‹ Contribution à l'étude de l'emploi de l'éther en obstétriqueChapitre 7 sur 52 · SN ES · texte numérisé non relu

SN ES

maintenir l'immobilité des membres. A son réveil, l'anesthésice, interrogée sur les motifs de ses cris, déclarait qu'elle ne se souvenait de rien et qu'elle avait perdu connaissance sitôt que le masque avait été placé sur sa figure. Quelquefois, cependant, elle accusait une sensation d'étouffement, qui disparaissait au bout de quelques secondes. Le réveil était toujours calme et paisible, surtout quand on avait soin d'enlever progressivement le masque. L’enlèvement trop brusque surprenait quelquefois et provoquait des vomissements ou de la gène respiratoire.

Les anesthésies difficiles s'étaient souvent remarquées dans les opérations chirurgicales chez les vieux alcooliques. Mais les parturientes, femmes jeunes encore et chez lesquelles l'éthylisme n'avait pas encore exercé ses ravages, s’endormaient très facilement. Après avoir obtenu la résolution, il nous arrivait souvent de confier le masque à une infirmière et nous pouvions ainsi venir directement en aide à l'opérateur. Une telle conduite aurait été impossible avec le chloroforme. La surveillance est, en effet, plus facile avec l'éther, car il suffit de faire attention à la respiration, qui est toujours un peu sonore. Le chloroforme, au contraire, nécessite une surveillance de tous les instants. .

Plusieurs auteurs, parmi lesquels Lueas-Championnière, ont objecté que l'anesthésie à l’éther nécessitait une instrumentalion spéciale. Nous répondrons que tout médecin prévoyant appelé auprès d’une femme en couches emporte son forceps. L’addition à cet instrument très embarrassant d'un masque de Juliard n'est pas bien considérable. Ce masque est surtout d'autant moins embarrassant depuis la modification apportée par M. le professeur Forgue. Cette modification consiste à le rendre pliant, au moyen d'un mécanisme spécial, de telle façon qu'il n’occupe pas plus de place qu’un journal.

Page 1