HISTORIQUE
L'asthme a subi de singulières péripéties avant de s'installer dans la médecine scientifique. Autrefois il comprenait toutes les dyspnées, si bien que pour Gallien et Celse, l’asthme, la dyspnée et l’orthopnée ne formaient qu’un seul groupe morbide. Sydenham admettait trois espèces, Willis trois autres, Cullen encore trois. Nous avons déjà dit que Sauvages décrivait 18 variétés. Cette multiplication des divers genres d’asthme aurait continué à l'infini, si l’anatomie pathologique n’était intervenue pour scinder les dyspnées et les reléguer au rang de simples phénomènes produits par les maladies du poumon, du cœur et de l'aorte. La réaction prit alors une certaine gravité.
L’asthme subit son démembrement et, en 1891, Rostan qui observait les vieillards incurables l’anéantit au profit des lésions aortiques ; puis Laënnec rencontra chez quelques malades des accès nocturnes de dyspnée, et restitua à ces attaques le nom d'asthme essentiel ; c'était le petit asthme du soir qui domina longtemps dans l'esprit médical.
On exagéra trop cette idée et l'on en arriva, le type appelé régulier venant à dévier, à croire qu’il n'existait plus quand il était accompagné d’emphysème ou de bron-
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chite chronique, ce qui est un fait constant. On le désagrégea sous l'influence des travaux de Louis qui ramenait tout à l’emphysème et sous les idées de Beau qui, dans un remarquable travail sur l'asthme, attribuait la plus grande part aux catarrhes bronchiques.
Pour tous les travaux les plus récents qui ont été publiés sur la question, nous reportons à la bibliographie que nous avons faite aussi complète que possible. Les physiologistes ont beaucoup étudié le mécanisme dyspnéique et de nombreux mémoires ont été publiés pour appuyer la théorie mécanique. Le contenu des bronches dans l’asthme a élé décrit avec soin dans les travaux de Charcot, Leyden, Neumann, Curschmann et bien d’autres. Dans ces toutes dernières années la question des asthmes réflexes a été à l’ordre du jour et de nombreuses publications n’ont pas eu d’autre but que d'établir l’origine
nasale ou viscérale de la dyspnée asthmatique.
ÉTIOLOGIE
Il faut distinguer les causes de l’asthme en deux grands groupes, causes prédisposantes et causes déterminantes.
Causes prédisposantes. — Lorsqu'on suit un asthmalique dans son existence on peut se rendre compte très facilement que cette maladie n’est jamais la seule dont il ait à souffrir. Elle coïncide dans la majorité des cas, avec des troubles qui au premier abord pouvaient paraître exister accidentellement. Les grands cliniciens ont vite remarqué que ces affections doublant l'asthme sont presque toujours Jes mêmes ; aussi a-t-on admis sans conteste l'origine diathésique de cette maladie.
En effet, l'asthme se montre chez les arthritiques, et toutes les causes prédominantes ne pourront jamais agir que sur un sujet prédisposé, à tempérament spécial comme on dit vulgairement. Il s’en suivra qu’on le verra apparaître chez les individus qui dans leur jeunesse ont eu des migraines, de l'acné, des épistaxis, des troubles du système nerveux, varices, hémorroïdes, des poussées de rhumalisme chronique, de l’angine granuleuse, de la goutte, de la gravelle, du diabète, de l'athérome, des troubles trophiques des ongles. Nous nous permettrons à ce propos d'appeler l'attention sur la fréquence des ongles hypocratiques non-seulement dans la tuberculose pulmo-
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naire, où celte modification a été signalée depuis les temps