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B. — LE SEPTUM TRANSVERSUM CHEZ L'HOMME

Cette partie mériterait d’être la partie principale d’une thèse de doctorat en médecine, mais

1° les. documents fournis par les auteurs sur le Septum Transversum humain sont en quantité minime et

2° les longues explications données sur ce Septum Transversum chez le lapin dispensent de développements considérables pour une formation existant chez un autre mammifère : l’homme.

Nous nous reporterons en premier lieu aux travaux de His, car chronologiquement cet auteur est le premier qui ait étudié les cloisonnements les plus précoces du cœlome humain et, en outre,, c'est lui l'inventeur du terme : Septum ®Fransversum. Or, les tout jeunes. embryons humains, nécessaires pour l'étude de la formation du Septum Transversum, sont rares et souvent leur état de conservation laisse à désirer. C’est pourquoi on rencontre plusieurs opinions opposées dans les travaux de His touchant cette question, opinions qui sont toutes basées sur une observation méticuleuse des faits cependant.

En effet, dans ses premiers ouvrages sur l’embrvyologie humaine (autour de 1874), His conclut que le diaphragme primitif s'étend à la totalité de la cavité pariétale; par le fait, il n’y aurait pas de recessus pariétaux, ni ventraux, ni dorsaux. La cavité pariétale serait creusée dans un tissu spécial, de constitution différente de celui des cavités troncales et ainsi aucune communication n’existerait entre ces deux parties si distinctes de l'embryon.

A ce point de vue l'embryon de poulet se comporterait

comme l'embryon humain.

De l'Embryologie du Diaphragme. 8

Entre temps parut l’ouvrage de Seessel qui déclare clairement que l’on ne rencontre aucune cloison primitive séparant le cœlome pariétal du reste du cœlome embryonnaire. Et chez le poulet, ce serait seulement vers le milieu du 4° jour que l’on rencontrerait une membrane isolant la cavité péricardique « de la cavité thoracique proprement dite ». C'est alors que His reprend l'examen de ses embryons et l'étude de la question; le doute naît dans son esprit et il devient moins affirmatif dans ses écrits. Et, dans le cas où l’on admettrait la communication de la cavité pariétale avec les cavités du tronc au moyen de deux canaux dorsaux, ces canaux, dit-il, devraient porter le nom de prolongements thoraciques de la cavité du tronc (1880, étude de l’embryon M). Quant aux recessus ventraux, ils sont complètement ignorés.

Enfin (en 1881), His reconnaît expressément que les embryons humains ont des orifices percés dans leur diaphragme primitif, ces orifices sont les recessus pariélaux, désignation qu'il déclare plus exacte que la précédente, car ces recessus sont encore dans la région pariétale fermée latéralement (par l’union des deux lames mésodermiques). Le Septum Transversum ou diaphragme primitif s’accroîtrait bientôt vers le crâne : 1° par un mouvement relatif dû au recul de sa partie ventrale accompagnant le bord de l’ombilic intestinal — et 2° par un mouvement réel dû à la flexion de la tête qui repousse vers le crâne sa partie dorsale (comme l’expose Lockwood pour le lapin). Finalement cette partie du Septum Transversum devenue frontale prend la plus grande importance par rapport à celle qui est horizontale (pour un adulte debout) et elle constitue à peu près tout le Septum Transversum. C’est pourquoi His écrit : « Le Septum Transversum ou diaphragme primitif est la lame de substance qui s'étend en direction frontale d'un côté du tronc à l’autre et à laquelle s’attache, en arrière, la paroi ventrale de l'intestin, en avant, le vestibule du cœur » (description de l’em-

bryon M en position verticale, comme un adulte debout, donc en avant = ventralement). Les embryons À, BB, 4 présentent des dispositions semblables et même plus accentuées encore. En somme, d’après cette dernière description, le Septum Transversum des embryons humains, d’après His, se rapprocherait beaucoup de celui indiqué par Brachet chez l'embryon de lapin âgé de 9 jours et demi et par Swaen pour le lapin de 10 à 11 jours. Pour Keith, le Septum Transversum chez l’homme comprend une portion ventrale, transversale, et une autre dorsale frontale.

Selon Faber (1878) l’homme est absolument dépourvu de tout cloisonnement primitif à l’intérieur de son cœlome et, à ce point de vue, il se rapproche du lapin, tel que le décrit Ravn. « La bourse péricardique » de l’homme se formerait « aux dépens d’une plicature de la séreuse commune de la cavité thoracique gauche qui revêt le cœur », par conséquent ce viscère au moment de sa formation ne serait pas isolé du reste du cœlome dans une cavité spécialisée. « Siraultanément du tissu fibreux s’insinue entre les deux feuillets de la plicature ». Mais quels sont les agents de ce processus? C’est ce qui n’est pas indiqué. Enfin la cloison « s'accroît tout d’abord dans la direction de l’axe longitudinal du cœur », par un mécanissme qui n’est pas révélé au lecteur. En tous cas, est à retenir cette affirmation de Faber que le cloisonnement est primitivement séreux, et ensuite seulement fibreux. Or His, dans l’étude de son embryon M, dit que le doisonnement du cœlome est tout d’abord fibreux et apparaît au moment où les séreuses sont à peine ébauchées. Mais, en fûtil autrement, ajoute-tl, c’est-à-dire la séreuse eût-elle déjà envahi et tapissé tout le cœlome avant d’être cloisonnée, 1z formation de ce cloisonnement, même dans ce cas, n’offrirait aucune difficulté théorique, car il suffit de considérer comment la cavité vaginale testiculaire se sépare de la grande séreuse abdominale bien après que le péritoine

s’est formé.

Mali (1900) se range, comme Faber, dans la catégorie de ceux qui n’admettent aucune séparation primitive dans le cœlome humain. C’est dire que, pour Mall, le diaphragme primitif comprend seulement la portion réfléchie de la splanchnopleure qui, de la lame précardiale passe sur la face ventrale du tube digestif antérieur (thoracique). Le Septum Transversum où diaphragme primitif, de Mall, correspondrait donc à peu près au plancher de la cavité pariétale de Ravn ou au Septum Transversum de Uskow (1), car, écrit:1l, « le canal en forme de U (cavité pariétale en forme de fer à cheval) est séparé de l’exocælome (cœl. extra-embryonnaire) sur son côte ventral par un pont de tissu mésodermique reliant la vésicule ombilicale avec l'embryon à la jonction de la tête avec l’amnios. Il en résulte que ce pont de tissu mésodermique, le Septum Transversum, est en forme d’U. Il forme une partie de la paroi ventrale du cœlome péricardique. »

En effet, dans l'embryon comme dans tout être vivant, il n’y à pas d’angle, à proprement parler, mais seulement des courbes, et, par suite, la paroi caudale de la cavité péricardique, le Septum Transversum, en l'espèce, se continue insensiblement, sans limites bien marquées, avec la lame précardiale et 1l y a une région de la splanchnopleure qui est disposée comme le pommeau de la selle, c’est-à-dire est oblique et est à la fois rétro-cardiale (vers l’ombilic) et pré-cardiale. C’est ainsi que l’on peut s'expliquer qu’une partie du Septum Transversum entre dans la composition de la paroi ventrale (2). En outre, le Septum Transversum « supporte les veines omphalomésentériques et ombilicales » naturellement par sa partie dorsale, disposée frontalement, comme le disent Ravn, Brachet, His, etc. L’embryon de Mall auquel s'applique cette description est âgé de 41 jours et mesure 2mm 1.

1. C’est à peu près ce que dit Waldeyer (1884), professeur de Uskow, en répondant à Guttmann,

2. Voir la fig. 4 (en couleurs) où cette disposition est bien marquée, en Arc.

Swaen (1897) ne décrit pas la formation du Septum Transversum pour l'excellente raison que son plus jeune embryon examiné, long de 3mm8, possède déjà bien constituée, cette membrane cloisonnante, telle qu’on la voit sur un embryon de lapin de 10 à 11 jours. Aussi la description que lui consacre Swaen est-elle superposable à celle qu'il fait du Septum Transversum chez le lapin de ce stade, autrement dit: son Septum Transversum est frontal; il forme une paroi incomplète à la cavité péricardique et unit l’une à l’autre et au mésentère ventral les parois droite et gauche du corps.

Enfin 1l ne faut pas oublier Coste, qui, dès 1847, donnait la figure d’un embryon humain âgé de 40 jours, où l’on voyait une cloison divisant son cœlome. Cette cloison, comparable à une ceinture, comme dit His, était percée de deux orifices dans sa partie dorsale par lesquels se voyaient les poumons et qui par conséquent représentaient certainement les recessus pariétaux dorsaux. Mais Coste n'indique ni le nom de cette lame cloisonnante ni son mode de formation.

Comme conclusion, on pourra dire : pour l’homme, comme pour Je lapin, les uns ont déclaré que le diaphragme était forme d’une cloison primitive : le Septum Transversum : tel est His — d’autres ont affirmé que tout le diaphragme était apparu secondairement après le cœlome, tels sont Faber, Mall. Enfin il en est qui ne se sont pas prononcés, comme Swaen, Coste.

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