‹ Contribution à l'étude de l'embryologie du diaphragmeChapitre 31 sur 77 · CZ B · texte numérisé non relu

CZ B

Sch: TE

Les ponts d’accolement ne sont désignés par aucune lettre, mais sont nettement [ visibles.

Le recessus parietalis ventralis est près de AD à gauche, et près de BC à droite. Le recessus parietalis dorsalis est près de EG à gauche, et près de HF à droite. La partie limitée par les traits EG et FH représente la pièce radiculaire primitive.

section, et avec une vitesse telle pendant ces dernières 24 heures, qu'à 10 jours il a déjà complètement abandonné la région pariétale et n'existe plus que dans la région troncale

LCR —

de l'embryon, si bien que l’arc du hile de l'intestin antérieur, comme dit Ravn, sur lequel se recourbe l’endoderme, est reporté au delà même des cornes du proamnios.

Quelles sont les conséquences de ces phénomènes ?

Tout d’abord, le seul fait que le sillon limitant s’est avancé jusqu’au delà des ponts d’accolement a accru de la même longueur les parois latérales, droite et gauche, de l’ombilic intestinal, par suite de la rotation à 90° de la splanchnopleure entraînée dans le mouvement général de pivotement.

Mais le mouvement de la splanchnopleure ne se borne pas là : elle ne reste pas seulement recourbée en gouttière ou en forme de tuile faîtière, mais elle s’incurve et tend à rétrécir l’ombilic intestinal en proéminant de plus en plus vers le centre de cet orifice. Or, un tel processus est en corrélation directe avec l'accroissement de profondeur du sillon limitant. Mais cette profondeur a précisément son maximum dans sa partie transversale (on l’a vu au chap. Il), c'est donc aussi dans sa région transversale, qui regarde directement en arrière, que l’on verra la proéminence de l'incurvation de la splanchnopleure être à son maximum. Cependant il faut bien prêter son attention que dans tout ceci nous n'avons pas affaire à des lignes droites ou à des surfaces plane, mais seulement à des courbes. Par suite, la seule région véritablement transversale est située sur l’axe médian, et c’est là, en effet, que l’on rencontre et le maximum de profondeur du sillon et aussi la plus grande incurvation de la splanchnopleure lesquelles vont en décroissant latéralement et caudalement.

La région pariétale a donc la forme d’un fuseau dont le renflement croît continuellement mais que l’on aurait recourbé en demi-cercle. Et enfin le bord crânial de l’ombilic intestinal qui dessinait une courbe circulaire au début, décrit maintenant, par suite du retard existant dans la fermeture latérale de cet ombilic, une sorte de courbe elliptique dont la projection sur un plan horizontal se voit dans le schéma

ci-joint, où À, A’, A”, A’” indiquent les positions successives de sa partie médiane, transversale.

Ce processus, par sa complexité même, n’a pas d'exemple en dehors des êtres doués de vie, et c’est chez les animaux que l'on doit rechercher des termes de comparaison. On dira, si l’on veut, que l’occlusion de l’ombilic intestinal est semblable à la fermeture de l’orifice buccal, qui lui aussi, quand il est ouvert au maximum, a une forme vaguement circu-

laire, puis en se rétrécissant, dessine une sorte d’ellipse par suite de l’inégale réduction de ses divers diamètres. Cette image me paraît plus conforme à la réalité que celle de la fermeture d’une bourse au moyen de la traction de ses cordons, car l’orifice de la bouche, de circulaire, devient étoilé, en se garnissant de nombreux plis radiés.

Beaucoup d'auteurs, et en particulier Hertwig, Ravn, Lockwood, Rogie, Hensen, Minot, pensent que la partie droite et la partie gauche de la splanchnopleure embryonnaire se rapprochent simplement de la ligne médiane, et s’accolent pour constituer une large cloison sagittalement dirigée et divisant

la région pariétale en deux moitiés symétriques : par suite, il y aurait primitivement non seulement deux cœurs, mais deux cavités pariétales distinctes et deux lames précardiales. Et seulement secondairement on verrait la fusion des deux moitiés du cœlome par disparition du mésocarde ventral, lequel ne serait autre que la masse de mésoderme, formée de deux lames splanchnopleurales accolées, et qui rattacherait les ventricules aux deux moitiés de la lame précardiale, primitivement séparées.

On peut se demander, pour légitimer cette conception, si, dans le cours du développement, il est habituel de voir une membrane se constituer très nettement, puis se résorber ensuite, sans laisser des traces de son existence. De plus, les auteurs avouent eux-mêmes qu'ils n’ont jamais rencontré ledit mésocarde ventral et qu'ils n’ont jamais assisté à sa résorption; il faudrait donc que cette dernière ait eu lieu bien tôt dans le développement.

C’est pourquoi la façon dont j'ai exposé ci-dessus les phénomènes me paraît plus rationnelle, parce que plus simple; Rouvière (1904) n’admet pas non plus l’existence éphémère du mésocarde. ventral, car il dit: «Il (le cœur) s'accroît dans les deux sens, de haut en bas et de dehors en dedans. Ce qu'il y a de particulièrement intéressant dans cet allongement, c'est que le sillon de la cavité pariétale qui répond au bord libre du repli, et qui est compris dans une duplicature de la splanchnopleure, glisse en ävant des deux ébauches cardiaques. Celles-ci se sont rapprochées pendant l'abaissement du repl' cardiaque, et comme elles augmentent en même temps de volume, elles arrivent au contact l’une de l’autre, s’accolent et se fusionnent sur la ligne médiane, mais le sillon de la cavité pariétale qui déborde en bas leur soudure s'oppose à la formation de tout mésocarde antérieur. » (Journal de l'anatomie). L'embryon est supposé debout: done antérieur — ventral.

Cet abaissement du sillon exprime à peu près la même idée

que celle indiquée par moi lorsque je parle de la proéminence caudale de la splanchnopleure maximum sur la ligne médiane ; car 1l est certain que le seul fait d'admettre l'accroissement en longueur crânio-caudale de la cavité pariétale par fusion secondaire de ses deux moitiés latérales entraîne l'affirmation que les parties droite et gauche de la splanchnopleure bombent et proéminent au maximum l’une vers l’autre, autrement dit vers la ligne médiane et non pas caudalement. Dans l'hypothèse classique l’orifice délimité est angulaire dans sa

Cavité parle tale

Spl = splanchnopleure. Som = somatopleure ; Oin = ombilic intestinal. Cac = canal communicant.

partie crâniale, et est effilé comme l’extrémité d’une flèche, mais il ne peut être représenté par une ellipse, comme je l’ai fait. Voir le schéma ci-joint X, qui montre le fusionnement des cavités droite et gauche et la disparition du mésocarde ventral. Suivant cette opinion, la splanchnopleure qui se résorbe est marquée en pointillé de À à A’.

Le schéma XI fait voir comment l’hypothèse classique admet la formation du mésocarde ventral. Les tissus étant supposés étalés, les flèches font comprendre la façon dont les parties droite et gauche de la splanchnopleure viennent se fusionner en un méso unique sagittalement dirigé. Le schéma

XII montre ce phénomène s’accomplissant; 1l fait voir la disparition du mésocarde ventral (marqué en pointillé) et la fusion en une cavité unique des deux ébauches de la cavité

In. = Intestin. L card — lame cardiogène.

Msce ventr = Mésocarde ventral. Msc. dors. = Mésocarde dorsal.

pariétale. Les ponts d’accolement, qui y sont dessinés, indiquent qu'il sert aussi pour l'explication d’un autre exposé.

De N = È è À

Pta 4 Sch XII

Som = Somatopleure. Rpd = Recessus parietalis dorsalis. Pta — Pont d’accolement.

Robinson (1892) a émis une autre hypothèse pour expliquer l'absence du mésocarde dorsal. Pour lui, le cœur se formerait quand les tissus sont encore entièrement étalés,

c'est-à-dire quand la splanchnopleure est sous la somatopleure, en position ventrale, si l’on peut ainsi s'exprimer. À cette époque, le cœur résulterait alors d’une évagination de la splanchnopleure vers la somatopleure sans jamais atteindre cette dernière cependant. Donc à ce moment le cœur a une sorte de méso ventral et aucun méso dorsal. Mais Robinson admet que la lame pariétale, où est le cœur, pour passer de sa position péricéphalique, c’est-à-dire en avant de la tête, qu’elle a alors, à celle ventrale par rapport au tube digestif (1) (embryon de 9 jours) pivote autour d'un axe transversal et décrit une rotation complète de 180, si bien que ce qui était ventral devient dorsal et qu’en particulier le méso ventral primitif du cœur est venu se placer en position dorsale, en même temps que l’espace libre, primitivement constaté sur sa face dorsale, est maintenant situé ventralement par rapport à cet organe. Cette conception est ingénieuse; malheureusement elle paraît être surtout une vue de l'esprit, car elle n'aurait pas été vérifiée sur des coupes en séries, au moins suivant l'affirmation de Rouvière (1904).

Fermeture caudale des Recessus ventraux.

Quoi qu'il en soit de toute cette discussion, il suffit de constater qu’à 10 jours le mésocarde ventral n'existe pas, que le ventricule est une cavité unique, médiane, et que déjà il s’est tellement accru qu'il est forcé de s’incurver en C dont la convexité est ventralement dirigée et repousse dans ce sens la lame péricardiale (2). Les oreillettes, d'autre part, elles aussi, se sont rapprochées par disparition de la partie de l’ombilic intestinal qui les séparait précédemment et se

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