OBSERVATION XVI
Inertie utérine (version)
Catherine R..., entra à l'hôpital, le 16 juillet, à 6 heures du soir, avec an travail qui durait depuis 8 Jours. Elle était alors à sa quatorzième grossesse.
Parmi ces grossesses, elle eut deux fausses couches et une grossesse gémellaire.
Les dernières règles dataient du 24 octobre, mais au commencement de juin elle perdit du sang. Cette hémorragie n'eut pas de suites fâcheuses et la grossesse continua régulièrement jusqu’au 7 juillet, époque à laquelle la femme commença à souffrir. Visitée le 16 juillet, en ville, par M. le docteur Lautard, elle avait une dilatation comme la paume de la main et des contractions tout à fait insuffisantes. Elle se décida alors à entrer à l'hôpital. L'examen auquel elle ful soumise révéla les particularités suivantes : c'était une femme de forte constitution, de grande taille, à bassin bien conformé le ventre très volumineux rendait difficile la palpation, et on constatait que le fœtus offrait un ballottement sur plusieurs points. Les -
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bruits du çœur étaient très sourds, profonds et très lents. On sentait ces bruits sur deux foyers, un à droite et l’autre à gauche, au milieu de la ligne iléo-ombilicale. On observait, en outre, un œdème suspubien {rès marqué et pas d'albumine dans les urines. La femme était dans un état de surexcitation avec le pressentiment d'une mauvaise couche. Au toucher, on constatait une dilatation comme une paume de main et un épaississement de la lèvre antérieure du col de l’utérus. La tête était très élevée, très mobile et très ballottante. L'orifice externe ne se laissait pas dilater et dans ces conditions on ne pouvait procéder à une application de forceps ni à une version de peur de produire des déchirures. On décida d'attendre en donnant des injections très chaudes contre le col. À minuit, pendant une nouvelle visite, on constata que la dilatation ne se faisait pas, les contractions étant lentes et impuissantes. L'enfant paraissant souffrir et la femme demandant à être délivrée le plus tôt possible, l'intervention fut décidée. On introduisit la main en forme de cône dans l’orifice du col et on essaya de le dilater. La femme ne put supporter cette manœuvre, on procéda alors à l'éthérisation. Les contractions utérines qui étaient nulles devinrent très fortes et firent rompre la poche des eaux, qui laissa écouler une grande quantité de méconium. La main introduite très facilement dans la cavité utérine exécuta la version, et la tête fut dégagée en appuyant les doigts sur le rebord orbitaire inférieur. L'enfant mourut après deux ou trois inspirations.
La femme se réveilla calme et paisible et présenta des suites d': couches absolument normales.
OgsEervaTION XVII
Bassin rétréci. — Forceps inutile (version)
C... entre à l'hôpital, le 19 juillet, à 6 heures du matin, avec une dilatation supérieure à 5 francs.
Elle aeu quatre grossesses. La première, il y a dix ans, a eu comme résultat un enfant mort à cause de la longueur du travail. La deuxième, trois ans après, a donné naissance à une petite fillé encore bien portante, quoique née avant terme. Le troisième accouchement est
PROD ER
arrivé à terme et a donné un enfant mort par suitede la longueur du travail. La grossesse actuelle a été marquée par des souffrances survenant au dernier mois et constituées par des palpitations, gêne respiratoire et œdèmes aux membres inférieurs et à la paroi abdominale. Cet ensemble de symptômes la décide à rentrer dans le service après deux jours de douleurs. À son entrée, on constate les particularités suivantes : c’est une femme à l’aspect anémié, débilitée, de taille petite, avec des signes de rachitisme (légère concavité du tibia, du radius et du cubitus, voûte palatine ogivale, prognatisme des mâchoires, promontoire accessible). L’'abdomen est en besace et on observe un œdèmé à sa partie inférieure, qui augmente cette forme en besace et rend difficile l'audition des bruits fætaux, qui sont sourds quoique très fréquents. Cet œdème ne reste pas localisé à la paroi abdominale, mais il envahit aussi les membres inférieurs. L'ictus de la pointe est sur la ligne hémi-claviculaire et au sixième espace intercostal. La matité du cœur dépasse, à droite, la ligne para-sternale supérieure et arrive au bord inférieur de la deuxième côte. À gauche, la matité a sa limite sur la ligne hémi-claviculaire. À la pointe, au premier temps, on constate un souffle qui se propage dans l’aisselle. Rien dans les organes pulmonaires. Pas d’albumine dans les urines, le pouls a des intermittences. A l'examen de la matrice, très difficile, d’ailleurs, à cause de cet œdème abdominal, on peut constater une têle qui ne s'engage pas, qu'on peut facilement soulever et un fœtus présentant des signes de souffrances. Au toucher, la dilatation est complète, les grandes lèvres fortement œædématiées, le col très friable, mou, également œdématié. La tête est au détroit supérieur, en transverse droite et mobile. Les contractions ulérines se font d’une façon continuelle, mais très lentes et mettent la femme dans un état de prostration (pàleur, sueurs froides, petit pouls*. Le liquide amniotique est fortement teinté de méconium. Vu cet état, on décide d'intervenir. La femme est éthérisée à fond et l’état des pulsations est surveillé attentivement.
Quelques bouffées d'éther suffisent pour donner l'anesthésie. On applique le forceps sur la têle, qui est très volumineuse ; mais, vu l'état d'inertie de la fibre utérine, les tractions sont insuffisantes. On pratique alors la version, qui est trés facile, et on emmène au dehors un enfant en l’élat de mort apparente, mais ranimé grâce aux tractions de la langue.
SA
La femme se réveille calme et paisible, mais au bout d’une heure elle est prise de crises cardiaques, qui nécessitent une injection de caféine.
OBSERVATION X VIIL
Tétanie (forceps après relâchement)
Caroline D..., domestique, 31 ans. Entrée à l'hôpital à 8 h. du soir
avec une dilatation égale à 5 francs. À minuit et demi, la dilatation étant complète, la poche est rompue artificiellement. Le travail reste alors stationnaire. À 5 heures, M. le docteur Lautard constate une dilatation complète et une tête en OTDP, avec chevauchement des pariétaux et asynclitisme du pariétal postérieur. La suture saggitale se trouvait projetée en arrière et la tête était fortement enclavée à l’entrée de l’excavation. La main introduite entre le col et la tête ne pouvait pas atteindre l'oreille postérieure, tandis qu’elle pouvait très facilement explorer tout le pariétal postérieur. Les contractions étaient fortes et permanentes. La femme souffrait tellement qu'il était impossible de pratiquer le toucher. La présentation restait stationnaire au détroit supérieur. L’écoulement du méconium indiquant l’état de souffrance du fœtus, on se décide à intervenir.
La femme est éthérisée à fond. Les contractions utérines, qui étaient à forme tétanique, deviennent régulières avec des intermittences qui permettent d'appliquer très facilement les branches en oblique antérieure. Après quelques tractions, on dégage une tête en occipito-pubienne. Ce fœtus reste pendant longtemps à l’état de stupeur et les efforts inutilés qu'il fait pourrespirer ou crier démontrent qu'il a absorbé du méconium. Après de nombreuses manœuvres (tractions rythmées de la langue, bains chauds et froids, etc.), on parvient à le faire crier. Ce fœlus possédait sur le frontal droit une forte dépression.
Diamètres fœtaux : SO F.,111/2; OF.,11; S O Br. 912; SO Br., 91/2; O. M., 13; Bi temp., 8 1/4 ; Bi par., 10.
LLAHO MES
OBSERVATION XIX Tétanie (dilatation manuellé, forceps).
Angèle G.…., ménagère, 24 ans. Entrée à l'hôpital le 11 août avec une grossesse paraissant à terme. Le7 septembre, à7 heures du soir, la dilatation était égale à 2 francs. La poche des eaux était rompue depuis 10 heures du matin etle col affaissé. La dilatation reste stationnaire jusqu'à 11 heures du soir, malgré les souffrances de la femme.
Au toucher, on constate une présentation en O I D P. La tête est très dure, très volumineuse, et en la soulevant, il s'écoule une grande quantité de sang qui provient d'un décollement partiel du placenta dont l'insertion est à la partie antérieure et inférieure du segment utérin. La femme, au lieu d’avoir des douleurs se succédant avec des intermittences plus ou moins espacées, se plaint d’une douleur continuelle, qui n’est qu'un malaise. La figure est pâle, et son pouls est assez faible. Les bruits du cœur fœtal sont irréguliers et très fréquents. On décide alors d'intervenir et la femme est éthérisée à fond. Quelques grammes d’éther suffisent pour plonger la parluriente dans un sommeil profond, sans période préanesthésique. La dilatation de l’orifice interne du col, qui était très en arrière, est faite par les doigts.
La présentation postérieure est réduite en transverse avec la main, et une application de forceps est faite en oblique et suivant le diamètre fronto-mastoïdien de la tête. Le dégagement se fait en occipito pubien et la délivrance presque instantanément.
Diamètres fœtaux : S O M., 14; OM.,13; SO Br., 10; SO EF. 40 472 ; Bi temp.,':8; Bipar,, 9: (Gr. circ., 35412.
Poids du fœtus : 3.800 gr.; placenta 560.