SUBSTANCES GAZEUSES
Le Pro ee EE AE de la Caen houille + Carbure de calcium mélangé à l’eau ÉLECTRICITÉ :
Arc électrique
Acétylène
Lampes à filaments
De ces diverses substances, on utilise surtout actuellement, l'électricité; on emploie encore, mais de moins en moins, le gaz d'éclairage, et l’acétylène; certains systèmes de scialytique sont conçus pour pouvoir le cas échéant, utiliser ces deux gaz.
Quelques définitions.
Avant d'aborder l’étude proprement dite de l'éclairage, nous devons donner quelques définitions de termes ou de mesures qui reviendront souvent dans notre travail.
Ainsi, pour le violle, la bougie décimale et le lux.
« Actuellement, une entente internationale s’est établie : l'unité de pouvoir éclairant est le pouvoir éclairant d’une surface de platine de 1 cm* de superficie, à la température de solidification ; on le désigne sous le nom d’étalon Violle, du nom du physicien français, qui l’a étudié.
« On apprécie facilement l'égalité ou l'inégalité d’éclaire-
ment de deux surfaces surtout si elles ont la même couleur ;
dans le cas de l'inégalité, on juge aisément, aussi le sens de l'inégalité, mais, on ne peut faire directement de comparaison numérique, de mesure et il faut pour y arriver, employer des appareils spéciaux appelés mesureurs d’éclairement, tel que celui de MascarT. Les éclairements sont évalués numériquement à l’aide d'une unité spéciale à laquelle on a donné le nom de lux : c'est l’éclairement produit sur une surface, par une source lumineuse, d'un pouvoir éclairant égal à une bougie décimale (0,05 violle), placée à un mètre de la surface, la distance étant comptée sur la normale à celle-ci.
« Par définition pour une même distance, l’éclairement varie proportionnellement au pouvoir éclairant de la source lumineuse. On vérifie expérimentalement, d’autré part, que pour une même source lumineuse, l’éclairement varie en raison inverse du carré de la distance » (GARIEL).
Pour fixer les idées au sujet du « lux », nous croyons utile de donner quelques exemples. Ainsi, M. de NERVLLE, en 1800, avait fait des mesures à l'Opéra : à l’orchestre et au parterre, l’éclairement était de 10 à 13 lux; dans le foyer de 10 à 20, et, de 1 à s dans les corridors du premier étage.
Or, un éclairage actuel de salle d'opération donne sur le
champ opératoire, un éclairement de 1.000 lux. Comment envisager la discussion d'un éclairage.
En plus des qualités que nous avons vues être nécessai-
res à un bon éclairage, il y a, dans la question générale, deux points à considérer.
1° L’éclairement à obtenir;
2° Le foyer lumineux nécessaire pour obtenir cet éclairement et l’on étudiera :
a) Le choix de la nature de ces foyers;
b) La détermination du nombre et de la disposition des foyers.
La lumière naturelle
Utilisant la lumière solaire, pour une salle d'opération, comment allons-nous en tirer le meilleur parti possible et réaliser toutes les conditions d’un bon éclairage, comme nous les avons énumérées plus haut ?.…
ORIENTATION. — Allons-nous employer la lumière solaire d’une manière directe ? il est évident que ce mode d’éclairage serait des plus éblouissants, et fatiguerait considérablement le chirurgien. D'autre part, elle serait gênante et nuirait à la bonne marche de l’opération. Par conséquent, l’architecte d’une salle d'opération doit l’orienter d’une certaine manière :
« Il importe, à tout prix, d'éviter l’orientation vers l’Est, car, le soleil y donnerait le matin; pour la même raison, on évitera l'orientation vers l’Ouest car, là encore, le soleil pourrait devenir gênant après-midi. Restent les orientations Sud et Nord; on choisira celle qui est la mieux adaptée à la disposition des bâtiments » (CONSTANTINI et VERAIN).
J.-L. FAURE va plus loin, et déclare que la salle d’opéra-
tion « doit être, dans notre hémisphère, exposée en plein
Nord, pour éviter la lumière brutale du soleil, avec ses taches aveuglantes et les zones obscures de ses ombres crues ».
LES BAÏIES. — Pour utiliser cette lumière au maximum, il faut en recevoir le plus possible, d’où nécessité de larges baies vitrées. Il existe des salles d'opération qui sont de véritables verrières, avec souvent trois faces latérales et le plafond vitrés. Au sens de tous ceux qui ont étudié la question, c’est inutile, et peu agréable, par les jours d’été où cette salle est transformée en serre chaude, à l'atmosphère étouffante.
ConSTANTINI et VERAIN sont partisans d’une baie vitrée occupant un seul côté de la salle, le côté Nord évidemment.
Pour J.-L. FAURE, la salle d'opération « doit être vitrée sur sa face latérale et sur la moitié au moins de sa face supérieure, l'éclairage à la fois vertical et latéral étant absolument indispensable, surtout pour les interventions pelviennes en
position déclive ».
COULEUR DES MURS. — II doit se faire une bonne réflexion de la lumière sur les parois de la pièce, et c'est pour cela que la plupart des salles d'opérations ont des plafonds et des parois à teintes claires. Au début tout était blanc, et même certaines salles avaient des carreaux de mosaïque blanche. Actuellement, on tend, de plus en plus, à atténuer les teintes. CoNTANTINI conseille le gris, le gris-bleu, ou le gris-vert; pour notre part, nous avons constaté que la teinte crème était d’un
effet agréable.
Mais, écoutons R. LERICHE :
« Personnellement, j'ai essayé sur les murs de ma salle d'opération divers tons de bleus, et je me suis arrêté à un bleu clair, assourdi d’une pointe de vert, qui est d’une jolie tonalité apaisante. Les murs et le plafond tout est de ce bleu, très doux à l'œil. Quelques malades assez affinés pour êre sensibles à semblable chose, et capables de s’analyser, m'ont dit en avoir reçu, en entrant, une impression de calme réconfortant. Des opérés sous-anesthésie locale ou sous rachi, m'ont déclaré spontanément avoir trouvé dans la contemplation de ces murs bleus, une certaine impression de sérénité tranquilisante. On aurait tort de sourire. L'état d'esprit d’un malade qui va être opéré est d’une extrême sensibilité, et vibre douloureusement et craintivement pour un rien. Et, il y a grand avantage à ce que tout, autour des malades, quand ils sont étendus, contribue à les rassurer ». Il a fait aussi teindre en bleu les sarreaux et les champs, mais c'était, au début du moins, pour une autre raison; en effet, dit-il, « j'avais fait teindre mes champs en bleu pour que soit nettement différencié dans la salle d'opération ce qui était aseptique de ce qui
ne l'était pas ».
AVANTAGES DE LA LUMIÈRE NATURELLE. — De nombreux chirurgiens avaient, il y a quelques années abandonné complètement l'éclairage par la lumière naturelle, et n’utilisaient plus que la lumière artificielle.
En faveur de cette méthode, nous avons dit l’avantage
A pe
que peut avoir un opérateur à opérer des cas semblables dans des conditions d'éclairement semblables.
Actuellement, la méthode mixte prévaut, presque partout; laissons la parole à CONSTANTINI et VERAIN : « On ne voit pas pourquoi, on supprimerait l'éclairage solaire, tant il existe d’arguments pour le conserver. Ne permet-il pas aux aides de circuler aisément dans la salle d'opération ? Ne permet-il pas au chirurgien de vérifier d’un seul coup d’æil l’état même de la salle d'opération, la position des assistants, etc. Ce détail n’est pas sans intérêt lorsque, comme il arrive dans un service de clinique, nous recevons la visite d'étudiants de première année qui n’ont aucune notion de l’aseptie; et puis l’anesthésiste ne surveille-t-il pas plus facilement la coloration du visage de l’opéré à la lumière du jour ? Autre argument, de petite importance, certes, mais qui compte cependant, le chirurgien se sent plus à son aise parce qu’il est dans les conditions normales de la vie, lorsqu'il opère éclairé par la lumière du jour ».
Citons encore comme perfectionnement apporté à cet éclairage, mais qui n’a encore été réalisé dans aucune salle d'opération, le système dont l’idée appartient au Docteur Th. DE MARTEL, et qui consisterait à obtenir une lumière locale bien intense sur le champ opératoire, en utilisant un système de réflexion par miroirs (système réalisé dans un plan différent par Jacques ARTHUYS).
FHAQCES
INCONVÉNIENTS. — En plus des inconvénients signalés plus haut, nous devons mentionner :
1° Il ne peut être utilisé constamment ;
2° Il n’est pas suffisant dans des opérations portant sur des régions profondes.
La lumière artificielle
Nous ne nous occuperons que de la lumière électrique, celle fournie par le gaz d'éclairage et par l’acétylène étant pratiquement négligeable et actuellement presque complètement abandonnée.
Signalons comme inconvénient la combinaison toxique entre gaz d'éclairage et chloroforme.
Nous décrirons, tout d’abord, deux systèmes d'éclairage
électrique sur lesquels nous insisterons peu longuement. I. — Système à longue convergence.
Il consiste essentiellement en « lampes placées dans les angles de la salle avec grands faisceaux lumineux se croisant au niveau du champ opératoire ».
Pour notre part, nous ne voyons pas de grands avantages à ce système et même quelques inconvénients sérieux. Il est d’abord absolument indispensable d’avoir des sources lumineuses très puissantes, car le pouvoir éclairant du faisceau lumineux diminue avec la distance, en raison inverse du carré de la distance (voir Loi citée plus haut). Deuxièmement, il
peut arriver que les quatre faisceaux soient interceptés par
les aides et le chirurgien d’où ombres portées très gênantes.
Enfin, ces sources luminéuses placées loin peuvent être facilement dans l'axe du regard et l’éblouissement qui en résulte excessivement pénible.
Il. — Système Holophane.
L'appareil holophane proprement dit « utilise des lentilles prismatiques qui constituent un véritable plafond lumineux et on oriente les lampes placées au-dessus de façon à faire converger les faisceaux émis par les différentes plaques sur le champ opératoire. On place de plus aux extrémités de ce plafond, une lentille inclinée dont les faisceaux sont réglés de façon à venir également converger sur la table d'opération — l'appareil réalisé ainsi a une surface de plusieurs mètres carrés ».
Les avantages de cet appareil sont indéniables : grande surface d’éclairement, pas de source éblouissante, pas d'ombres portées, ne chauffe pas, le chirurgien en étant très éloigné.
Ce n’est cependant pas un système pratique pour le chirurgien ordinaire et seules des maisons de santé peuvent en posséder.
Le Scialytique
Ce système d'éclairage inventé par VERAIN, professeur à la Faculté des Sciences d'Alger, a enthousiasmé, il y a quelques années, le monde chirurgical. En effet, ce procédé nouveau comportait de tels avantages et un si grand perfectionne-
ment, qu'il ne pouvait en être autrement.
DESCRIPTION. — Pour cette partie, nous allons laisser la parole à son inventeur :
« La lampe du scialytique est placée au centre d’une optique de révolution à échelons, analogue à celles qui sont utilisées dans les phares à feux fixes; cette optique capte, environ, oo pour cent du flux lumineux total émis par la lampe et le transforme en une nappe horizontale rayonnante (dans l'hypothèse d’un champ opératoire lui-même horizontal). Cette disposition, très avantageuse au point de vue de la récupération de la lumière, permet de l’écarter notablement de l’axe de l’appareil, jusqu’à ce qu’elle rencontre une couronne de miroirs plans tangents à une surface conique qui réfléchissent chacun une partie du flux lumineux. Les divers faisceaux ainsi obtenus vont passer dans un petit volume présentant la forme de deux troncs de cône accolés par la hase et ayant au
total 30 cm. de diamètre et de 30 à 40 cm. de hauteur; c'est dans cette région de l’espace situé à environ un mètre de la lampe que l'effet scialytique est atteint.
Un point est éclairé simultanément par 5c sources virtuelles, image chacune de la lampe dans l’optique et d’un des so miroirs plans. Ces sources virtuelles sont disposées en couronne d'environ deux mètres de diamètre et au-dessus de l’appareil. On comprend facilement que si la têtz ou la main d’un opérateur, un instrument quelconque, interceptent quelques-uns de ces faisceaux élémentaires, l’éclairage est assuré par les autres, et la diminution d’éclairement qui en résulte n’est pas perceptible à l’œil.
L’optique étant une pièce de précision, taillée avec tout le soin voulu pour utiliser dans les meilleures conditions, une source ponctuelle, les résultats obtenus seront d'autant meilleurs que la source sera de plus petites dimensions.
En traçant le chemin parcouru par la lumière produite par le scialytique, on peut se rendre compte que, à aucun moment, le chirurgien, au cours des mouvements qu'il exécute pour son travail, ne peut voir la source soit directement soit par réflexion ou réfraction, et ainsi son œil se trouve protégé de la façon la plus sévère contre l’éblouissement qui lui ferait perdre momentanément son acuité visuelle. Il lui faudrait pour le voir, placer son œil précisément sous le champ opératoire, et c'est une manœuvre qu'il n’est pas ex-
posé à faire. Il ne voit pas la source même lorsque, après s’é-
tre courbé un temps plus ou moins long sur son travail, il se redresse et peut être tenté de regarder vers le haut dans un mouvement de délassement ».
« Un système de contrepoids permet de mettre la lampe à la hauteur voulue, et de l’incliner en tous sens jusqu’à 45° environ, pour que la lumière se projette normalement sur Îles malades en position déclive ou disposés pour les opérations périnéales ».
AVANTAGES. — Comme on vient de nous le dire, c’est un éclairage très commode, facilement maniable et non éblouissant.
Il est de plus, très puissant et est d’un grand secours dans les opérations portant sur des régions difficiles ou mal accessibles.
Pas d’ombres portées.
Plage lumineuse suffisante.
INCONVÉNIENTS. — Ils ont été énoncés par le Professeur ARTÉNIO ZENO, professeur de clinique chirurgicale à Rosario de Santa Fé; nous devons le citer :
« L'expérience m'a démontré qu’à côté de ses nombreux avantages, la lampe scialytique offre des inconvénients dignes d'attirer l’attention des confrères.
Le premier, c'est la chaleur dégagée par la lampe. Cela n’a aucune importance durant l'hiver, mais pendant l'été rien n’est plus désagréable pour le chirurgien que de travailler
CRE VHS
ayant tout près de lui cette lampe qui exagère la chaleur de la salle en la concentrant.
Un autre inconvénient est dû à la technique opératoire, suivie non seulement en France, mais aussi dans les pays d'éducation française où le chirurgien prépare, choisit et emploie son matériel personnellement au fur et à mesure de ses besoins. Or, en passant de la vive lumière scialytique au côté plus sombre de la table d'instruments, ce qui se répète avec une très grande fréquence, le chirurgien est soumis à des changements brusques d’accommodation qui, à la longue, fatiguent la vue.
Un troisième inconvénient tient à l’éclat des instruments chirurgicaux. Jusqu’à présent, en effet, tous les fabricants ont présenté leurs instruments polis; brillants bien nickelés. Mais les instruments très brillants réflètent la lumière de la lampe, et l’exagèrent. Si cela n’a pas d'importance pour de petits instruments, c’est tout à fait différent avec les grands : les valves, les écarteurs. Le chirurgien habitué à travailler à la lumière scialytique en est très souvent gêné surtout dans les dissections délicates et longues ».
Nous estimons qu'il existe encore un quatrième inconvénient d'ordre pratique, c’est la difficulté de nettoyer complètement un tel appareil et l'accumulation de poussières qui en résulte. Et, lorsque l’on oriente l'appareil, ce qui se produit avant, mais souvent pendant l'opération, on répand des poussières dans la salle d'opération. Ce défaut, à notré avis
est très important, et il nous semble qu’on n’y a pas suffisamment insisté jusqu'ici.
Colonnes d'air chaud. Colonnes de poussières.
Toutes ces défectuosités ont amené le Docteur Marcel
SÉNÉCHAL à se préoccuper d'un autre système d'éclairage que nous allons maintenant étudier.
Eclairage de la salle d'opération suivant les procédés Claude Lumière adaptés par le D' Sénéchal
Résumons une fois encore pour dire qu’un éclairage idéal des salles d'opération doit présenter les caractères suivants : 1° Eclairement très intense du champ opératoire ;
2° Echauffement très faible dans le champ opératoire ;
3° Suppression de l’ombre portée par les mains du chirurgien ;
4° Suppression de l’éblouissement dû à la source lumineuse ;
5° Réduction dans la plus grande proportion possible des courants d’air chauds consécutifs à la convexion provoquée par la source lumineuse ;
6° Suppression de toute partie saillante et orientable pendant au-dessus de la table d'opération ;
7° Rendement élevé de la source;
8° Qualité de la lumière ;
9° Sécurité de fonctionnement.
L'éclairage basse tension réalisée dans une des salles d'opérations de Nanterre présente à notre avis une très nette amélioration comparée aux autres systèmes actuellement em-
ployés sur chacun des points ci-dessus.