‹ Contribution à l'étude de l'éclampsie puerperaleChapitre 13 sur 22 · ANNEE · texte numérisé non relu

ANNEE

à six cas en question. Les registres de décès sont muets tout autant que les registres de la clinique; et il faudrait admeitre que cette année-là l’éclampsie eût été tout particulièrement bénigne puisqu’une seule femme sur cinq. n'aurait pas succombé. Notre moyenne se rapproche la plus de celle de Cazeaux, Me Lachapelle, Merrimann, Jaccoud, qui portent 1 pour 200. Les accoucheurs anglais beaucoup plus favorisés n’en accusent qu’un sur 425, ce qui paraît un peu exagéré. En prenant un juste milieu nous aurions 1 pour 340, c'est ce dernier chiffre que MM. Tarnier et Budin donnent dans leur ouvrage, cependant nous sommes forcés d’avouer qu’il est pour nous au-dessous de la vérité et pour nous en tenir à nos propres recherches nous dirons :

1 pour 168 ou 0,60 pour 100,

Il nous à paru intéressant de comparer la proportion du nombre des cas d'éclampsie observés dans des périodes moins longues que celles qui représentent les limites extrêmes de notre stalistique, car elles marquent des étapes différentes au point de vue des moyens employés pour combattre la maladie.

Accouch. Eclampsie.

= Ph

Moy. des 5 premières années — 98 pour 3.027 — 0,92 pour 100 de 1876 à 1881 — 36 pour 3.327 — 1 pour 100

— 1881 à 1886 — 42 pour 4.261 — 1 pour 100 — 1886 à 1891 — 93 pour 5.610 — 0,40 pour 100 . À pour 250

Il est facile de voir combien les résultats varient avec les diverses époques, ce qui rend suffisamment compte de la grande divergence qui existe entre les stalistiques, bien que celles-ci restent absolument exactes et de bonne foi. Dans notre chapitre du traitement, nous avons étudié les moyennes d’après les époques correspondant à des indications nouvelles et nous verrons combien elles sont plus favorables depuis 1888 où M. le professeur Tarnier a pris la direction de la Clinique. Il ressort cependant très nettement de celles que nous venons d'établir que la fréquence des cas d’éclampsie n’a rien de fixe et d'absolu.

Nombre des accès. — Rien n'est variable comme le nombre des accès. Plusieurs auteurs en ônt cité 100 et même davantage, il n’est pas rare en effet que la femme qui est en état de mal éclamptique reste plongée dans un coma profond interrompu par d’interminables séries d’accès subintrants tellement nombreux et dans un si court espace qu'il est quelquefois difficile d’en tenir un nombre exact. Mais il n’en est pas toujours ainsi et on peut même dire que ces faits constituent l’exception. Les accès avec leurs stades particuliers et que nous. n’avons pas à décrire se suivent dans un ordre plus ou moins régulier,

se répètent plus ou moins souvent, mais je crois que Ja

Die règle est qu'après une période de coma variant avec le sujet, la patiente revient assez complètement à elle en dehors des convulsions. Nous rappelons en effet que laccès se compose de trois temps parfaitement distincts indépendamment des prodromes d’ailleurs, sur lesquels nous nous proposons de revenir, la constance avec laquelle ils ont été signalés dans chacune des observations que nous avons relevées nous permettant de leur consacrer un chapitre spécial. Les auteurs désignent généralement la première période sous le nom d’invasion. La scène débute par la face qui devient contracturée et grimaçante, les paupières sont animées de clignotements rapides tandis que l'œil entraîné par la contraction de ses muscles moteurs roule dans l'orbite cédant à des prédominances successives jusqu’à ce qu'enfin il reste fixé en un point, le plus souvent à gauche et en haut la pupille dilatée insensible à la lumière est cachée sous la paupière supérieure. |

À cetle expression d'angoisse faciale effrayante et tragique succède la période de lonisme pendant laquelle la vie semble éteinte et il n’est pas rare de voir le souffle s'arrêter à jamais sous l'influence de cette auto-constriction par tétanisation des muscles respiratoires. On devine combien ce spasme général malgré sa courte durée relalive puisqu'il ne dépasse pas une minute, est terriblement long pour les assistants qui voient ainsi la malade enlevée par une suflocalion, une strangulalion progressive et inéluctable.

Vient ensuite le, clonisme où par une singulière opposi-

tion des faits les membres tout à l'heure roidis et tendus

El

par la contracture musculaire sont agités de mouvements violents et désordonnés pendant que la face couverte d'écume sanglante reprend son expression du début ajoutant à ce tableau la terrifiante image des plus pénibles grimaces. je

Enfin, épuisée par ces crises accablantes, la malade retombe inerte et sans résistance dans un coma plus ou moins profond selon la gravité des convulsions passées et revient peu à peu à elle inconsciente des faits qui viennent de se passer, insouciante et étrangère aux choses qui l'entourent, trop heureuse quand un accès nouveau n'apporte pas un nouvel appoint à cet état déjà si grave.

Nous disions, que rien n’est variable, comme le nombre des accès ; il nous a paru utile de les relever par séries de cinq pour voir ensuite quel est le plus fréquent :

L 1 à 5 —- 30 fois

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S il manque quelques intermédiaires c'est que nous n’avons pas relevé de cas leur appartenant. Nous voyons très clairement que de 1 à 20 les chiffres qui représentent les séries successives ont tant de rapport entr’eux 30, 23, 12, 22 qu’on peut établir une jusle moyenne entre ces deux termes extrêmes et nous croyons être dans la

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vérité sans avoir d'ailleurs la prétention de formuler ainsi une loi inconnue que le nombre le plus fréquent est entre 5 et 20. Les auteurs qui se sont occupés de statistiques sont d’ailleurs aussi de cet avis et nous sommes heureux de voir que nos recherches concordent. si justement avec les faits établis. Une nouvelle stalistique n’a pas pour but d’infirmer celles qui déjà ont paru, au contraire il serait désirable qu'’arrivant toutes à des résultats identiques elles se justifient en consacrant ainsi une vérité depuis longtemps connue. Il est à remarquer d’ailleurs que les faits restent identiques au milieu des interprétalions diverses, la clinique est un axe autour duquel gravitent les théories, qui parfois l’éclairent ét trop souvent la dénaturent.

Nous nous sommes demandé si la gravité était en raison directe du nombre des accès convulsifs, et voici à quoi nous ont mené nos recherches.

Nombre des accès Femmes mortes Enfants morts

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