DO ES
sion, peut-être avec succès, au moment de la première tentative de forceps. [V. Obs. XXX VIII).
Ce relâchement de la fibre utérine n’a pas été toujours constaté par le même opérateur. Le 6 février 1898, arriva à l'hôpital une femme avec une présentation de l'épaule et une main hors de là vulve. Notre ami Salémi, interne-adjoint, tente la version; mais il éprouve de la difficulté pour l'introduction de la main, à cause de la tétanie de l'utérus. On éthérise la femme, et la difficulté disparait. La main pénètre très aisément dans la cavité utérine, saisit un pied et exécute la version (Obs. XL).
Voyons maintenant les heureux effets de l’éther dans les cas de têtes voiumineuses. Le 6 janvier, une femme souifrait depuis lengtemps et, malgré un palper minutieux, on n'avait pas pu faire le diagnostic, l'utérus étant absolument rigide. La dilatation et la rupture de la poche avaient permis de diagnostiquer une présentation du siège. La femme fut éthérisée à fond et lorsque l’anesthésie fut complète, le relâchement de la fibre utérine permit de constater une tête volumineuse d’hydrocéphale, ainsi qu'en témoigne la fig. 4. Le fœtus fut retiré en entier, sauf la tête, par des tractions manuelles. On tente vainement sur cette dernière la manœuvre de Mauriceau: On procède à la décollation et on essaie de placer Îe basiotribe. On fait la perforation et, après avoir placé la première branche, on peut dégager la tête en respectant aussi la base (fig. 2).
Ce dernier cas est le seul où l’anesthésiée ait succombé. L’autopsie justifie amplement le diagnostic d'infection par nécrose anatomique. L'éther ne pouvait enlever ces tissus mortifiés, pas plus qu'il ne les avait produits. Il à permis également de poser le diagnostic qui aurait pu rendre des services s’il avait été fait plus tôt. Une intervention plus précoce aurait, en effet,
ni gi
empêché cette nécrose occasionnée par le séjour prolongé d'une tête volumineuse.
On nous dira peut-être que le chloroforme aurait produit les mêmes effets. Deux observations similaires prouvent Île contraire. La première a trait à une femme soignée en premier lieu par une vieille accoucheuse, qui lui avait administré 4 gr. de seigle ergoté. L'accouchement ne se faisant pas, elle fait appeler un médecin, qui tente inutilement la version. Un second l’essaye de nouveau après la chloroformisation poussée à bout. On est obligé d'essayer une troisième tentative, qui ne réussit que plusieurs heures après, alors que la tétanie avait cessé par les seules forces de la nature et que la malade était pres que morte, par suite de la longue chloroformisation. La rigidité du col persista encore et la délivrance ne put se faire qu'une heure après. On nous dira, sans doute, que cette femme était dans des conditions particulières, à cause de la dose d’ergot absorbée. Üne autre femme, qui déclarait n'avoir pas absorbé de médicament et n'avait pas vu, d’ailleurs, de sage-femme, présenta les mêmes difficultés. On parvient cependant à saisir un pied ; mais alors les efforts doivent être considérables pour dégager les hanches, et les deux accoucheurs de l'hôpital, doués cependant d’une grande force, doivent se relayer, afin de pouvoir prendre haleine. La manœuvre de Mauriceau est tentée inutilement, et une application de forceps sur la tête dernière est nécessaire pour achever l'extraction - du fœtus. Ce fœtus était cependant malingre et n'avait pas le volume de ceux relatés dans des cas semblables à certaines des observations relatées plus loin,