A MON AMI LOUIS FAVAREL IN MEMORIAM
Je dédie cette thèse
Avant-Propos
— Que portez-vous si haut Egales radieuses ?
— Au désir sans défaut Nos grâces studieuses !
(P. VALÉRY — Charmes Cantique des Colonnes)
IL est coutumier de dire que depuis le début de ce siècle la chirurgie a fait des progrès considérables, admirables, et, ce n’est que vérité; on la compare à l’art médical qui n'aurait fait que des pas médiocres, ce qui est injuste, et seuls des esprits non avertis peuvent en juger ainsi.
Les circonstances, des réalités tangibles, des succès étonnants faisant figure de miracles, onf mis le chirurgien sur un plan différent de celui du médecin, dans l'esprit populaire; d'autre part, on a créé, un peu trop à la légère, des barrières, entre la médecine et la chirurgie, et on veut même en établir d’officielles et, cependant, ces deux sciences sont étroitement liées, à telle enseigne que l’on ne conçoit pas l’une sans l’autre.
C’est contre cela que nous avons voulu nous élever ici pour affirmer que la Médecine est une et que l’on ne saurait
la morceler sans l'amoindrir. il n’y a pas de spécialités, il n'y a que des spécialistes.
Ainsi l’on ne «S’étonnera pas que nous, futur médecin, consacrions notre thèse inaugurale, à un sujet tout spécial d'organisation chirurgicale. Nous avons désiré cela pour prouver que rien de ce qui touche à l’art de guérir ne doit et ne peut, nous laisser indifférent.
Nos pères possédaient une culture très étendue aussi bien médicale que chirurgicale, et, ils ont porté très haut la gloire de notre profession.
Nous désirerions suivre leur exemple dans la mesure de nos moyens.
Introduction
Dans un acte aussi grave, aussi essentiel que l’acte opératoire; rien de ce qu’il comporte ne peut être appelé un détail, et tout doit y être soigneusement étudié.
Le grand chirurgien qu’est le Docteur DE MARTEL, s’est astreint à perfectionner la salle d'opération, et, dans la clinique de la rue Vercingétorix tout est le résultat de l'expérience et de la patiente recherche, depuis le petit masque des spectateurs, jusqu'aux moteurs électriques dissimulés dans l'étage supérieur à celui de la salle d'opération.
Notre Maître, le Docteur Marcel SÉNÉCHAL, dans son service de la Maison Départementale de Nanterre, a l’habitude de discuter de toute l’organisation chirurgicale avec ses internes, et ses assistants, et, c’est d’un enseignement précieux pour de futurs chirurgiens, à qui cela évitera, plus tard, de longs tâtonnements. C’est à lui que nous devons l’idée de ce travail, à lui qui, dans le sujet que nous avons entrepris de traiter, a apporté une si puissante innovation ; il a créé, en effet, dans son service la première salle d'opération éclairée au néon par tubes basse tension, et nous ne pensons pas que, tant en France qu’à l'étranger, on ait encore réalisé ce mode
d'éclairage pour une salle d'opération,
Nous l’étudierons, d’ailleurs, dans un chapitre tout spécial.
L’éclairage d’une salle d'opération a une importance énorme ; pour bien opérer, il faut bien voir et, lorsqu'on exécute des opérations délicates, dans des régions profondes, la vision doit y être parfaite.
Cet éclairage spécial doit répondre à un certain nombre de buts et, c’est pour cela que tous les éclairages ne se valent pas, et que nous devons faire une étude critique de chacun.
Division
Pour la commodité et la compréhension de cette étude, nous la diviserons de la manière suivante :
À) Les quatre conditions d’un bon éclairage;
B) Aperçu historique et quelques généralités ;
C) Eclairage utilisant la lumière naturelle;
D) Eclairage utilisant la lumière artificielle.
Nous ne nous occuperons que de la lumière électrique :
1° Système à longue convergence ;
2° Système Holophane ;
3° Lampe asciatique ;
4° Système du Docteur Marcel Sénéchal.
E) Conclusions.
Les quatre conditions d'un bon éclairage
Pour réaliser son but, un éclairage doit posséder un certain nombre de qualités, que nous allons voir être au nombre
de quatre :