‹ Contribution À L'Étude De L'Emploi Des Métaux Colloïdaux Électriques Isotoniques Stabilisés Dans Le Traitement Des Maladies InfectieusesChapitre 13 sur 46 · RES · texte numérisé non relu

RES

à la dose de 10 à 15 centimèt. cub. par injection. Après une série de 4 à 8 injections, la température qui était à 39°5 et 405, tombe définitivement à 37°, avec apparition d'une diurèse abondante. Chez un de ces malades, après 3 injections qui avaient abaissé la température à 37°8, il a cessé le traitement pendant 48 heures. La fièvre remonta aussitôt à 40° pour cesser après 3 nouvelles piqüres. Le quatrième malade, bien que souffrant déjà depuis 3 semaines, était encore couvert d’une abondante éruption de taches rosées ; la température était de 39°3. Trois injections amenèrent une apyrexie définitive.

« La cinquième malade était une fillette de quatorze ans et demi. Gaillard a commencé les injections au dixième jour, lorsque la température était encore à 40°6. Après 7 injections d'environ 10® chacune, la fièvre tomba à 37°2, sans que, cependant, l’état général fut devenu tout à fait satisfaisant, et sans apparition de crise urinaire. Le traitement ayant été interrompu, la température remonta peu à peu, la défervescence ne survint qu’au vingt-neuvième jour de la maladie.

« Gaillard a constaté, ainsi que moi-même, que, tandis que dans certains cas, on a des réactions dépassant un degré, chez d’autres malades celle-ci était insignifiante ou nulle. Cet auteur a observé que lorsqu'on emploie des doses suffisantes, on voit apparaître, une demi-heure après l'injection, un tremblement généralisé, une cyanose plus ou moins marquée, persistant environ vingt minutes. La température s'élève alors, atteint 40 à 41° en une ou deux heures, puis descend jusqu'à 36%, six à douze heures après l'injection.

« J'ai essayé moi-même l'argent électrique, dans deux cas de fièvre typhoïde chez les adultes : j'ai toujours pra-

D 0 pe

tiqué des injections intra-musculaires de 10 à 20% par jour. J'ai constaté que l’évolution de la maladie était beaucoup plus courte ; que les abaissements thermiques obtenus par les bains sont beaucoup plus grands et arrivent facilement à 1°%5 et 2° et que, alors même que la maladie s'annonce grave, elle évolue entre 38°5 et 39°5. »

Dans un cas de para-typhoïde, on remarqua que l'interruption des piqüres amena une rechute.

M. Cavadias, interne des hôpitaux, essaya, dans le service de M. Léon Bernard, l’action de l'Ag. électrique dans la pneumonie. Deux malades furent soignés en même temps, qui étaient atteints de pneumonie franche, à courbes thermiques parallèles.

Le 2 mars 1907, entrée à l'hôpital. Le 7 mars, on fait à l'un une injection de 5% d’Ag. ; le lendemain, 8 mars, une injection de 10%. La température baisse lentement dès la première injection et continue à baisser jusqu'à la défervescence complète. Le 17, il sort guéri.

Chez l’autre malade non traité par l’Ag., la défervescence se fit d’une façon parallèle, mais le 13 mars la température remonte, et le 15 mars elle arrive à 39. On injecte 10% d’Ag. colloïdal et la température descend à 38°2. Mais une pleurésie, que la ponction montre être purulente, s'étant déclarée du côté sain, le malade passe en chirurgie.

Voici une nouvelle observation de pneumonie due encore à M. Cavadias et rapportée par M. Iscovesco (1). Il s'agit d’un malade, âgé de 52 ans, qui entre le 16 mars à la Pitié, avec toux, point de côté, température à 398,

(1) Iscovesco. — Presse Médicale, loc. cit.

LP Ce

pluie de râles crépitants à la base gauche. Le 18 mars au soir, la température est à 40°; il a un délire violent. M. Cavadias pratique une injection intra-veineuse de 10€ ; le lendemain, 38°6 ; le soir, la température remonte à 40°. On injecte à nouveau 10* d’Ag. électrique ; le lendemain, 396. Nouvelle injection de 10®suivie d’une chute, le lendemain, à 38°6. A partir de ce moment, défervescence graduelle jusqu’à la guérison.

Observation de rhumatisme articulaire aigu due encore à M. Cavadias, rapportée par M. Iscovesco. Il s’agit d’un malade, âgé de 31 ans, entré le 16 mars 1907 dans le service de M. Léon Bernard, avec des phénomènes de rhuma- . thisme articulaire très violents et généralisés. Il y a albuminurie intense ; la température se maintient pendant deux jours à 39. On donne de l’aspirine le second jour de l'entrée. A la fin de ce second jour, on fait 8“ d'Ag. colloïdal. Le lendemain matin, la température tombe à 3895 ; le soir, 38°5. Le surlendemain, 36°8 et on constate, en même temps, une rétrocession des phénomènes douloureux.

Deux observations de fièvre puerpérale, traitées avec succès par l’Ag. électrique en injection intra-veineuse, sont dues à MM. Chirié et David, internes à la Maternité.

M. Iscovesco a essayé l’Ag. électrique dans une quinzaine de cas de grippe grave ; injections intra-musculaires, doses variant de 10 à 30%. « J’ai observé, conclut-il, que dans ces conditions, on n’a jamais les suites asthéniques que l’on observe si souvent dans la grippe. De plus, on n’a jamais de complications. La défervescence se fait, tantôt brusquement, tantôt lentement, suivant les doses employées. »

tas

L’Ag. électrique, pas plus que l'or électrique du reste, n’a jamais donné de résultats satisfaisants à M. Iscovesco dans les affections bacillaires. M. le professeur Carrieu, dans son service, n’en a retiré également aucun bénéfice. Nous-même, nous nous sommes buté à des insuccès complets, soit avec l'or, soit avec le platine électrique.

Observation d'un érysipèle traité par le palladium électrique, publiée par M. Iscovesco. ne

Il s’agit d’une malade âgée de cinquante ans, ayant un érysipèle de la face ; 5® de palladium amenèrent une première chute de la température et 10% donnés, le lendemain, amenèrent une défervescence complète. L'évolution locale a continué après la guérison de l’état général, et la dermite faciale a mis huit jours pour guérir presque sans traitement. É

Voici une série d'observations (avec conclusions), empruntées à une publication faite dans la Revue Médicale de l'Est (1° septembre 1907), par M. G. ETIENNE, professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Nancy :

« Dans les tableaux, j'indiquerai respectivement l’emploi de l'argent, du platine, du palladium, par les symboles Ag, Pt, P, étant entendu que, pour chacun de ces métaux, il s’agit de son état colloïdal par méthode électrique, stabilisé en solution isotonique, et des produits . commercialement indiqués sous les noms de Electrargol, Electroplatinol, Electropalladiol, et administrés par voie

ET

d'injections sous-cutanées. La disposition des tableaux est telle que, lus suivant l’ordre chronologique, la température est précédée par l'injection qui l’a influencée. »

Page 1