‹ Contribution À l'Étude de l'Éclairage des Salles d'OpérationChapitre 10 sur 13 · LA · texte numérisé non relu

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Description de l'installation

L'appareil d'éclairage constitué par des tubes à atmosphère gazeuse à décharge électrique fonctionnant en régime d’arc sur courant alternatif triphasé basse tension, est constitué par :

Deux tubes à vapeur de Mercure et un tube à Néon.

Ces tubes, d’un diamètre de so mm. et d’une longueur éclairante de 1 m. 80 sont placés au foyer du réflecteur parabolique dirigeant le flux de haut en bas. .

L'ensemble des tubes est placé au-dessus d’une verrière en verre dépoli formant le plafond de la salle d'opération qui sépare ainsi complètement la source de la salle.

La puissance totale absorbée est de 3 Kw.

Examinons de plus près les avantages de cette installation.

1° Eclairement intense du champ opératoire.

Voir tableau I

Les mesures effectuées ont donné un éclairement moyen de 750 lux sur toute la table d'opération, l’éclairement décrois-

sant ensuite de façon très faible pour être encore de 170 lux

dans l'angle le plus éloigné de la pièce dont les dimensions étaient de 5 m. x 5 m.

Si l’on compare avec un appareil spécial de projection, on note dans le champ opératoire un éclairement moyen de 500 lux sur un cercle d'environ o m. 80 de diamètre, l’éclairement décroissant ensuite rapidement pour tomber à 90 lux à o m. 8o de l’axe et 17 lux à 1 m. 80.

L'’éclairement général de la salle restant très élevé dans le procédé d'éclairage par tubes, il en résulte une réduction importante de la fatigue visuelle de l'opérateur.

En effet, avec l'éclairage général par tubes l’accommo-

dation reste toujours très faible.

28 Echauffement faible.

Les relevés effectués dans la salle d'opération éclairée par tubes basse tension ont donné une différence de 1 centigrade entre la table d'opération et le point de la pièce le plus éloigné, ce qui constitue un échauffement absolument négligeable et supprime ces points très chauds à la fois pénibles pour le chirurgien et fatiguants pour le malade.

3° Suppression de l’ombre portée.

La grande longueur des tubes crée une source de grandes dimensions et assure une parfaite diffusion de la lumière, diffusion encore accrue par la présence de verre dépoli, de

sorte que l’ombre portée est presque nulle, d'autant plus que

l'éclairage général étant très intense, les murs clairs renvoient eux aussi une proportion importante de lumière. En résumé, on obtient un éclairage comparable à l'éclairage naturel en lumière diffuse.

4° Absence d’éblouissement.

La source lumineuse constituée par les tubes a une très grande surface d'émission, et malgré la quantité importante de lumière émise, chaque élément de la source est peu brillant ; le verre dépoli qui masque les tubes et diffuse la lumière, étalant encore la source lumineuse réduit la brillance de sorte que l'œil n’est jamais soumis à une fatigue provoquée par l’éblouissement.

En outre, la source lumineuse se trouvant au plafond est en dehors du champ visuel ordinaire du chirurgien qui devrait

regarder verticalement en haut pour l’apercævoir. 5° Courants de convexion annulés.

La source est placée au-dessus du plafond vitre et seul l’air de l’enceinte où se trouvent les tubes s’échauffe ; la transmission de chaleur entre cette enceinte et la salle d'opérations se fait au travers du plafond en verre lequel est comme on le sait, très peu conducteur de la chaleur, de sorte que la transmission de chaleur par conduction est complètement imperceptible à l'observation du thermomètre enregistreur qui n’a

pu mettre en évidence qu'une différence de : 1° sur la table

dt y

d'opération en l’absence ou en présence de lumière artificielle.

Une partie de la chaleur est transmise toutefois par rayonnement; mais Ce rayonnement dans toutes les directions échauffe uniformément l’air de toute la salle comme les systèmes modernes de chauffage par plafond rayonnant, ainsi, il ne peut se produire de remous d’air et de brassage de poussières.

On se trouve ainsi en présence d’un système d'éclairage très hygiénique et parfaitement adapté à l'éclairage d’une salle de chirurgie.

6° Rendement lumineux très élevé.

Les tubes lumineux à gaz rares et à vapeur métallique constituent des sources à rendement très élevés.

Le rendement lumineux dans la colonne gazeuse d’un tube à vapeur de mercure est de 0,28 watt par bougie. Les recherches entreprises par le Laboratoire Paz et Silva ont permis d’obtenir pour les tubes à Néon de cette installation un rendement dans la colonne lumineuse de 0,37 watt par bougie.

Le rendement global de la source lumineuse réalisée, compte tenu du rapport des puissances des tubes à Néon et à Mercure, ainsi que de la perte dans l’appareillage, ressort à o,5 watt par bougie moyenne sphérique, alors que le rendement des lampes à incandescence de forte puissance (1.500 watts) ne dépasse par 0,725 watt par bougie moyenne sphérique.

En outre, alors que le rendement d’une lampe à incandescence diminue très fortement après quelques centaines d'heures de fonctionnement par suite du noircissement de la paroi (la lampe de 1.500 watts n’accuse plus que 1 W/B au bout de 1.000 heures) le rendement des tubes luminescents se maintient très sensiblement constant pendant plusieurs milliers d'heures.

7° Qualité de la lumière.

L'installation ne doit pas servir seulement à l'éclairage de nuit, elle doit encore permettre d'opérer de jour lorsque l'éclairage naturel est insuffisant et ce, en le complétant; or, il est connu que le mélange de la lumière du jour et de celle produite par les lampes à incandescence est assez désagréable du fait de la différense des colorations obtenues.

La lumière d’une lampe à incandescence présente une coloration jaunâtre idue à ce que l'émission de radiations bleues et violettes est très réduite. Au contraire, les tubes à Mercure constituant les groupes à basse tension ont un rayonnement important dans le bleu et le violet.

Le tableau II donne la position des raies des spectres du Néon et du Mercure ainsi que leurs intensités relatives. On voit que l'énergie est rayonnée dans toute l’étendue du spectre visible, les rayons ultra-violets produits par le Mercure étant arrêtés par le tube construit en verre Pyrex arrêtant les

radiations invisibles.

EN

Un règlage judicieux des intensités dans les tubes à Néon et à Mercure permet d'obtenir une lumière se rapprochant très sensiblement de la lumière du jour, à tel point qu’on peut opérer avec les deux sources combinées, lumière du jour et tubes, sans éprouver aucune gêne ni même saisir de différence sensible.

Pour avoir un aspect des objets se rapprochant encore plus de l’aspect naturel on adjoint aux tubes quelques lampes

à incandescence qui complètent les'radiations manquantes. 8° Sécurité de fonctionnement.

Les lampes à incandescence présentent le défaut de s’arrêter par rupture du filament de manière brutale, sans qu’aucun examen puisse révéler un défaut, ce qui peut être extrêmement gênant en cours d'opération.

Il est extrêmement rare de constater une extinction spontanée d’un tube à arc.

Par contre, on remarque qu’un tube, à mesure que la durée de fonctionnement augmente, présente une difficulté croissante d'allumage, qui peut aller jusqu’à l'impossibilité d'allumer. Ce phénomène est dû à la disparition progressive du gaz de remplissage, absorbée par les parois du tube et surtout par les électrodes. Il est donc possible de changer le tube au cours d’une vérification et avant son arrêt.

D'’ailleur la durée utile d’un tube dépasse couramment 3.000 heures.

Le 9 Décembre 1932, à 19 h.

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