INTRODUCTION
Le bismuth, dernier venu dans la thérapeutique antisyphilitique, rivalise maintenant avec le mercure et les arsénobenzols.
Les préparations bismuthiques injectables, pour remplir leur fonction tréponémicide, doivent diffuser dans l’économie et imprégner tous les tissus.
Mais le bismuth étant doué de propriétés fortement toxiques, il faut éviter une accumulation de ce métal dans les organes, et s’assurer de son élimination.
L'étude de l'élimination urinaire, la plus facile à réaliser en clinique, rend compte, qualitativement, de la circulation du bismuth dans l'organisme, permet de déterminer le temps mis par le métal pour parvenir du point de l'injection au rein, c’est-à-dire pour diffuser dans l’économie ; elle est l’élément le plus commode d'appréciation | de la durée d'action du composé bismuthique employé. Quantitative, cette étude permet de suivre le rythme de l'élimination, elle guide le praticien dans le choix du produit à utiliser, suivant qu'il désire une action lente ou brutale du médicament.
Lorsque nous avons pensé apporter notre modeste contribution à l’étude de l'élimination urinaire des sels injec-
tables de bismuth, nous avons été frappés dès l’abord de la difficulté qu'il y avait à effectuer des déterminations quantitatives de minimes quantités de bismuth, les méthodes classique étant insuffisamment sensibles ou d’une mise en œuvre trop délicate.
Un procédé colorimétrique nous a paru devoir remplir les meilleures conditions. Nous avons mis au point une technique basée sur la précipitation du bismuth à l’état d’iodobismuthate de quinine, que nous avons réussi à utiliser d'une façon quantitative. On peut doser ainsi des quantités de bismuth de l’ordre du dixième de milligramme. |
Nous avons cru intéressant d'appliquer ce procédé à l'étude comparée de l'élimination urinaire du même sel soluble de bismuth injecté d’une part dans le muscle, d’autre part dans la veine.
Notre travail se divise en trois parties : Dans la première partie, nous faisons l'historique du bismuth injectable dans la thérapeutique ; nous étudions le devenir dans l'organisme et la toxicité de ce métal.
Dans la deuxième partie, nous indiquons les méthodes les plus récemment proposées pour la détermination elinique qualitative et quantitative du bismuth ; nous exposons ensuite notre procédé personnel de dosage.
Dans la troisième partie, nous rendons compte de nos observations cliniques.