VARIOLE
. Les résultats obtenus avec les métaux colloïdaux par M. le professeur Carrieu, dans un cas de variole chez un enfant non vacciné, sont remarquables et peuvent se résumer ainsi:
Abaissement très net de la température ; légère crise urinaire ; relèvement de l’état général. (A noter que l’enfant ainsi traité est le seul des non vaccinés qui a été sauvé dans l'épidémie qui sévissait à cette époque.)
De même dans l'observation XII (communiquée par M. Roger), on a pu constater que, sous l'influence du traitement par l'électrargol, la température, dans la variole, ne s'élève pas comme lors de la période habituelle de suppuration (37°4 matin et soir, en pleine suppuration).
Dans les infections chroniques, et plus spécialement dans la syphilis (1), l'emploi de mercure colloïdal a donné des résultats encourageants qui se réduisent à ceci:
Les accidents syphilitiques sont aussi rapidement améliorés avec le mercure colloïdal qu'avec les divers sels solubles ou insolubles de mercure usités jusqu'ici. Mais le grand avantage de ce mercure colloïdal consiste en ce fait que les injections sont absolument indolores, qu’elles sont vite résorbées et que, surtout, elles ne provoquent en aucun cas, aucun des phénomènes habituels d’hydrargyrisme.
M. Galeotti (de Florence) estime que les préparations colloïdales sont particulièrement utiles dans le cas où le métal exerce une action spécifique sur certains virus, ce qui est le fait du mercure et de l'argent colloïdal.
Mais l'étude de cet emploi du mercure colloïdal est
trop peu avancée pour que nous puissions insister davantage.
(1) Nous remercions tout spécialement M. le professeur Vedel d’avoir bien voulu nous autoriser à expérimenter les effets du mercure colloïdal dans son service des maladies syphilitiques et cutanées.
Dans les infections locales, nombreuses ont été les expériences faites avec les métaux colloïdaux ; c’est qu'elles ont souvent été concluantes : :
Abcès du sein guéris sans incision (MM. Chirié et David).
Mastoidites suppurées ; otorrhées chroniques, guéries par des injections en plein foyer purulent par le D' Massier (oto-laryngologiste, de Nice).
Dans un cas de mastoïdite suppurée rapporté par lui, le traitement a été fortement simplifié... « Une simple seringue stérilisée chargée de la solution isotonique d'’électrargol que j'ai poussée dans la cavité opératoire ; voilà tout le traitement. »
Le malade ne sent rien ; l'excès de liquide ressort par l'oreille s’il y a perforation du tympan ou par les lèvres de la plaie si le tympan est déjà fermé. Pas de céphalagie.
Affections des voies urinaires traitées par l’Ag. colloïdal, par le D' Hamonic (1), de Paris.
L'auteur a multiplié les applications de l'argent colloïdal. Voici le résumé de ses observations se rapportant aux affections génito-urinaires.
17 néphrites tuberculeuses, 7 pyélo-néphrites ascendantes, 15 cystites blennorrhagiques et 29 uréthrites profondes ont été soumises à la méthode. Pour le rein, M. Hamonic s’est contenté d’injecter le remède dans le sang par voie veineuse ou sous-cutanée.
Pour la vessie et l’urèthre, il a de plus employé les instillations et les injections avec la sonde.
Dans cet ensemble de cas, il a obtenu peu de chose : une certaine tonification générale, mais peu de change-
(1) Hamonie. — Communication faite à la Ie session de l'Association française d'urologie. — Octobre 1907.
ments dans les manifestations morbides. M. Hamonic attribue sès.. insuCCès à ce que l'argent électrique, diffusé dans tout-l’organisme ou placé au contact d’une plaie, ne se met pas assez en rapport intime avec les tissus pathologiques et n'y séjourne pas suffisamment pour produire son effet.
Les choses sont tout autres dans les affections du
testicule, de l'épididyme et de la prostate, où on peut injecter directement l'argent colloïdal au centre même des masses morbides.
- Dans 7 épididymites blennorrhagiques, la guérison a été obtenue entre 6 et 9 jours, et cinq fois 1l n’y a eu aucune induration secondaire. Les malades ont pu continuer leurs occupations, le testicule étant emprisonné dans le suspensoir-compresseur de l’auteur.
Cinq tuberculoses épydidymaires traitées de la même façon peuvent être considérées comme guéries.
Mème résultat pour deux {uberculoses épididymo-testiculaires.
Le manuel opératoire est des plus simples. Il suflit de piquer l’organe dans les points les plus malades, et d'injecter une certaine quantité de liquide qui varie suivant le volume de la lésion.et la sensibilité du sujet.
Il importe, surtout pour le testicule, de faire pénétrer l’'électrargol avec beaucoup de lenteur.
Une certaine réaction se produit après l'injection, mais elle n’est jamais bien violente.