‹ Contribution à l'Étude de l'Élimination Urinaire des Sels Injectables de BismuthChapitre 6 sur 35 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Le Bismuth injectable dans la Thérapeutique Pharmacodynamie et Toxicologie

Historique

L'idée première de l'emploi des sels de bismuth en injections, dans la thérapeutique antisyphilitique, semble devoir être attribuée à Balzer (3). Celui-ci, en 1889, expérimenta, in anima vili, le citrate de bismuth et d’ammoniaque. Dans une communication à la Société de Biologie, le 27 juillet 1889, Balzer écrit : « Ces expériences ont élé instituées dans le but d'étudier les effets locaux et généraux des préparations solubles et insolubles de bismuth avant de les employer dans le traitement intense de certaines maladies, et notamment de la syphilis… des tentatives de thérapeutique chez l’homme ne pourront être faites qu'avec une extrême prudence et avec des interruptions fréquentes ; il sera nécessaire de suivre l’élimination du médicament, au moins par les urines.» Mal-

Pr

heusement, le citrate de bismuth ammoniacal employé par Balzer s’est révélé extrêmement douloureux en injections, et de plus, très toxique, ce qui fit renoncer à son utilisation.

La véritable introduction dans la thérapeutique des sels et préparations injectables de bismuth remonte à la découverte des propriétés tréponémicides de ce métal. En 1914, Sauton et Robert (44) étudièrent l’action bactéricide du bismuth sur le bacille tuberculeux et le spirocheta gallinarum, agent de la spirillose des poules. En 1921, MM. Sazerac et Levaditi (45) reprenant ces travaux, interrompus par la guerre, présentèrent à l’Académie des Sciences une note intitulée : Action du biSmuth sur la syphilis el Sur la lrypanosomiase du Nagana. Peu de temps après, ils donnèrent leurs premiers résultats obtenus dans la thérapeutique antisyphilitique humaine avee le tartrobismuthate de potassium et de sodium.

Quelques mois plus tard, MM. Fournier et Guénot (21), dans des comptes rendus à l’Académie des Sciences et à. la Société française de Dermatologie, purent présenter 110 observations de syphilitiques traités par le bismuth.

Depuis lors, les préparations bismuthiques ont pris place dans larsenal antisyphilitique, et leur emploi est entré dans la pratique courante.

Dans un récent article du Lyon Médical (34), M. B. Lyonnet a relevé les noms de 47 spécialités à base de bismuth injectable. |

Celles-ci comprennent des sels solubles et insolubles, . minéraux (oxychlorure de Bi, iodures doubles de Bi), et organiques (émétiques de Bi, cacodylaite, oléate, palmitate, succinate de Bi) ; l’oxyde de Bi ; le bismuth colloï-

po

dal. Certaines préparation associent le bismuth au mercure. .

Les sels solubles sont généralement employés en solution aqueuse, souvent glucosée phéniquée, les préparations insolubles en suspension huileuse.

Les préparations bismuthiques s’injectent soit dans le musele, soit dans la veine, suivant la technique habituelle.

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Le sort du Bismuth dans l’organisme

Il est de la plus grande importance, pour l’établissement du traitement bismuthique, de savoir comment se comporte le bismuth, une fois introduit dans l’organisme : où et dans quelles proportions il s'y fixe, par quelles voies et en quelle quantité il s’élimine.

Le bismuth à pu en effet donner lieu, soit par accumulation dans les organes, soit par absorption de doses trop élevées, à des accidents toxiques.

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