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BONS EFFETS RECUEILLIS DANS LES DIFFÉRENTES OBSERVATIONS

Dans la première observation nous avons remarqué que la tête était descendue rapidement à la vulve, mais s'était alors arrêtée, et le forceps fut nécessaire pour la dégager. Dans la deuxième observation, la matrice, avons-nous dit, était télanisée, mais au bout d’un certain temps elle se relâächa. Nous pouvions ainsi déjà presque conclure que: l'éther excitait d'abord les contractions et finissait ensuite par les abolir.

D'autres observations, au nombre de quarante, nous confirmèrent dans la suite ces conclusions. Encouragé, en effet, par les bons résultats obtenus, nous avons souvent, depuis lors, employé l’éther, et chaque fois nous avons eu à nous en féliciter, Nous ne rappellerons que les plus caractéristiques et dont les résultats sont les plus manifestes.

L'Observation XXIX nous montre une jeune primipare de 19 ans, chez laquelle la dilatation n'avait pas varié depuis plusieurs heures, malgré de violentes douleurs. L'utérus était tétanisé et semblait être sous l'action de l’ergot. Le malin même, une autre femme, présentant les mêmes symptômes, avait eu un long travail, malgré un fœtus de petit volume. Ge fœtus était mort à sa sortie (asphyxie blanche des auteurs).

Redoutant celte issue fatale, on éthérise la fennme et, aussi-

tôt, les contractions se font plus énergiques, mais intermittentes.

Au bout de moins d’une heure, on dégage avec le forceps un fœtus volumineux, vivant, mais paraissant avoir souffert. Il est à peu près certain qu’il aurait eu le sort de celui du matin, si le travail avait éLé laissé à ses propres ressources. La femme aurait continué à souffrir inutilement, et ses chances de mauvaises suites de couches auraient augmenté. Peu de temps après, l'observation XXXVI nous montre un exemple semblable. La femme en question était aussi une jeune primipare chez laquelle, malgré les douleurs incessantes, la dilatation était toujours égale à 0,50 e. Au bout de douze heures, voyant l'inu- “tilité de ses souffrances, on éthérise la parturiente. On procède à Ja dilatation manuelle, et, 1 heure 1/4 après, l'accouchement était terminé. Cette femme avait donc accompli, dans un si court laps de temps, presque sans souffrances, le travail pour lequel les douleurs incessantes de Ja Journée avaient été vaines.

Le relâchement de la fibre utérme, obtenu par l’éther dans l'Observation IF, déjà relatée, a été constaté dans d'autres observations, malgré des utérus tétanisés et des cols rigides. Ce relâchement a permis souvent’ l'introduction des branches du forceps entre la tête et le col. La rigidité anatomique a cessé dans Observation XXV et la tétanie dans d’autres plus nombreuses. L'Observation XXXIX nous montre une femme possédant un bassin oblique ovalaire affectant la forme représentée par la fig. 8. La concavité formée par l'articulation sacro-iliaque gauche à permis l'introduction d'une branche du forceps ; mais malgré cette concavilé, la branche n'aurait pas pu glisser si la fibre utérine n'avait pas été relâchée. Ce relâchement permet l'introduelion très facile de la main dans la cavilé utérine;

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cette main saisit très aisément un pied et exécute commodément là version.

Nous venons de voir les heureux effets de l’éther dans les cas de tétanie et de rigidité du col. Cet agent thérapeutique se montre également d'une grande puissance lorsqu'il s’agit de têtes volumineuses et de bassins rétrécis. C’est ce que prouventles faits suivants:

Le 25 octobre 1897 entra à l'hôpital une femme ayant un diamètre promonto-pubien de T 1/2. Cette parturiente, qui en était à sa troisième grossesse, avait eu une première fois un accouchement avant terme, et la deuxième fois un enfant mort après un travail long et pénible. La tête ne s'engageanut pas et restant mobile au détroit supérieur, on décide d'intervenir, afin d'éviter à l'enfant le malheureux sort de ses aînés, Deux applications de forceps sont tentées inutilement et font suite à une version qui s'exécute très facilement, élant donné le relâchement complet de la fibre utérine. Tous ces faits sont amplement relatés dans l’Observation XXVIIL.

Quelques jours après, arriva une autre femme {observ. XXX) ayant un diamètre promonto-pubien égal seulement à 7. Le forceps étant jugé inutile et même dangereux, à cause de l’élévalion de la tête, on fait la version après éthérisation. L'utérus, qui était tétanisé, se relâche complètement et permet la sortie du fœtus tout entier, sauf la tête. Cette dernière, ayant un diamètre bipar. de 9, est extraite après de grands efforts, mais le fœtus ne peut être appelé à la vie.

Dans les deux cas que nous venons de signaler, beaucoup se seraient décidés à faire une basiotripsie. Dans l’observation XXVIIL, le fœtus avait comme diamètre bipar. 8 1/2, supérieur d’un centimètre au promonto-pubien de la femme. Malgré cette différence, l'enfant était sorti vivant et on n’avait qu'à se féliciter d'avoir évité l'opération mutilatrice. Dans l'observation XXX, l'enfant avait fini par mourir, mais la diffé-

Les rence entre les diamètres maternel et fœtal était de 2 cent. Il ne fallait pas, cependant, regretter la détermination prise parce que l’enfant avait des chances de survie et que la basiotripsie est une opération répugnante et même dangereuse pour

la mère.

Tous ces faits, nous objectera-t-on, sans doute, ont été touiours observés par les mêmes opérateurs et les mêmes assistants. Une opération semblable a eu lieu en présence de trois médecins de Nice, étrangers à l’hôpital.

Le 17 janvier 1898, arriva une femme avec un bassin rétréci inférieur à 7 cent. Chacun des trois médecins avait successivement, à des heures différentes, tenté une application de forceps. Ils avaient, chaque fois, opéré sous le chloroforme et n'avaient pas pu réussir. C’est après avoir subi ces trois tentatives, que la femme, épuisée, n'en pouvant plus, arrive à l'hôpital pour que son cadavre fœtal subisse l'opération mutilatrice. On éthérise la femme, et on tente l'application du basiotribe de Tarnier. Le perforateur pénètre assez aisément dans la boîte cranienne. La première branche est aussi placée très facilement et le petit broiement se produit. En tirant pour voir si la prise était solide, le basiotribe dérape. L'un des trois médecins présents conseille alors un forceps. Après plusieurs tentatives inutiles, M. le docteur Lautard dit aux trois médecins présents : «Si nous essayions la version? » L'un d’eux répond, avec un sourire presque moqueur et surtout sceptique: « Essayez, vous verrez bien ». Le forceps mutilateur est enlevé. On tire facilement les pieds, les hanches, le tronc et les épaules. Une simple manœuvre de Mauriceau dégage sans difficulté la tête dernière. Gette tête avait été perforée, ainsi que nous l'avons dit plus haut. L'un des pariétaux avait été fracturé, mais la base était intacte. On aurait donc pu essayer la ver-

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