‹ Contribution À L'Étude De L'Emploi Des Métaux Colloïdaux Électriques Isotoniques Stabilisés Dans Le Traitement Des Maladies InfectieusesChapitre 31 sur 46 · FEUILLE DE TEMPERATURE · texte numérisé non relu

FEUILLE DE TEMPERATURE

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OBSERVATION XXII. — Spléno-pneumonie.

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Le 27. — Nous constatons, du côté droit du thorax et en arrière, de la submatité, le souffle s’atténue; son maximum est dans l’aisselle ; les vibrations sont exagérées, sauf à la partie inférieure ; un peu d’égophonie et de pectoriloquie ; quelques sous-crépitants et quelques frottements.

L'épanchement semble s'être résorbé en grande partie.

Le 28. — La température revient brusquement à 387 ; le malade est plus fatigué. Cependant, nous ne trouvons pas d’autres signes que ceux constatés la veille. Nous ne nous expliquons pas la cause de cette élévation : le malade ayant été purgé le 26, elle ne semble pas due à la constipation.

Comme le malade est au lit depuis 17 jours, nous pensons (à titre d'hypothèse) à la possibilité d’un épanchement interlobaire tendant à la suppuration.

Nous recommençons l’électrargol: 5 cc. par jour pendant six jours.

Dès le lendemain, la température a baissé à 37°; le pouls et le nombre des respirations devenus moindres.

Notre hypothèse d’épanchement suppuré ne s’est heureusement pas réalisée. L’électrargol semble avoir fait beaucoup de bien au malade, car la fièvre ne reparaît plus, le malade se sent mieux de jour emjo r.

Le 30 juillet, potage.

Le 31 juillet, 1 œuf matin et soir.

Le 1er août, 1 œuf, 1 cervelle.

Le 2 août, au moment de quitter le malade, il ny a plus de fièvre. Depuis le 29, le pouls bon est à 76, la respiration à 22, la temp. à 3605. Le malade commence à s’alimenter, est plein d’entrain.

Observation XXIII. — Ectasie aortique, phénomèné infectieux. (Due à l’obligeance de M. Vennes, interne dans le service de M. le professeur Grasset.) :

M. C., copiste, âgé de 27 ans, entre dans le service de M. le professeur Grasset, salle Fouquet, no 4 (le 19 décembre 1907) pour phénomènes fébriles remontant à 5 ou 6 jours.

Dans ses antécédents une attaque de rhumathisme articulaire aigu, très intense, ayant tenu le malade deux mois au lit et déterminé une profonde anémie. Dès son jeune âge, le malade était facilement essouflé et ne pouvait fournir d’effort soutenu. Il avait dû choisir une profession peu fatigante.

Ces derniers temps, à la suite d’un coït suspect, il a présenté une érosion de la verge compliquée de chancrelle suppurée de l’aine.

Il était en traitement, pour cette affection, dans le service de M. le professeur Vedel, lorsque dans la nuit, trois jours avant son arrivée, il a eu une syncope; l’interne de garde appelé à ce moment a

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constaté les extrémités froides, un cœur irrégulier, arythmique et une cyanose de la face. Le lendemain de cet incident le malade a conservé une excitation cardiaque avec palpitations très doulou-

reuses : le cœur bat fortement dans la poitrine et chaque contrac-

EN

tion cardiaque imprime une impulsion très forte à la paroi et détermine des douleurs céphaliques.

A l’auscultation on perçoit un soufle intense au niveau de tous les orifices.

Vu l'intensité des phénomènes fébriles, des signes de lésion cardiaque, on émet l'hypothèse d’une endocardite infectante, avec réserve à l'endroit d’une typho-syphilose ou d’une dothienentérie. C’est pour élucider ce diagnostic que le malade nous est envoyé dans le service : nous sommes frappés par l’éréthisme cardiaque et l’état sabural des voies digestives.

À son entrée, 16 décembre, temp. 390 le soir, pouls à 100, langue sale, ventre légèrement météorisé; pas de taches rosées. La pointe du cœur bat quatre travers de doigt au-dessous de la ligne mamelonnaire ; choc en dome. A la base, au niveau du foyer aortique, double frémissement à la fois systolique et diastolique ; l'aorte est perceptible au niveau de da fourchette sternale ; dans l’espace intercostal il semble qu’on perçoive un peu d'expansion. A l’auscultation : à l’aorte double souffle à la fois systolique et diastolique ; les bruits du cœur sont perçus d’une façon intense à la

pointe, le premier bruit étant parfois soufflé.

L'examen radiographique ultérieur nous a permis de constater une dilatation de l'aorte cylindrique des plus nettes. |

Nous avons prélevé du sang dans l’intérieur de la veine céphalique, nous l'avons mis en culture ; le résultat fut négatif, aucun microbe ne se développa.

Le séro fait avec le typhus et les paratyphus n’a jamais été positif. L

Comme il n’y à aucun signe de syphilis secondaire, pas d’engorgement ganglionnaire, pas de roséole, nous réduisons le champ de nos hypothèses à celle d’embarras gastrique fébrile survenu chez un cardiaque ancien et ayant déterminé une excitation myocarditique intense, faisant des réserves à l'endroit d’une endocardite infec-

tante. Aussi essayons-nous, contre ces infections indéterminées, l’électraurol en injections sous-cutanées.

Le résultat fut des meilleurs et, comme il est facile de s'en rendre compte par l'examen de la courbe thermique, il s'est produit sous leur influence une diminution progressive des phénomènes morbides.

Après quatre injections d’électraurol le Dalaté avait repris son état normal et le cœur son calme habituel.

Observation XXIV. — Grippe infectieuse. (Communiquée avec beaucoup d’obligeance par M. le Dr Magniol, ex-chef de clinique.)

G. B., âgée de 25 ans, ne présente rien de particulier dans ses antécédents personnels et héréditaires, se plaint, le 25 décembre, d'un malaise qui date de quelques jours. — Elle s'était alitée les24, put se lever le 25, mais dut se recoucher le 26 décembre 1907: Depuis ce jour, fièvre, courbature, céphalée, rachialgie, inappétence, pas de diarrhée, pas d'épistaxis.

Je suis appelé le 31 décembre 1907. — Ce jour là, je constate à l'examen un état de prostration très accentué; la peau est brüûlante et sèche; le facies tiré, grippé ; les conjonctions jaunâtres, la langue saburrale, la température est de 3905, il y a état de subdélire assez intense. Traitement : potion au pyramidon.

Le jer janvier 1908. — À 8 heures du matin, température 3903, l’état n’a pas changé (la nuit a été très mauvaise) ; je décide, vu la gravité des symptômes, de faire une injection d’Electrargol (5 cc.). À 1 heure 1/2, température 395; à 7 heures 1/2, température 3802. Nouvelle injection d’Electrargol 5 cc. à 11 heures du soir : température 3904.

Le 2 janvier. — L'état paraît s'être un peu amélioré. À 8 heures du matin, température 38 ; à 11 heures, injection d’Ag. 5 cc., température 3802 ; à 3 heures, l’état est meilleur que le matin, température 3802 ; à 9 heures du soir, temp. 3806, nouvelle injection.

Le 3 janvier. — À 8 h. du matin temp. 3802, Electrargol 5 ce., l’état reste stationnaire, bien médiocre; à 1 h., temp. 3707 ; le soir à 8 h., temp. 3%, Electrargol 5 cc.; la nuit est très agitée, je donne un bain pour calmer l’agitation.

Ron

Le { janvier. No matin, temp. 3801, Electrargol 5 ec. ; à 3 h. soir, temp. 3809 ; l’état est stationnaire, je donne deux bains pour calmer l'agitation ; à 8 h. temp. 3%, Electrargol 5 ce. à

Le 5-janvier. — A 8 h., 38, Electrargol 5 ce.; à 3 h. 376, pouls 100 ; à 8 h., 3708, Electrargol 5 cc. Journée meilleure.

Le 6 janvier. — À 8 h., 3806, pouls 100, Electrargol 5 ec. ; à 3 h., 3802; à 8 h. 3809. Etat médiocre.

OBSERVATION XXIV. — Grippe infectieuse.

Le 7 janvier. — A 8 h., 3805, Electrargol 5 5 Ccc.; à 3h. 376; à8 h.

3803, pas d'Electrargol. Etat médiocre.

Le 8 janvier. — À 8 h., 3708, Electrargol 5 cc. ; à 3 h. 3705, pouls

120 >" à 8 h:, 3807, Electrargol 5 cc. Aggravation légère ; le cœur fléchit. | ;

Le 9 janvier. — A 8 h., 3806, pouls 128, Electrargol 5 cc., le cœur faiblit, premier bruit sourd; je fais une injection 1 ec. d'huile camphrée ; à 3 h., 3801; à 8 h. 3706, pouls 120, Electrargol, huile camphrée. |

Le 10 janvier. — A 8 h., 3703, pouls 100, Electrargol 5 cc. ; à 3 h., 380, huile camphrée 1 cc. ; à 8 h., 3803, Electrargol 5 cc.

Le 11 janvier. — À 8 h., 3704, Electrargol 5 cc. ; à 3 h., 3704, mieux très sensible ; à 8 h., 38, pas d’Electrargol.

Le 12 janvier. — A 8 h., 3703, amélioration complète; à 3h., 3702, suppression de l’Etrargol ; à 8 h., 370.

Depuis ce jour, la température n’est pas montée au-dessus de 3705 le soir ; l'amélioration est allée en augmentant et actuellement la malade est guérie.

À noter, dans cette observation, le nombre d'injections d'Electrargol (20) sans accidents locaux ni généraux. L'impression ressentie par moi est que, dès les premières injections d'Electrargol, on transformait la grippe « infectieuse » en une grippe banale.

À noter également l'ascension réactionnelle, consécutive à l'injection, de la température.

Observation XXV.— Grippe grave. (Communiquée par Monsieur le Dr Magniol.)

M. B., âgé de 45 ans, est atteint de grippe légère depuis le 22 décembre. Ce jour-là, il a éprouvé des frissons ,et un malaise général, il a dû s’aliter le lendemain.

Pendant toute la semaine, jusqu’au 31 décembre, la température variait de 385 à 3906, pas de diarrhée, pas de phénomènes de dothienentérie, mais à la base du poumon gauche atélectasie pulmonaire complète; matité complète, absence de vibrations, etc., bloc pulmonaire compact, sans souffle ni murmure vésiculaire ; pas d’égophonie.

Le 1er janvier 1908. — Après quelques frissons, la température monte à 40; le facies est mauvais, l’œil jaunâtre, les urines rares, rouges et épaisses, uratiques ; vomissements ; délire intense mais tranquille ; le malade, les yeux fixés au plafond, parle sans cesse

d’une façon incohérente.

Je le vois avec M. le professeur Carrieu et nous décidons, devant la gravité de l’état, de faire des injections d’électrargol. J’injecte, le soir même à 5 heures, 10 cc. d’électrargol dans la fesse gauche, la température était de 3901, pouls 120.

Le lendemain 2 janvier. — La nuit a été mauvaise, mais la température est de 3805 et le pouls à 100; nouvelle injection de 10 cc. ; le soir, température 3802, pouls 100 ; l’état s’est légèrement amélioré.

Le 3 janvier. — Le matin, temp. 3806; pouls 88; injection de 10 cc. Electrargol et 2 cc. de caféine (0 gr. 50), car le cœur faiblit ;

le soir, 3 h., temp. 38, pouls 92, l’état est meilleur ; à 9 h. temp. 3806, pouls 100.

Le 4 janvier. — A 8 h. matin, temp. 3801, pouls 100, Electrargol 5 cc., les urines sont meilleures ; à-3 h. soir, temp. 3703, pouls 102, caféine (0 gr. 50); à 9 h., temp. 3702, pouls 112, Electrargol 5 ce., caféine (0 gr. 50).

Le 5 janvier. — A 8 h., matin, temp. 3701, pouls 100 ; à 9 h., soir, temp. 3608, pouls 90, l’état est bien meilleur, je ne fais qu’une seule injection de 5 cc. Electrargol le matin:

Le 6 janvier. — A8 h., matin, temp. 3603, pouls 88 ; à 9 h., soir, temp: 3607, pouls 80, pas d’Electrargol, pas de caféine, urines bonnes et abondantes.

Le 7 janvier. — A 8 h. matin, temp. 3604 ; à 9 h. soir, temp. 3606, : le malade se sent bien et va de mieux en mieux. Il est complètement guéri actuellement.

Cette dernière observation est plus frappante encore. L'amélioration a été plus rapide encore pour un état plus grave que celui de l'observation précédente. Peutêtre faut-il en voir la raison dans ce fait que les injections d’électrargol ont été instituées plus tôt et à doses plus massives.

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Observation XXVhis. — Suiles de couches pathologiques ; phlébite * poussée de rhumatisme polyarticulaire avec endocardite infectieuse. (Voici, très résumée, cette observation très intéressante que nous a obligeamment communiquée le Dr Cotsaftis, de Montpellier.)

Il s’agit d’une jeune femme de 20 ans, mariée à 19 ans, qui venait d’accoucher prématurément d’un enfant vivant. (Il n’a survécu, du reste, que 48 heures.)

Rien de particulier pendant et immédiatement après l’accouchement (22 mai 1907).

… Le vendredi 7 juin 1907, la malade se plaint de douleurs locälisées en deux endroits précis: dans la cuisse droite d’abord, ensuite dans la fosse iliaque du même côté.

Il y a des vomissements; élévation de température et légère odeur des lochies. Le Dr Reynès, ancien chef de clinique obstétricale, diagnostique une phlébite avec menaces de phlegmon du ligament large. .

11 juin. — L'application de glace fait disparaître la douleur iliaque ; la phlébite persiste; alors, apparaissent les douleurs polyarticulaires aiguës.

Appelé en consultation, le Dr Cotsaftis admet avec le Dr Reynès, Phypothèse d’une double infection de nature différente : asssociation de phlébite et de rhumatisme articulaire.

Du 12 au 25 juin. — Malgré un traitement approprié intensif, les symptômes persistent et l’état général est devenu très grave; la température oscille autour de 398 ; le pouls est très rapide.

Le 26 juin. — Point de côté très douloureux, localisé sous le sein droit. On injecte de la morphine.

Le 27 juin. — Injection de 40 cc. d’électragol en deux fois (intramusculaire), on continue tous les jours jusqu’au 3 juillet.

« Dès la première injection, dit le D' Cotsaftis, nous avons observé une notable amélioration des phénomènes alarmants. » On avait cessé à ce moment toute médication spécifique du rhumatisme articulaire.

M. le professeur Carrieu, appelé dans cet intervalle, approuve entièrement cette médication.

Le malade a donc recu une dose totale de 180° d’électrargol sans en éprouver aucun inconvénient, ni se plaindre d’aucune douleur.

Lever le 12 juillet et, bientôt après, départ à la campagne.

Le D" Cotsaftis en tire cette conclusion « que sous l'influence de l’Electrargol, la malade, infectée déjà par la voie génitale et affaiblie à la suite de son accouchement, a pu lutter victorieusement contre l'infection rhumatismale compliquée d’endocardite infectieuse ».

Observation XXVI. — (Due à l’obligeance de M. le Dr Bousquet, chef de clinique médicale.) — Erysipèle. — Electrargol.

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