‹ Contribution À l'Étude de l'Éclairage des Salles d'OpérationChapitre 8 sur 13 · AE · texte numérisé non relu

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organe si remarquablement organisé qu’il s'adapte, sans effort apparent, à des circonstances très différentes; mais, l'effort de l’organe visuel soutient si aisément, retentit incontestablement sur nos reflexes et sur notre capacité d'attention. » Lorsque Constantini et Verain écrivirent cela, ils avaient en vue plusieurs inconvénients de l'éclairage : l’éblouissement provoqué par la lumière réfléchie sur des carreaux de mosaique blanche, ou sur des murs d’une blancheur éclatante, et, aussi sur les champs opératoires blancs; en plus, certains rayonnements produits par des réflecteurs qu’en termes techniques on appelle des « rayons caustiques », et dont on peut donner une idée par les rayons réfléchis sur une carafe d'eau interposée entre l’œil et une source lumineuse. Le scialytique inventé par VERAIN ne comporte pas ce dernier inconvénient. Nous verrons, plus loin, comment on remédie aux premiers par l'emploi de tonalités diverses.

b) Un éclairage ne doit pas trop chauffer.

Une salle d'opération a, en général, une température fixe, ou devrait l'avoir. Pendant l'hiver, il est relativement facile d'obtenir une température uniforme, et, en général, s’il se produit un excès de chaleur, il n’est pas très important, et, de ce fait négligeable, mais, en été, — la plupart des salles d'opérations étant munies de larges baies vitrées sur une ou plusieurs de leurs faces — le soleil augmente rapidement la

température et, si l’on a à se servir d’un éclairage supplé-

mentaire ; il est de nécessité qu’il ne chauffe pas, et n’incommode pas le chirurgien; ce serait pour ce dernier une fatigue inutile. Il suffit d'avoir opéré parfois avec une source continue de chaleur au-dessus de la tête pour affirmer que c'est

une circonstance très pénible.

c) L'éclairage ne devrait pas posséder de rayons pathogènes.

On n'est pas très fixé sur le rôle pathogène de telle ou telle radiation lumineuse; voici par exemple, l’opinion de GARIEL sur cette question, et, l’on verra son incertitude :

« De toutes les observations et expériences, on peut conclure que, si d’une manière générale, les radiations agissent sur les êtres vivants, et sur l’homme, les effets observés autres que les sensations calorifiques et les sensations lumineuses proprement dites, sont dues surtout, à l’action des rayons ultra-violets. Il semble donc naturel de conclure que c’est à celles-ci que sont dûs aussi les troubles oculaires divers qui se manifestent par l’action de sources très intenses ou par l’action prolongée de sources de moindre intensité ».

Mais voici, ce qu’écrit le même auteur, un peu plus loin :

« D'autre part, on sait que le verre ordinaire arrête en grande partie, les radiations très réfrangibles : or, on a observé des accidents par des arcs électriques entourés d’une

<loche de verre; ils ne peuvent donc être attribués aux ra-

diations des ultra-violets, et, on doit leur reconnaître pour cause la trop grande intensité des radiations lumineuses ».

Dans ces conditions, il est difficile de conclure ou de prendre parti, et, pour le sujet qui nous intéresse, il faut attendre des études complémentaires pour prendre des mesures efficaces contre les affections oculaires dûes à l'éclairage et qui ne sont hélas que trop réelles.

d) Enfin, pour ne pas être fatiguant l'éclairage doit être uniforme.

« Il est d’autres conditions qui, sans occasionner de lésions ni de troubles, à proprement parler, sont une cause de fatigue, et, parmi celles-là, nous croyons ne pas rencontrer d'opposition en signalant l'influence des variations b'usques de l’éclairement se reproduisant avec quelque fréquence. Il est possible que cette fatigue soit la conséquence des modifications qui se produisent dans l'iris pour mettre à chaque variation le diamètre de la pupille en rapport avec la quantité de lumière qui arrive à l’œil.

Il est vraisemblable que la fatigue éprouvée par la rétine ne dépend pas seulement de la quantité absolue de lumière, | qu’elle reçoit, mais qu’elle est liée aussi au mode de répartition, et, en particulier, si elle n’est pas uniforme, à la quantité de lumière reçue par chaque élément rétinien.

On comprend que, à ce point de vue, il y ait intérêt pour

un éclairement donné, à obtenir à utiliser, des sources lumi-

neuses dont les dimensions ne soient pas trop restreintes puisque pour un pouvoir éclairant total déterminé, le pouvoir éclairant spécifique varie en raison inverse de la distance. es

Le moyen d’obvier à cet inconvénient consiste à ne pas utiliser directement les radiations émises par la source même, mais les radiations diffusées par des surfaces convenablement choisies et éclairées directement par la source lumineuse » (GARIEL).

Il n’y a rien à ajouter à ces quelques lignes qui contiennent les principes essentiels du sujet qui nous occupe.

Après avoir énuméré les divers principes d’un bon éclairage de salle d'opération, nous pouvons maintenant, munis de cette pierre de touche, procéder à l’étude critique des diverses sortes d'éclairage employé actuellement.

Un aperçu historique et quelques généralités

Les substances éclairantes.

« Il n’est pas douteux que le jour où le premier foyer a été allumé, sa puissance éclairante a dû être utilisée, en même temps que son pouvoir calorifique ». Il ne nous appartient pas, et il ne rentre pas dans le cadre de notre travail, de faire un historique général de l’éclairage.

Nous allons seulement, en un tableau synoptique énumérer les divers produits utilisés à l’éclairage et voir ceux qui ont été conservés pour le but qui nous intéresse.

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