et sert seulement à constituer des variétés d’astasie-abasie.
Ajoutons que l’occlusion des yeux ne modifie en
rien les phénomènés astasiques-abasiques et que ces individus qui ne peuvent ni se tenir debout ni marcher, progressent à genoux, marchent à quatre pattes, grimpent aux arbres et peuvent nager sans difficulté.
Pour bien montrerles signes cliniquesde l’astasieabasie nous allons tout d’abord en étudier un des types les plus fréquents, il s’agit d'un cas d’astasieabasie paralytique survenant chez une pithiatique dont nous donnons l’observation, nous réservant d’en faire la discussion à l’étiologie et à la pathogénie.
Ce cas qui va nous servir de modèle a été observé cette année dans le service de M. le Professeur Dieulafoy, par un chef de clinique, M. Marcel Nathanet l’interne du service, M. Faroy.