‹ Contribution à l'étude de l'embryologie du diaphragmeChapitre 55 sur 77 · UE · texte numérisé non relu

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Quelques critiques formulées par les auteurs sur leurs prédécesseurs.

Plusieurs auteurs, lors de la description qu'ils font d’une lame mésodermique reliant la splanchnopleure à la somatopleure au travers du cœlome, pour livrer passage aux veines, ont cru qu'eux seuls avaient découvert ce pont mésodermique et que leurs prédécesseurs l'avaient ignoré. Ainsi Uskow (1883) déclare que le Septum Transversum, décrit par His, serait incapable de conduire les vaisseaux de la somatopleure vers la splanchnopleure, parce qu’il serait uniquement splanchnopleural, ces vaisseaux seraient donc forcés (d’après la façon dont Uskow comprend His) de contourner la cavité pariétale, en passant par le seul endroit où la splanchnopleure et la somatopleure sont unies (1), c’est-à-dire par la paroi latérale de la cavité pariétale. C’est pourquoi Uskow insiste particulièrement sur les rapports de ses ponts d’accolement qui certainement unissent les deux lames mésodermiques au travers du cœleme, se distinguant par là du Septum Transversum de His. Mais le texte de His cité, son contexte, les figures qu'il à publiées, n’autorisent guère cette affirmation, et du reste, je me suis efforcé de montrer la concordance des dires de His et de Uskow (chap. IV).

Chose extraordinaire : Uskow lui-même n'a pas été com- : pris par Ravn; car cet auteur faisant cette citation de Uskow : « Du reste les ponts d’accolement qui subsistent quelque temps disparaissent à l'exception d’un seul. C’est cette connexion persistante que nous désignons sous le nom de ponts d’accolement » explique ensuite que : « c’est là l’union des lames mésodermiques au niveau du ‘bord caudal du proammios; cette union n’est cependant pas, comme on le conçoit,

1. Voir fig, 2 et fig. 3 (en couleurs) ; dans cette dernière, les lames marquées 1et 2:

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une production identique avec le pont d’accolement » (1). Je ne pense pas non plus que l’on doive assimiler les ponts d’accolement aux lames mésodermiques indivises qui bordent le proamnios; du reste Uskow ne l’a jamais fait, et s’il ne parle pas du proamnios, il montre cependant que ses ponts d’accolement sont en plein cœlome, et séparent la cavité péricardique primitive en deux parties : l’une interne, puis dorsale — et l’autre externe, puis ventrale (2), chose que ne pourra jamais faire la lame bordant le proamnios. Naturellement, plus loin, Ravn expose l’accolement secondaire de la splanchnopleure et de la somatopleure, au travers du cœlome, pour former le Septum Transversum, formation qui, selon lui, serait bien différente des ponts d’accolement. Or, j'ai montré l'identité à peu près complète de ces cloisons cœlomiques.

Tourneux, en 1898, dans son Précis d’embryologie, se distingue des précédents en ce qu'il ne croit pas beaucoup à l’existence de ces lames de mésoderme divisant le cœlome en une partie ventrale et une autre dorsale, mais son laconisme ne permet pas alors de comprendre la façon dont.la cavité péricardique se sépare de la région dorsale du cœlome: recessus pariétaux de His, plèvres futures. Est-ce par un mécanisme semblable à celui indiqué par Brachet en 1895, ou tout autre? Mais, pour défendre ses idées, il paraît dire que Ravu non plus n’a pas décrit de cloison intercælomique. Voici le passage de Tourneux: « Il est possible que chez les mammifères non pourvus de proamnios les faits se passent comme l'indique Ravn, mais chez le lapin (pourvu d’un proamnios) les mésocardes latéraux représentent des ponts mé-

1. Quénu (1883) a étudié la traduction de Uskow faite par ses amis Gundelach et Chaput et « avoue sans peine que souvent les descriptions ont été hors de sa portée. »

2, Voir schémas V et VIII. Dans le schéma VIII les formations A D et BC qui bordent le proamnios, viennent en A’ D’ et BC’ et limitent alors ventralement le cœlome, mais elles ne le subdivisent pas.

sodermiques situés immédiatement au-dessous des cornes du croissant proamniotique et respectés par la fissuration cœlomique, comme on l’observe sur tout le pourtour du proamnios ». Autrement dit : Le Septum Transversum de Ravn, les mésocardes latéraux sont tout simplement des bandes mésodermiques qui limitent la cavité cœlomique sur ses bords, mais ne la subdivisent pas, et par suite, voilà Kôülliker et Ravn rangés dans la catégorie où ce dernier mettait luimême Uskow, qui, du reste, y avait placé His auparavant. Mais toutes ces contradictions peuvent s'expliquer par ces réflexions de Ravn (1899: « Ce chapitre de l’embryologie est, en effet, comme il (Brachet) le dit lui-même, très compliqué, ce qui peut-être a sa justification dans une démonstration insuffisamment claire de ma part ».

Enfin pour terminer ce qui a rapport au diaphragme primitif du lapin, il est permis de chercher une explication, sinon une raison suffisante, à l’opposition qui existe entre les divers auteurs au sujet de la nature, primitive ou secondaire, de la cloison diaphragmatique. Aussi, ceux qui reconnaissent que le diaphragme est entièrement secondaire, affirment ordinairement que le cœlome prend son origine tout près des cornes du proamnios, c’est-à-dire dans une région qui est celle ou presque celle du diaphragme. Tel est Ravn. On peut admettre que le clivage a pu former cette région du cœlome avant que les veines omphalomésentériques et ombilicales aient eu un développement suffisant pour arrêter en un point quelconque sa marche envahissante, d’où l’absence de pont primitil.

D'autre part, avec ceux qui, comme His et Uskow, reconnaissent au cœlome une origine proche de la tête et un accroissement vers la queue, on comprend que, au moment où il gagnera l'extrémité des canaux communicants, les veines auront eu le temps de posséder un développement assez considérable dans cette région, pour le forcer à se diviser et à respecter certains espaces où l’adhérence des deux lames

mésodermiques sera persistante : donc apparition de cloisons primitives : ponts d’accolement, Septum Transversum, etc.

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