‹ Contribution À L'Étude De L'Emploi Des Métaux Colloïdaux Électriques Isotoniques Stabilisés Dans Le Traitement Des Maladies InfectieusesChapitre 28 sur 46 · PRE · texte numérisé non relu

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Le soir à 9 heures, nous trouvons le malade assis sur son lit, la respiration très fréquente, 70. Les ailes du nez battent. Nous avons l'impression que le malade ne passera pas la nuit. Nous faisons une piqûre de caféine et faisons des inhalations d’oxygène.

Mardi 21. — La nuit a été mauvaise, mais ce matin il est un peu mieux qu’hier soir. Pouls 104, assez bon, la température baisse ; par précaution, nous faisons une piqûre de caféine le matin, une d’huile camphrée le soir, dans la journée 15 cc. d’électrargol en 3 injections. ;

Mercredi 22. — Le malade va bien du corps, il est plus éveillé, il s'amuse, à bien dormi pendant la nuit. Bien des pustules se sont affaissées sur le corps, dures, sans s'ouvrir : la dyspnée diminue R — 30 ; les signes locaux diminuent aux poumons, il n’y a plus que quelques sous-crépitants épars.

Jeudi 23. — La broncho-pneumonie reprend au poumon gauche et dure jusqu’au 26. Le malade reçoit des injections de caféine, d'huile camphrée et 20 ce. par jour d’électro-palladiol. Il guérit, mais jusqu’au 13 juin, la température reste au-dessus de la normale, à cause de multiples abcès qui se sont formés aux points des injections. Il sort le 20 juin, complètement rétabli. |

CoxcLusioNs. — Avant l'Électrargol : Variole très grave chez un sujet non vacciné. — Après : Crise sudorale passagère. Légère crise urinaire. Effet peu appréciable sur la marche de la suppuration. Abaissement de la température. Relèvement de l’état général.

Observation XXI. — lothinentérie avec méningite.

M. C.S., entré le samedi 8 juin dans le service de M. le professeur Carrieu.

Il est malade dépuis le samedi 1er juin, mais il avait eu, un mois auparavant, une dyssenterie à la suite de l’absorption d’huîtres de Cette. M. le Dr Vires, qui le soigne en ville, a bien voulu nous communiquer les notes relatives du début de la maladie.

Samedi 1er juin. — Dans l'après-midi, le malade ressent un violent mal de tête.

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Dimanche 2. — La céphalée persiste avec de la fatigue physique.

Lundi 3. — A la céphalée s'ajoutent des frissons, depuis 3 heures de l’après-midi. Il n’a pas dormi la nuit précédente. Frissons nouveaux, sensation de froid, insommie. On donne un purgatif qui produit peu de résultat. |

Mardi 4. — La céphalée persiste avec les frissons. Le soir, 3809.

Mercredi 5. — Diarrhée abondante. On trouve des gargouillements dans le ventre. La température est à 3802 ; le pouls à 84. La langue, saburrale, est rouge à la pointe et sur les bords. Insomnie, mais ni rêves, ni cauchemars. Il apparaît une douleur dans la fosse iliaque, avec gargouillements. J’ordonne du lait toutes les 2 heures. Le soir 3904. Pouls à 80, mais petit, dépressible.

Jeudi 6. — Persistance des symptômes.

Vendredi 7. — Le malade a un peu d’obnubilation; repose de minuit à 4 heures; fait des gaz par l’anus. La bouche, est sèche, brûlante, la langüe saburrale. Le matin, il a eu une selle diarrhéique, ocreuse, fétide. Température 3903 ; pouls 80. Continue à prendre de la tisane. Pas de taches rosées. Le soir, le pouls est à 84; délire. Langue sale, épaisse, fuligineuse. Pas de selles. Haleine fétide. Ürines rares. La température atteint 3904. Je donne, à 9 heures du soir, 0,20 centigrammes de pyramidon; à 11 heures, 0,20 autres centigrammes. Limonade. | |

Samedi 8. — La nuit est assez calme. Température 3904. Pouls 80. Le malade a sué très abondamment à cause du pyramidon. La langue est très sale, saburrale, l’haleine fétide. Je redonne, à 8 heures du matin, 0,20 cgr. de pyramidon, et, de nouveau, à 10 heures.

Le malade est amené, à deux heures, à lhôpital. Nous le trouvons un peu abattu; la langue est blanche, rouge à la pointe et

sur les bords ; la diarrhée est très abondante ; pas de taches

rosées. L'un de nous prescrit une potion avec 30 grammes de sirop de ratanhia.

Dimanche 9 juin. — Le malade a vomi pendant la nuit; il est assez agité. La diarrhée persiste ; nous continuons le ratanhia et preserivons des boissons glacées. Pyramidon: 0,15 egr. dans la journée, donnés en même temps que trois bains, pour éviter la . sudation habituelle et empêcher sa coïncidence avec la balnéation.

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Bains à 32, refroidis à 28o. Boissons: lait, bouillon, champagne, sirop de limon.

OBSERVATION XXI, — Fièvre typhoïde avec méningite,

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Mai 1907

Dates RIT

Lundi 10 juin. — Monsieur le professeur Carrieu voit le malade qui est assez abattu. Dans la bouche apparaît un peu de muguet, manifestation qui nous inquiète.

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Le ventre est légèrement tendu. Il y a 3 taches rosées à la base du thorax. La palpation de la fosse iliaque droite est douloureuse. En arrière du poumon, nous trouvons de la submatité aux deux bases, et quelques sous-crépitants. Au cœur, le premier bruit est un peu faible.

Mardi 11 juin. — Le malade est beaucoup plus abattu. Il répond péniblement aux questions qu’on lui pose. Pas de vomissements. La diarrhée persiste. Le séro-diagnostic de Widal est positif. Température 3804-3805. Pouls à 90. ,

Mercredi 12. — Le malade est très affaissé. Le muguet devient plus abondant, le ventre toujours tendu, présente une véritable éruption de taches rosées caractéristiques. Nous en comptons une trentaine. Le malade a encore 2 selles liquides et fétides. Il urine peu. Traces d’albumine dans la légère quantité d'urine à analyser. Au cœur le premier bruit est sourd; on fait matin et soir une piqûre d'huile camphrée. Plusieurs fois dans la journée, on pratique des badigeonnages de la gorge avec l’eau oxygénée.

Jeudi 13. — La prostration augmente ; c’est à peine si le malade peut parler.

Vendredi 14. — Le malade est toujours affaissé ; il n’urine presque pas. Le premier bruit demeure très sourd ; le pouls est petit, très dépressible. On lui injecte un litre et demi de sérum contenant 0,50 centigrammes de caféine. Le soir, une piqûre d'huile camphrée. Pyramidon et bains sont continués.

Samedi 15 — La diarrhée diminue : une seule selle dans la nuit, même traitement.

… Dimanche 16. — Dans la nuit, le malade délire ; l’un de nous, qui le voit pendant la nuit, le trouve complètement découvert, très agité, voulant absolument quitter le lit. On prescrit des compresses froide sur la tête. La température des bains est abaissée à 240. Dans la journée, le malade a des alternatives de délire et d’abattement, de la carphologie, du tremblement des lèvres. C’est véritablement une forme ataxo-adynamique. Le muguet couvre toute la gorge et provoque de la douleur et de la dysphagie. Le malade prend à peine dans la journée un peu de lait et un peu de sirop étendu d’eau. L’absorption des cachets devenant impossible, le pyramidon ést donné en potion. On continue le sérum caféiné et

l’huile camphrée. La situation devient très grave.

Rd P—.

Lundi 17. — Le premier bruit du cœur est de plus en plus sourd, embryocardie. Le pouls petit, très dépressible, monte à 105. Le facies est très mauvais. En présence de cet état, M. le professeur Carrieu pense à employer les métaux colloïdaux électriques. Nous injectons en deux fois sous la peau 10 cc. d’électraurol. Dans la soirée, en sortant du dernier bain, le malade à presque une syncope. d | Mardi i8. — La situation s'aggrave un peu. A côté de la dysphagie due au muguet, le malade présente un peu de trismus. Il ne reconnaît personne, ne parle plus. Le second bruit du cœur s’assourdit lui aussi. L'alimentation liquide est impossible. Deux nouvelles injections d’électraurol.

Mercredi 19. — La contracture augmente; elle est généralisée ; le malade a quelques soubresauts des tendons. Trismus intense. Photophobie, hypéresthésie. Il présente un peu le signe de Kernig. La céphalée est très intense, les pupilles réagissent mal à la lumière ; le malade va sous lui. Il est presque dans le coma. Les traits sont tirés ; une sueur froide couvre la figure. On prescrit des cataplasmes sinapisés aux jambes, de la glace sur la tête et on supprime les bains. Deux injections de 5 cc. d’électraurol.

Jeudi 20. — Le coma est absolu. Le malade n’a rien pris depuis la veille. Il n’ouvre pas les yeux quand on le secoue. Une escharre à chaque genou. M. le professeur Carrieu annonce un début de méningite. L'état est désespéré. Le facies donne l'impression d’une mort imminente. À 3 heures, nous faisons une ponction lombaire, et nous retirons 15 cc. de liquide ; il est en légère hypertension et, après centrifugation, le faible culot examiné montre quelques rares polynucléaires et lymphocytes. Une heure après, le malade ouvre les yeux et peut boire. L’électraurol est donné en 2 fois : 10 cc.

Vendredi 21. — Le malade a été encore affaissé pendant la nuit. Dans l'après-midi, il a une gaîté factice, il est loquace, agité, a du délire et veut se lever. Tous les symptômes méningitiques réapparaissent. La respiration est fréquente, stertoreuse. Cette dyspnée est d'origine bulbaire ; car il n’y a pas de signes pulmonaires. Electraurol 10 cc.

Samedi 22. — Le malade est en plein coma ; le pouls s'élève, alors que la température descend. Nous nous attendons à voir

mourir le malade d’un moment à l’autre. A 11 heures, ponction lombaire ; le liquide est encore hypertendu, il est louche ; nous retirons 15 cc.; mais l’état ne s'améliore pas. Le liquide examiné montre une réelle polynucléose. Notre Maître consulté nous engage à faire une nouvelle ponction pour injecter dans la cavite méningée le métal colloïdal; elle est pratiquée. A 3 heures, nouvelle ponction lombaire, le liquide est toujours louche et en hypertension, 5 cc. sont retirés et remplacés par une quantité égale d’électraurol. Le résultat dépasse nos espérances ; nous sommes d’abord légèrement inquiétés par un tremblement généralisé, qui apparaît immédiatement après l'injection. Progressivement la contracture disparaît complètement; le malade ouvre les yeux, parle et boit tout ce qu’on lui donne. Quelques restes de dysphagie due au muguet. Il reconnaît ses parents, nous-mêmes et dit que la céphalée a diminué d'intensité. Il va abondamment du corps, a une véritable crise urinaire. La nuit est: tranquille; le

malade dort bien.

Dimanche 23. — Le facies est très bon. Plus de dyspnée; le malade parle un peu; il est calme, 10 cc. d’électraurol par la peau. Lundi 24. — Le mieux continue, mais le malade est toujours

faible. Nouvelle éruption très abondante de taches rosées, cou- ‘vrant tout le thorax. Le pouls redescent aux environs de 80.

Mardi 25. — Même état. Le facies est devenu tout à fait bon. Le malade cause ; il n’a plus que 2 bains. Electraurol 10 cc.

Mercredi 26. — La température atteint, pour la première fois, 370 le matin. On supprime les bains et le pyramidon.

Jeudi 27. — L'amélioration continue, 3703 le soir. On sort le malade de son lit pour le refaire. Le pouls est à 80, très bon.

Vendredi 28. — De la journée la température ne monte pas au dessus de 370. La maladie peut être considérée comme terminée.

De ces faits, nous voyons que les métaux colloïdaux agissent d’une façon efficace dans des infections graves très diverses. Comment agissent-ils cliniquement ? Parfois, il semble qu'il y a, après l'injection, une légère réaction fébrile, mais la chute de la température ne tarde pas à se produire, momentanée ou durable suivant les

Cas, les doses et la méthode d'introduction. Ce sont, surtout, les phénomènes nerveux dus à l'infection qui sont favorablement et rapidement modifiés, qu'ils soient dus au spectrocoque de Fehleisen, au bacille d'Eberth ou à d’autres. Mais il est quelques faits sur lesquels je tiens à attirer particulièrement l’attention. En premier lieu, dans le cas d'injection méningée, chez notre typhique avec méningite, nous avons noté immédiatement après des tremblements généralisés. Ils ont débuté par les membres supérieurs, puis successivement ont envahi le tronc, les membres inférieurs et la face, montrant l'excitation de l'axe nerveux. Il faut être prévenu de l'existence de ces tremblements que les auteurs n'ont pas encore indiqués, croyons-nous. Îls n’ont pas de signification fâcheuse et sont seulement la preuve de l'absorption immédiate des métaux électriques.

Dans tous les cas, mes deux collaborateurs ont observé après l'injection une cfise urinaire (quantitative) de bon augure.

CONCLUSIONS. — Avant : mort imminente; méningite et coma. Aprés : tremblements; crise urinaire ; soulagement . presque immédiat; diminution de la céphalée, etc.

Observation XXII. — Pleuro-pneumonie droite. (Due à l’obligeance de notre excellent confrère et ami le docteur Clauzel.)

D., 50 ans, instituteur à A... (Ardèche), nous fait appeler le 11 juillet au soir. Le malade est au lit. AE

Nous constatons une langue sale, de l’inappétence, bouche mauvaise, pas de gargouillement dans la fosse iliaque droite, un peu d’abattement et une température de 3708.

Rien aux poumons, au cœur, ni aux autres appareils.

Le malade est un constipé et un dyspeptique habituel, il a eu de l’entérite muco-membraneuse et de la congestion du foie ; cet état

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