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Contribution A L'Étude De L'Embolie Graisseuse

On regarde généralement les lésions traumatiques ou suppuratives des parties molles, et surtout du système osseux, comme étant les seules causes capables de donner naissance à l’embolie graisseuse. Depuis longtemps cependant M. le professeur von Recklinghausen avait constaté l'existence de cette dernière dans bon nombre de cas où il n’y avait ni suppuration, ni trace de fracture ou d'autre affection traumatique d'aucun genre, et en avait conclu à l'insuffisance manifeste des notions pathogéniques reçues jusqu'ici sur l’embolie graisseuse. Aussi, lorsque je me présentai à lui pour obtenir de sa bienveillance quelque sujet de dissertation, M. le professeur von Recklinghausen m'engagea-t-l vivement à en reprendre l'étude, en consacrant une attention particulière aux diverses ciuses qui peuvent concourir à sa genèse, afin de voir s’il n'en était pas quelqu’une, encore méconnue, qui pût entrer en ligne de compte dans les cas en question. La meilleure marche à suivre dans ce but était d'examiner pendant un certain laps de temps les poumons de tous les individus sans exception qui arriveraient à l’autopsie, et, dans les cas où leurs vaisseaux contiendraient de Ja graisse, de rechercher le plus soigneusement possible l’origine de celle-ci. C’est ce que j’ai fait, au laboratoire de l’Institut pathologique de Strasbourg, pendant une période d’un peu plus de quatre mois consécutifs. On trouvera, consignées dans la seconde partie du présent travail, les observations d’embolie graisseuse que j'ai récoltées, et les conclusions auxquelles je suis arrivé relativement àl a genèse de l’embolie.

J'ai en outre, toujours sur le conseil de M. le professeur von Recklinghausen, tenté quelques expériences (injections souscutanées d’huile chez le lapin) dans le but d’élucider le rôle pos-

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sible des parties molles dans la production de l’embolie. Ces expériences forment la matière de ma troisième partie.

Les deux autres divisions de ce travail n’ont qu'une importance accessoire ; j'estime cependant que la pauvreté de la bibliographie française sur le chapitre de l’embolie graisseuse me sera une excuse suffisante de les avoir greffées sur le tronc primitif de ma thèse. Voici en effet seize ans qu'a paru la première observation d’embolie graisseuse chez l’homme; beaucoup d’autres sont venues s’y joindre depuis, et il existe actuellement toute une littérature se rattachant à cette récente conquête de la pathologie. Mais, chose digne de remarque, l'Allemagne seule jusqu'ici paraît lui avoir accordé son attention. Je n’ai rencontré dans les publications des autres pays aucun travail original qui traite de l’embolie graisseuse d’une façon un peu étendue. Un phénomène pathologique capable, comme elle, de causer mort d'homme, mérite cependant bien qu’on s’en occupe. Aussi ai-je voulu profiter de l’occasion que me fournissait la bonté de M. le professeur von Recklinghausen pour reprendre l’histoire de l’embolie graisseuse dès son début, et en mettre les détails à la portée de ceux auxquels il est encore plus pénible de digérer des ouvrages originaux en bon allemand qu’un court résumé en mauvais français. Telle est la pensée dont est sortie la première partie de ce travail. Quant à la quatrième, elle est née du désir de rappeler rapidement, afin d’en avoir une plus nette idée, les principales connaissances que nous possédons aujourd’hui sur l’origine, l’anatomie et l'importance clinique de l’embolie graisseuse.

J'ai à cœur, en terminant cette courte préface, de témoigner toute ma reconnaissance à M. le professeur von Recklinghausen, dont la bonté parfaite et l’excessive complaisance ne se sont pas démenties un seul instant à mon égard; qu’il daigne accepter ici l'expression de ma plus profonde gratitude. Je prie ses deux assistants, MM. les docteurs C. Friedländer et P. Meyer, d’agréer aussi mes remerciements pour les services qu’ils m'ont rendus.

Strasbourg (Alsace), juillet 4878.

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