SORTIE
les plus reculés, mais dans toutes les affections chroniques des voies respiraloires. Nous l’avons observée, pour notre part, dans les bronchites chroniques, dans les dilatations des bronches, dans l’emphysème ; enfin notre derpière observation porte sur un cas de kyste hydatique du
poumon que nous avons signalé à M. le professeur Hallopeau.
Les auteurs ont souvent insisté sur l'alternance possible de l’asthme avec certaines affections, telles que l'urticaire, la goutte. Rien n’est plus fréquent, dit Trousseau, que la mutation des affections herpétiques, rhumalismales, goutteuses ou hémorrhoïdaires en asthme. Après Truka, Musgrave, il faut donc dire que les différents désordres que nous venons de signaler peuvent remplacer l'asthme ou être remplacés par lui; ce sont là des expressions différentes d’une même diathèse, l’arthritisme ou herpétisme de MM. Bazin et Lancereaux.
Trousseau a rapporté l’observation d’un individu chez qui le flux hémorroïdaire, était à certain moment, remplacé par une attaque d’asthme.
On a dit que l'asthme était héréditaire. Effectivement en consultant les antécédents d’un asthmatique, on trouve souvent les mêmes phénomènes chez ses ascendants directs ou collatéraux. Ceci n’a rien que de très simple et se comprend bien si l’on rattache l'asthme à la diathèse arthritique, puisqu’on sait qu’en fait de vérité morbide, il n'y a guère que la transmission de manière d’être, de tempérament, de diathèse en un mot. L’asthme est donc héréditaire, non parce qu'on peut en être affecté à la
naissance, mais parce qu’on hérite de ses parents un orga-
Ho nisme susceptible de lout un ensemble de manifestations morbides qui forment un faisceau de maladies sœurs.
Causes déter minantes. — Elles peuvent être distinguées en causes extrinsèques et intrinsèques.
Les causes intrinsèques sont toutes les affections qui peuvent amener l'asthme par un mécanisme quelconque.
Il faut citer en première ligne les maladies des fosses nasales, hypertrophie muqueuse, polypes, tumeurs adé-— noïdes, les lésions bronchitiques, pulmonaires, ganglionnaires, les troubles ou maladies de l'intestin, de l’estomac. C'est là un groupe des asthmes réflexes où, bien cerlainement, ces causes n'ont qu’un rôle secondaire et ne sont que le coup de fouet chez un sujet en puissance d'asthme. Nous reviendrons d’ailleurs longuement sur ce point au chapitre de la pathogénie.
Les causes extrinsèques résident dans certaines conditions de climat, de pression barométrique, d'altitude, de température, de saison, d'état hygrométrique. L'influence des poussières et des arômes sur l’éclosion des accidents est un fait connu depuis longtemps. L'influence du climat est des plus curieuses comme on peut s’en convaincre en lisant les belles observations de Trousseau nous montrant des malades qui pouvaient à volonté se guérir ou reprendre leurs attaques, suivant qu'ils séjournaient dans telle ou telle ville.